‹ Le R.P. Bouchard, missionnaire apostolique [microforme]Chapitre 11 sur 68 · DE D II · texte numérisé non relu

DE D II

blement chaud, vous pouvez vous faire une idée de

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la chaleur que nous aurons au mois de juillet! Je

Bei etes

| [UE | il ne sais pas au juste combien de temps je passerai | | | au Caire ; ce qui est certain,c'est que jene partirai pas | | j avant le mois de septembre. En attendant, j'ap- | | JL prends la langue Arabe qui est hérissée de difficul- | | | tés ; je ferai mon possible et Dieu fera le reste. | ll I] Comme vous vous en apercevrez, cette lettre est | | | commencée depuis plusieurs jours ; cela veut dire l |

me, et il est EN, ,ue j'ai bien peu de temps à consacrer à la corresavailler pour Ipondance. Outre l'étude de l’Arabe, qui prend une

âmes. Nous partie considérable de ma journée, et l'exercice de de Naples à lines devoirs de prêtre, j'ai aussi à m'occuper de l’ad-

aussi calme ; huinistration de la maison et de la correspondance

nent. Quelle anglaise ; de sorte que, si Je veux écrire des lettres

l'Egypte! A privées, il me faut le faire le soir ou pendant le peu crois, six dle- lle récréation que nous avons le midi Je ternine é que deux; | n me recommandant à vos prières: demandez au er avec vingt thon Dieu qu’il me fasse la grâce de faire toujours, entrant dans en tout et partout, sa sainte volonté, Je ne sais pas un four. Le i nous nous reverrons en ce monde, mais nous nous

, 1 À + Li } L] n au Caire, treverrons dans un monde meilleur et pour ne plus

} nous séparer,

déjà passa- Adieu ! courage! au revoir dans le beau ciel où une idée de vous donne rendez-vous le plus affectionné de vos * Juillet! Je nfants.

js je passerai A. BOUCHARD, Ptre, à partirai pas Missionnaire Apostolique, ndant, j'ap- » de difficul- } Madame Lebel très âgée ne pouvait pas écrire. era le reste. J'étais alors à la Rivière-Ouelle, ma paroisse natale, e lettre est et cette bonne dame me fit lire cette lettre qu'elle

la veut dire ESS venait de recevoir et me pria d'y répondre à sa

place. Je n'avais jamais vu son petit-fils, le Père

Bouchard, et j'ignorais même son existence, Je lui . D

répondis de mon mieux, bien honoré d'entrer en

correspondance avec un co-paroissien missionnaire.

Et depuis lors nos rapports n'ont pas cessé, tou-

jours marqués au coin de l'amitié la plus sincère. L} Ï

Que de lettres intéressantes j'ai eu le bonheur de

recevoir de Jui ! Que d'agréables et joyeuses con-

versations nous avons enes plus tard ! Que de voy-

ages nous avons faits ensemble ! La mort qui brise

tout, pouvait seule mettre fin à ces aimables rela-

tions qui ont fait le charme de ma vie et qui inc laisseront au cœur les plus touchants souvenirs.

à CRE ] : HS ï re l’ N> PA C'est la mort aussi qui, je l'espère, pourra me

rendre un jour le bon ami que j'ai perdu.

Le R. P. Bouchard partit au mois de novembre 1879 pour l'Afrique Centrale. Ici ma tâche devient facile, car je ne puis mieux faire que de reproduire ses lettres, qui racontent son voyage et ensuite la vie qu'il mena dans les différents postes qui

lui furent confiés.

PR rs = nee : == = TE Sa ms ZT, RE ——————— = ES == = = ee EE

fils, le Père Khartoum, 28 juin 1880.

LR , F +

ence. Je lui Au mois de novembre dernier, je me suis mis en 9 L] L 1 J +. ‘ ?

d'entrer en oute pour la terre de feu. Après six semaines d'un

nissionnalre. oyage bien pénible, je suis arrivé à Khartoum, ca-

s cessé, tou- itale du Soudan et résidence principale de notre

plus sincère. hission, qui est tout simplement deux fois plus

bonheur de “Grande que l'Europe, et contient 100,000,000 de nè- Dyeuses Con- res. JT est impossible de se faire une idée des pri-

Que de voy- fations et des dangers auxquels nous sommes ort qui brise x posés dans ces voyages à travers le Soudan, surmables rela- out durant la traversée du fameux désert des Bisie et qui ie Mkaris, de Souakim à Berber. Nous avons mis quinze s souvenirs. burs à traverser le terrible désert, perchés sur ces pourra me ffreuses bêtes qui s'appellent chameaux, et brûlés lu. ar un soleil de feu. Imaginez que dans ces quinze urs nous avons trouvé de l'eau trois fois. Je dis le novembre #8 l'eau, car je ne connais pas de nom pour qualia tâche de- ler cet affreux liquide vert rempli de grenouilles et que de repro- 41 e bêtes immondes. Outre le courage qu'il faut pour oyage et en- M gurgiter cette liqueur dégoûtante, il y a à compter nts postes qui ec les douleurs atroces qu'elle cause. C’est à se uler sur le sable du désert ; jamais de ma vie je ai tant souffert, cela dépasse toute imagination.

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Nous avions avec nous six religieuses ; Dieu seul M

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connait les sacrifices de ces âmes courageuses au milieu des maux qui nous accablaient. En voici une preuve, Un jour que nous étions au beau milieu du désert, sans jamais apercevoir la moindre petite plante qui pût nous donner un peu d'ombre, une des religieuses perdit connaissance sur son chameau. Aussitôt je fis arrêter la.caravane et agenouiller le chameau qui portait la pauvre malade. Au moyen de caisses et de couvertures, nous parvînmes à faire un peu d'ombre pour soulager cette pauvre sœur que je crus mourante, Nous étion: tous là, la regardant se débattre sur le sable, pleurant toutes les larmes de notre àme. Elle reprit pourtant vigueur.et nous voyant dans l’afHiction elle dit :“ Vous perdez votre temps si vous pleurez pour moi; je ne me tournente pas le moins du monde; uue la volonté de Dieu soit faite !” Puis elle demanda un peu d'eau. Comme le cœur me faisait mal, lorsque je me vis obligé de lui dire que nous n'en avions pas même une soutte, car le chamelier que j'avais

envoyé en avant pour prendre de l’eau, ne devait

revenir que le matin du jour suivant, et il n'était

que trois heures de l'après-midi. La bonne religieuse !

LE KR, P, BOUCHARD

; Dieu seul répondit alors: “Ne vous tourmentez pas ; Notre

rageuuses al ! Seigneur n’a pas eu d’eau sur la croix pour étancher

En voici sa soif; ce n'est que justice que je souffre un peu

au beau mi-

pour lui.” Elle demanda ensuite à se confesser, et

* la moindre après avoir reçu l'absolution, elle me fit ses recom-

eu d'ombre, hnandations pour sa bonne mère, J'étais Ià sur le

sur son cha-

Isable, assis près d'elle, le cœur navré de douleur et

ane et age- admirant tant de eourage et de vertu. Enfin Dieu

vre malade SN ,ntendit les prières que nous lui adressâmes pour

| ; ne. | . . ’1.

ous parvin- notre pauvre religieuse, et le lendemain elle était

ilager cette

den état de continuer le voyage.

Nous étions

Nous n'étions plus qu'à trois jours de Khartoum,

sable, pleu-

où nous attendaient tous les missionnaires. Nous

Elle reprit |

étions si joyeux d'arriver après un voyage long et

fiction elle

pénible, que nous ne nous doutions pas que Dieu

pleurez pour

allait nous imposer un nouv sacrifice. Le di p du monde : ê poser u uveau sacrifice, Le diman

he, 28 décembre, un de nos pères, —car nous étions

lle demanda

E . : | trois prêtres dans ] "av jeune ne de ol, lorsque ; P s la caravane, —jeune homme de

ingt-cinq ans à peine, d’une ve + d’ nt ?

A dolbns g | ans à peine, d'une vertu et d'un talent à

toute épreuve, s'était avisé à ‘e insu dre * que j'avais I , S était avisé à notre insu de prendre

in bain dans le fleuve, notre barque é êtée par dti do | e,notre barque étant arrêtée par

et il n'était!

ie religieuse 8

e vent contraire. J'étais sous la recouba (espèce de

£hambre) occupé à réciter mon bréviaire, lorsque j'en-

tendis crier: le père Victor est à l’eau ! D'un bond je

fus dehors, et n'eus que juste le temps de donner la sainte absolution à ce bou père que j'aimais tant, et que je vis disparaître emporté par un des énormes crocodiles dont le Nil est rempli. Je laisse à votre imagination de se faire une idée de ma dou-

leur, Mon Dieu que votre sainte volonté soit faite,

mais pardonnez-moi si je suis tenté de dire que le

cœur fait trop mal

Nous étions quinze de notre caravane dont j'étais le supérieur : trois prêtres, six frères coadjuteurs et

six religieuses.

Depuis six mois à peine que nous sommes arrivés dans le Soudan, un prêtre, deux frères et deux religieuses ont reçu la récompense céleste. Dieu sait combien il en restera après la saison des fièvres qui va commencer le mois prochain. Malgré tous les dangers, je ne me trouble pas le moins du monde, ina vie est si peu précieuse que ce ne sera pas une grande perte pour la mission. J'ai déjà choisi l’endroit du cimetière où je désire être enterré, à côté d'un père, mon ancien supérieur à Vérone, et qui, à peine arrivé ici, est mort de la fièvre dont presque

tous les européens meurent au Soudan. Nous

allons voir mainienant ce qu'elle va faire à l'égard

> donner la

mais tant, des canadiens. J'espère surmonter tous les périls du

des énor- climat du Soudan, car je me sens toujours fott, et Je laisse à me suis fait sans peine à la nourriture du pays, à le ma dou- laquelle les étrangers ont tant de misère à s'habisoit faite, tuer. Trois jours après mon arrivée, je ne me rapbre que le pelais plus d’avoir été dans l'habitude de manger

du pain, et maintenant je ne ferais pas un pas pour

. “ren procurer. Voilà six mois que je m'en passe, et dont J'étais ‘a ae ; I je me porte aussi bien que les négociants de Khardjuteurs et cu : Re toum, qui font venir du Caire un pain qui arrive

ici aussi dur que la pierre, et qui se vend au poids . de l'or. Or eut-êtr » les mnissi 1res mmés arri- or, On croira peut-être que les missionnaires du

Soda Soudan sont des hommes extraordinaires ou des Dinant saints pour faire de tels sacrifices. Malheureusement

A vise nous sommes obligés de dire que les hommes du |

rré tous les monde en font plus pour un peu d'or que pour

ose Dieu. Si comme moi on était témoin du nombre

‘dl'européens qui meurent ici verrait € ien |: ra pas un pée jui meurent ici, on verrait combien la

hoisi l'en soif de l'or est une terrible maladie. La semaine mé, à côté dernière, j'ai été appelé trois fois auprès d’euro- Seb oui, à péens frappés de la fièvre pestilentieile. Un seul a eu le temps de se confesser et de recevoir l'absolu-

t presque LE Nous

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