LE
Gr.
Got.
P bh
P ph
P - g ph k
b - gh
kh
k kh
— dh
th
th
on aura en préaryaque agglutinant :
soit soit inversement
Ar. Q. — Ar. Q. — Ar. Q.
bp— gk — dt p ph — k kh — t th
Ar. Q. — Ar. Q. — Ar . Q.
b ph — g kh — d th
pp— kk— tt
U est impossible en effet, sans méconnaître les piincipes élémentaires de la linguistique indo-européenne, de soutenir qu'un jb ou un/? aryaque a pu indifféremment produire unp ou un ph quichua. Que sil'aryaque primitif possédait déjà les deux ordres de sonores, autrement dit, s'il avait les trois ordres d'explosives de l'aryaque flexif, le quichua n'en possédant que deux^ alors un seul des ordres d'explosives de cette dernière langue représenterait a la fois deux ordres d'explosives aryaques, et le tableau des permutations deviendrait, par hypothèse, à l'exemple de ce qui se passe entre l'aryaque et le latin :
Ar.
Ar.
Ar.
bh
pb
gh
kh
dh
th
Ëh bien, de cette loi indispensable à découvrir et à vérifier, de la recherche même d'une pareille loi| il n'y a pas trace dans l'ouvrage de M. Lopez. Tout au plus y lisons-nous cette observation>.faite à la hâte, que la non aspirée et l'aspirée sourdes du quichua correspondent en général aux mêmes articulations aanskrites^ assertion gratuite que démentent les
10 LB i0iiau:As
txétmi^Um éiiiéH i r^ippui. Et^ quaad elle serait auMî prouvée iju'i^ito t'a«t peu, que prottvenût^le à son tour? Encore une fuie, l'Ai n'0«t pas du sanskrit qu'il s'agit, mais de Faryaque immiUtt qui n'avait pas d'aspirées sourdes, nuûa possédait on ravaachd six explosires sonores, tandis que le quichua n*m\ a pas une.
Non moins caractéristique est en quichua la loi phonétique suivant laquelle un mot ne peut commencer par deux con- Mouiius ooiiHéoutives. L*eiTot de cette loi serait, suivant M. Lopux, riuMurtiun d'une voyelle euphonique entre les deux con- Hiuuit^ti initiales de la racine aryaque: sk. plu, nager; qch. piUuii nager, /)ara, pluie, etc. L*oreille aryenne n'a pas de ces diMii^at0Sdes, et Ton citerait mainte racine de la primitive langue dont Tatlaque initiale est bien autrement dure que le ohuo d*uae exploaive el d'une vibrante, skid^ skand, sia, racinoâ qu'aucune langue même moderne, malgré les tendanees imphoniquea de quelques-unes, n'a adonoies an moyen de la \0)'elle inleroalaii'e. Les trois exemples que Fanleiir lire du noud ue seul pas oonoluanls, il n'y en a qu'un qui se rapporte aux initiales de la racine. Le grec présente quekines cas iHoléfei de ce genre, comme ;(â}lx{be> grMe, de Paryaque (/AiW, lat. gmuiihy vieux slav. grmtu; le latin, aocnn. Oa en trouverait de bien plus remarquables dans les langues ^afves : bulgare et croate-serbe (//as, voix» fflara^ tète; rtisse goJos, jolova : iùmpies^ \ariations dialectales. Mais, si ce procédé ^>houcUque ecU presque inconnu aux idiomes- indo-européens, U otit uu oouU^aire t^uuilier è ceusi de r.\sie orientale et centrale et de rOcéaaie, chinois et eougênères, groupe polynésicu, givupe v>tn*Hlo-altaïque. Je me ^;i:arderai bieir d'eii tirer aucune condusioQ l^vorabie è l'atUuité du qwciiMi at du magyar, et me bornerai à constater que, se ri nfl a ni cnt dham voyelle aprè» toute consonne iuitiale est xm da» cavncièMs ^^hottetiques^ qui distinguent les^ langues- anaryeanas ite» langues, aryeunsi^^ le mèuie oiMmoi diMriSÉiei s'j «mire ces- vkfittàtii^ei le qutdMM.
g 2. --; V0YSI.UIS DU QUIQHUA.
Suivant M. Gaviao Pacheco-Zegarra, déjà cité, à qui je vais emprunter bien des renseignements précieux, le quichua compterait huit voyelles. Je les transcris dans Tordre où illes donne, en les différenciant par Taccentuation : a, à, e, i, i, 0, ù, u. Pour la proaonciation de chacun de ces sons, je ne puis mieux faire que de renvoyer à sa remarquable étude.
Je ne me ferai pas juge du mérite de cette classification contre M. Lopez, qui, pour apparier les deux systèmes vocaliques du quichua et de Taryaque, n'admet que cinq voyelles, dont trois seulement organiques, «, i, u, et deux dérivées, €, o. Evidemment le préaryaque agglutinant ne possédait que les trois premières, puisque les deux autres sont nées du gouna, qui est le premier degré de la flexion, et, si le quichua, descendant du préaryaque et resté agglutinant, possède celles-ci, ce ne peut être que comme accidents. Jusqu'ici M. Lopez est logique ; mais, où il nous semble oublier le rôle et le devoir du linguiste, c'est lorsqu'il écrit (p. 38) : « Il serait plus que hasardeux de chercher à faire des règles pour les changements des voyelles de l'aryaque au quichua. En général la voyelle qui se trouve en sanskrit. » (toiyours !) « ou dans les idiomes congénères est la voyelle conservée en quichua... Quelquefois néanmoins Ya des mots aryens s'affaiblit en i et en II, ou bien Vj et l'ii aryens se transforment en a quichua.... Le même phénomène se produit fréquemment dans les autres langues aryennes. Le grec remplace plus volontiers Va sanskrit par un e ou par un ; de même en latin Vo est un remplaçant ordinaire de l'a sanskrit (i). Le zend et le gotique nous présentent des exemples nombreux de mutations analogues.... > !
(1) Ne dinil-on pas que, dans 1a pensée de M. Lopeiy le grec et le latin descendent du sanskrit ?
Et, scrupuleusement fidèle; dans tout le cours de son ouvrage, à ces principes élastiques, M. Lopez assimile entre eux une afîinité de mots dont les voyelles diffèrent. Il rattache à la fois, killi, kalla kellka, à une racine kêl; pillui^ para, puri, puyu à une racine pîuy et ne cherche pas à se rendre compte des permutations multiples de ses capricieux radicaux.
« La racine indo-européenne, dit M. Hovelacque dans un petit livre que tous les linguistes connaissent et qui a rendu plus de services à la science que bien des in-fohos (1), la racine indo-européenne possède une voyelle qui lui est propre, qui est organique : ainsi, la racine du sk. manvê, je pense, du gr. wenoSy pensée, du lat. mens, moneo, du got. ffamunan, penser, n*a pas indifféremment pour voyelle a, e, o, iz, mais seulement et nécessairement a. Cette voyelle organique ne peut d'ailleurs se changer à l'occasion qu'en telle ou telle autre voyelle, d'après des lois que reconnaît et détermine l'analyse linguistique. » Et, si cette règle fondamentale est vraie des idiomes indo-européens, tous flexifs, combien ne l'est- elle pas davantage du préaryaque agglutinant, que doit dominer le principe de l'invariabilité de la racine ! Il nous importe donc peu que le quichua possède huit voyelles organiques, ou cinq, ou seulement trois : l'essentiel est de reconnaître les lois qui régissent les permutations de ces voyelles avec les voyelles aryaques. M. Lopez n'a point résolu cette question, à peine l'a-t-il posée, et cette seule lacune suffirait au besoin à porter une atteinte décisive à la valeur de ses conclusions.
§ 8. — Consonnes du quichua.
En combinant les indications fournies par M. de Tschudi et
(1) A. Hovelacque. La Linguistique. Paria, 1876 (Reinwald). p. 158. — Cpr. 2« édit, (1877), p. 205.
LE QUIGHUA. 89
celles que renferme Talphabet de M. Pacheco-Zegârra , je crois pouvoir, jusqu'à plus ample informé, tracer ainsi qu'il suit le tableau des consonnes quichua :