‹ Le R.P. Bouchard missionnaire apostoliqueChapitre 4 sur 34 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

Le Vicariat Apostolique de l'Afrique Centrale. — Mgr Comboni. — Mgr de Canossa. — Lettres du Père Bouchard à Madame Lebel, à Mgr Taschereau et à l'abbé H. Têtu.

Avant de suivre notre missionnaire en Afrique, il est bon de jeter un coup dVeil sur l'immense Vicariat apostolique où il allait exercer son zèle et se dépenser pour la prë<lication de l'Evangile. Ce Vicariat était alors le plus vaste et le plus peuple du monde. D'une étendue cinq fois aussi grande que la France, il comptait, d'après Mgr Comboni, cent millions «l'iniidèles.

''La religion de Je'sus-Christ, écrivait ce prélat, (jui est la source du salut pour les âmes et le fondement de la civilisation pour les peuples, ne s'est jamais établie d'une manière stable parmi les tribus sauvages de rAfri(|ue centrale, malgré les tentatives couraofeuses et réitérées «lui ont été faites durant

dix-huit siècles.

MONSKIGXEUR COMBONI, Vicaire Apostolique de l'Afrique Centrale.

'• Cent millions d'infortunés descendants d'Adam, (jui appartiennent en très grande majorité à la race nègre, vivent dans les ténèbres de la mort.

■ Sans parler des efforts qui ont été faits dans les siècles passés pour l'évangélisation de ces contrées, nous dirons que ce fut le pape Grégoire XVI (jui fonda, en 1846, le Vicariat apostolique de l'Afri(jue centrale. Pie IX, de sainte mémoire, con~ tinua l'œuvre de son prédécesseur, et env^o^^a des missionnaires venus de différentes nations de l'Europe, qui fondèrent quatre stations importantes, et leur assigna pour centre de communication Khartoum, que la position géographique et les conditions politiques de son gouvernement destinaient à être le point d'appui le plus avancé des Européens dans ces lointaines contrées."

Après des efforts réitérés et la perte d'un grand nombre de missionnaires tués par le climat, (1 ) on <lésespérait de l'avenir de la mission, lorsque la Providence suscita un homme extraordinaire pour être l'apôtre et le restaurateur de cette vigne désolée.

1 De 1846 à 1861, près de quarante missionnaires européens succombèrent victimes de leur charité, aux fatigues et a l'insalubrité du pay^;.

Mçjr Daniel Coniboiii était né au diocèse «le Brescia, en Italie, en mars 1831. D'une famille très pauvre et élevé par charité à Tlnstitut du P. Mazza, à Vérone, il se prépara au sacerdoce dans l'intention de se dévouer aux périlleuses missions du Japon. Mais, en 1849, un missionnaire de l'Afrique Centrale, de passage à Vérone, lit de l'état de la Nigritie un si lamentable tableau, que le jeune séminariste jura de consacrer son existence «^.ntière à l'évangélisation de la postérité maudite de Cham. Il n'avait que dix -sept ans !

Huit ans après, nous le trouvons suj- les bords du T^il. Les fièvres meurtrières de l'Equateur, qui avaient déjà emporté vingt-deux missionnaires en une seule année, le mirent plusieurs fois au bord du tombeau. (1)

Mais sa forte constitution et son indomptable courage lui tirent vaincre et la maladie et les noml)reux obstacles (jui s'opposaient à ses vastes et généreux desseins. Après avoir étudié la langue, le caractère et les coutumes des nombreuses tribus

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