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user d'industrie, que nous pouvons parvenir jus-
SRG RER SEE
qu'aux enfants qui sont en danger de mort: quel-
axe
quefois c'est sous prétexte de porter des médecines,
mais généralement c'est au prix de bagatelles qui
plaisent aux noirs, qui ne sont que de grands enfants.
La moindre babiole a pour eux beaucoup plus d'é-
Does
rares
loquence que le plus beau discours.
Pour me procurer ces bagateiles qui me donnent entrée chez les noirs, je n'ai que l'argent des messes, et malheureusement, depuis quelque temps, nous avons bien peu d’intentions de messes à la mission. de sorte que sous peu il ne me restera pas un seul sou. N'ayant aucun parent en état de me venir en aide, et ne sachant que faire, j'ose m'adresser à Votre Grandeur pour obtenir quelques intentions de messes, si vous en avez à votre disposition. Je désirerais bien acheter au moins un petit nègre, maïs il me faut cent cinquante francs pour un enfant de cinq à six ans. Cent cinquante francs pour moi, c'est une somme énorme, ei Dieu sait si jamais je pourrai parvenir à la réaliser. Le moyen de faire
parvenir un peu d'argent ici est facile : 11 n’y aurait
aires et ni sans nir jus-
queldecines, Iles qui enfants.
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lonnent messes, $, nous mission, n seul renir en ‘esser à entions ion. Je re, mais ant de ur moi, mais je
e faire
aurait
qu'à mettre des billets de banque française ou anglaise dans une lettre recommandée, Il y à ici un marchand français qui me changerait ces billets pour de la monnaie du pays et n'exigerait que très peu d'escompte, car il est grand ami de la mission. Soyez certain, Monseigneur, que je n'aurais pas le courage d'inplorer la charité, si un seul sou devait
être employé pour mon usage personnel.
J'ai toujours été pauvre et par conséquent accoutumé à me contenter de peu : de plus, jouissant d'une bonne santé, ce serait très mal de ma part de prétendre à plus qu'au strict nécessaire. J'espère que Votre Grandeur voudra bien me pardonner mon importunité, en considération de cette œuvre sublime dont le but est d'envoyer au ciel de petits anges, qui obtiendront les grâces les plus précieuses pour ceux qui auront contribué à leur bonheur éternel. Si ma reconnaissance pouvait compter pour quelque chose, je pourrais dire à Votre Grandeur qu'elle sera bien grande et durera autant que ma vie, et au-delà de la tombe, si Dieu me fait miséri-
C de,
Permettez-moi, Monseigneur, de vous offrir trois
phothographies ; une représente les missionnaires de Khartoum, le révérend Père Bonomi, Vicaire- (Général, le bon Père Antoine, Africain et élève de la Propagande, et votre serviteur, avec ce qui nous reste du grand nombre d'enfants que nous avions sous nos soins ; l’autre, des religieuses avec leurs élèves ; la troisième enfin vous montrera la partie de la maison qui nous sert d'église et de sacristie Ces photographies m ont été données par un artiste
qui est ici à Khartoum.
J'ose, Monseigneur, recommander à vos saintes prières la mission de l'Afrique Centrale, ses missionnaires, et en particulier celui qui a été le diocésain de Votre Grandeur et qui a été déjà l’objet de
ses bontés.
A. BOUCHARD, Ptre,
Missionnaire-Apostolique.
Mission Catholique,
ihartoum, Nubie Supérieure, Afrique (via Egypte.)
aires alrere de nous "ions leurs artie istie,
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liocé-
Khartoum, 6 mai 1881.
M. H. Têtu, Ptre, Aumonier,
‘Archevêché de Québec, Canada.
Révérend et bien cher Monsieur,
Dans ma dernière lettre, je vous disais que je vous écrirais longuement par le prochain courrier. C'était bien mon intention, mais le missionnaire propose et les circonstances disposent. Il ne faut pas m'en vouloir, car si vous saviez ce que c'est que la vie du missionnaire de l'Afrique Centrale, vous seriez tout surpris que l’on trouve le temps d'écrire, surtout le pauvre malheureux supérieur qui ne sait
vraiment pas où donner la tête. Comme je vous l'ai
dit dans ma dernière, j ai reçu l'argent de la Propa-
wation de la Foi du Canada. Je me suis empressé de le faire savoir à notre évêque, Monseigneur Comboni, qui se trouve en ce moment au Cordofan, en visite de son immense vicariat. Sa Grandeur, je suis bien triste de le dire, n’est pas très bien ; sa dernière lettre me disait qu'il n'avait jamais autant scuffert en Afrique par suite du manque d’eau. Les secours de mes bien-aimés compatriotes sont arri-
vés bien à propos, car dans le moment nos mission-
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naires meurent de soif au Cordofan et il faut beaucoup d'argent pour avoir un peu d’eau, Ici, à Khartoum, nous avons au moins l’eau en abondance ; ce qui me fait plus de peine, c'est de voir soutfrir notre évêque et vénéré père et de ne pas pouvoir partager ses souffrances ; c'est IÀ une croix bien lourde. S'il m'était donné de me transporter sur les rives du bean Saint-Laurent, si je pouvais me faire entendre de mes bien-aimés compatriotes, je crois que le bon Dieu me ferait la grâce de toucher les cœurs en faveur de la malheureuse ‘rique Centrale et de ses missionnaires, qui n’ont ,…; même un peu d'eau pour étancher leur soif. Si l’on savait ce que c'est que la soif sous le brûlant soleil de l'Afrique, Je suis certain que les secours nous arriveraient en
abondance.
Dans ma dernière lettre, je disais à notre évêque que je comptais sur mon pays. Je ne crois pas avoir été téméraire, car je connais mes compatriotes et je suis certain qu'avant longtemps les missionnaires et les noirs de l'Afrique Centrale auront éprouvé leur inépuisable charité, et élèveront vers le ciel leurs mains suppliantes, pour ‘lemander à Dieu de
bénir ce noble pays, dont le souvenir fait battre d’un
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légitime orgueil le cœur de ses enfants, dans r'importe quelle partie du monde Dieu et le devoir les appellent. Je vous envoie une lettre de notre évêque adressée aux Canadiens (1) ; elle vous feru connaître mieux que je ne pourrais le faire, la triste position de nos frères du Cordofan. Je vous prie de la publier dans vos belles Annales, si elle arrive à temps. Monseigneur, notre évêque, m'a dit bien des fois : fais donc venir des prêtres canadiens à notre secours. Hélas ‘que puis-je faire ? Qu'ai-je à promettre, sinon des souffrances indicibles avec la perspective d'une mort plus ou moins prompte sous le soleil brûlant de l'inhospitalière Afrique Centrale ! La pensée de voir ici des prêtres canadiens fait battre mon pauvre cœur d'une bien douce joie. On a beau avoir tout sacrifié et être prêt à donner sa vie à chaque instant, au souvenir de la patrie, un enfant du Canada sent son cœur battre de joie et ses yeux sont inondés de bien douces larmes. Ne croyez
pas, bien cher monsieur, que je regrette le peu que
j'ai fait pour Dieu. Nous avons sans doute des
1 Voir cette lettre à l’appendice.
SORA TI nas
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souffrances, mais nous avons aussi de bien pré- “ieuses consolations. Qaand, le soir, le mission naire rentre brisé de faticues et mourant de faim et de soif, sil vous étais donné de voir la Joie céleste qui brille dans ses yeux, vous verriez que son âme est inondée de bonheur ; si vous lui demandiez ce qui le soutient, il vous répondrai qu'il vient ouvrir le ciel à des pauvres petits noirs qui, sans lui, n'auraient jamais connu Dieu et qui, maintenant au nombre des anges, prient pour [ui Après une telle journée, le missionnaire ne s'occupe pas si son lit est la terre recouverte d'une natte où non ; il s'endort d'un sommeil bien doux, et, le Jour suivant, il recommence sa rude vie jusqu'à ce que le bon Maître dise : c'est assez, viens te reposer, viens jouir de l'éternité de bonheur promise à ceux qui ont tout laissé pour me suivre. Alors ce soldat du Christ s'endort du sommeil du juste, les missionnaires vont en pleurant déposer dans lhumble cimetière de la mission ce pauvre corps qui, un Jour,
se relèvera brillant de gloire € d'immortalité.
Vous pourrez dire au bon Monsieur (1) qui a pro-