PHONÉTIQUE COMPARÉE
g !•'. — APERÇU GÉNéHÀL.
Je donne ici, pour faciliter la comparaison, le tableau des voyelles et consonnes de l'indoTeuropéen commun, d'après Schleicher, et celui des voyelles et oonsotmes quichuas, d'après M< Lopez « mais classées suivant la méthode de Schleicher. (Voir les Tableaux A et B.)
Le parallélisme est frappant : le quichua n'a pad plus ajouté à la langue mère que le sanskrit ou le zend. Les voyelles sont les mômes.- Les sourdes non aspirées ont donné naissance aux aspirées correspondantes ; du ffb a procédé le hy de Vttle h] r a permuté en w, différence insignifiante; enfin la vibrante r s'est dédoublée en r et en II, 1 mouillé au lieu de 1 pur indo-européen. Rien de choquant dans celte évolution phonétique.
<|ii*il entend par là, la prétendue déclinaison du quichua n'étant <|ti*une série d'agglutinations sans fusion du thème et du suffixe et sans ombre de modification vocalique de la racine.
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Toutefois une dissemblance est à noter, une seule, mais assez forte pour ruiner tout le système. L*aryaque est surtout riche en explosives sonores, il en possède trois paires, et dans le quichua elles ont toutes disparu si complètement qu'il n'en reste plus trace. Comment expliquer ce phénomène?
Est-il possible de sûutexiir que les sooores maaquaiûxit au préaryaque agglutinant comme elles manquent au quichua? Si oui, les sonores aspirées et non aspirées étaient primitivement des .sourdes, et nombre de racines dont la linguistique indo-européenne a nettement établi la différenciation, se présentaient sous une forme identique, par exemple : joar, remplir (jktr), et par, porter (bhar) ; vak, parler (va/r), et vak^ tramer {vagh)\ ta, thème démonstratif {ta), ta, étendre {ta), ta^ donner (dti), et ta, placer {dha), etc. Comment s'est opérée la séparation de ces homophones? Comment deux ordres d'explosives sonores sont-ils sortis d'tm seul ordre d'explosives lourdes? Comment un idiome qui, possédant originairement 1^ sourdes non aspirées, n'en a pas fait dériver les sourdes aspirées, filiation naturelle et normale, a-t-il créé de toutes pièces deux ordres de sonores aspirées et non aspirées ? Phénomène incroyable, et en tous cas unique. Le chinois, qui n'a que des explosives sourdes, a bien pu, dans certains dialectes, les faire permuter en sonores, et encore le d lui manque-t-il absolument; les langues du groupe tongouse, qui sont dans le même cas, ont pu faire subir à la sourde, dans le corjps du mot, un adoucissement exceptionnel, qui ne saurait d'ailleurs affecter 'Finitiale (i); mais la génération spontanée ^q deux séries de sonores au grand complet se , conçoit malaisément.
Renversera-t-on l'hypothèse? Admettra-t-on "que le préaryaque possédait uiiorxjï'ede sonores, les non-aspirées, et que le quichua les a laissées tomber? Maïs alors, le préaryaque
(1) L. Adam. Grammaire de la langue mandchou. Paris, 1873 (Maisoiineuve), p. 13.
et le quichua possédant chacun deux ordres d'explosives, il faudra, si ces deux langues sont apparentées, que chacune des explosives de Tune corresponde de préférence, sinon exclusivement à une certaine explosive de l'autre ; autrement dit, de même qu'on a dans l'indo-européen flexif :