‹ Le quiétiste espagnol, Michel MolinosChapitre 2 sur 46 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

de 1600 à 1700, devrait être exposé ici. Mais ce cadre est trop vaste. Je laisse délibérément inachevée Tenquête que j'avais commencée sur les prédécesseurs et les successeurs de Molinos. De plus jeunes, à qui le temps n'est pas mesuré, feront ce tableau d'un siècle.

Pour le sujet auquel je me borne, j'ai tâché de voir, par moi-même, les ouvrages ou documents dont je parle. Cette exigence persévérante est tout le secret des choses nouvelles que mon travail peut contenir. Des historiens espagnols, italiens, allemands, français, se sont occupés de Molinos. Beaucoup ont démarqué les travaux de leurs devanciers ; fort peu y ont ajouté. Entre ceux-ci, Reusch et Menendez y Pelayo sont les seuls qui comptent. Je les complète sur bien des points importants. Une note précise indique, plus loin, où j'ai puisé des informations jusqu'ici inconnues.

Il se rencontrera sans doute des gens pour dire : à quoi bon cette étude ?

Elle servira, je l'espère, à justifier une sentence de l'Église. Ce n'est peut-être pas un gain médiocre, dans un temps où son autorité et sa prudence sont gravement méconnues, au point que des catholiques se troublent des panégyriques entonnés en l'honneur de Molinos, par des quiétistes d'autrefois et des théosophes d'aujourd'hui.

D'autre part, le cas de Molinos montre, dans la vie de l'Église, l'action de la Providence. Ce coquin était protégé de haut, et ses artifices réussirent à voiler longtemps sa doctrine infâme ; finalement, il fut démasqué, perdit la faveur déconcertante qui profitait à ses erreurs, et prit le chemin des prisons. Ce spectacle vaut d'être montré, pour la leçon qu'il enferme.

Il faut se souvenir enfin qu'à travers toute l'histoire du christianisme se reproduit, d'âge en âge, le mouvement d'opinion, qui, dès les premiers siècles, se pro-

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