‹ Le R.P. Bouchard, missionnaire apostolique [microforme]Chapitre 44 sur 68 · ES S · texte numérisé non relu

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dan, accepteriez-vous ?—Très certainement non, ai- Je répondu, si on ne fait pas de chemin de fer; car Je suis sûr que pas un seul soldat n’échappera au désastre. Mgr Sogaro fait tout en son pouvoir pour les empêcher de faire cette folie, mais je crois qu’ils l'ont tellement dans la tête qu'ils vont tenter l’aventure, ?”

Les événements ont prouvé que les généraux ont écouté les sages conseils des missionnaires, L'armée anglaise à pris de nouveau la route du Nil; elle s’est emparée du Dongola, et il est à espérer que. ontinuant sa marche victorieuse, elle pourra enfin arborer le drapeau britannique à Khartoum, et fournir aux missions catholiques l’occasion de reprendre leurs travaux civilisateurs dans cet infortunt

pays. (1)

1 Le Tablet du 14 novembre 1896,cite le rapport de Sir Herbert Kitchener et termine son #rticle comme suit : “The success of the Dongola Expedition is thus no less full of present advantage than of promise for the future, and we may confidentiy hope that the next forward move towards the south may retrieve the tragedy of the last Nile Campaign by planting the Egyptian flag (c'est un euphémisme pour désigner le drapeau anglais) on the ruined walls of the fortress consecrated to all timebythe memory of the greatest hero of our generation, Then, and not till then, can Egypt sheathe her sword with honour, and

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“ Mgr Sogaro, continue le P. Bouchard dans sa lettre, me voit partir avec peine, mais il trouve que mes raisons sont justes, et ne pouvant me retenir, il m'a donné une excellente recommandation pour Mgr l'archevêque de Québec.”

D'un autre côté, le colonel Ardagh, commandant au Caire, écrivait au missionnaire canadien : “Mon- | sieur l'abbé, je suis chargé par le général lord 1 Wolseley de vous faire parvenir l’expression de sa j haute appréciation des services rendus aux voyageurs Canadiens, non seulement en votre qualité de ministre de religion, mais aussi par votre connaissance des indigènes et de leur langue, dont l'utilité

pratique a été si souvent mise à l'épreuve.”

Muni de ces compliments “ mérités ou non, ” comme il l’écrivait lui-même, le P. Bouchard quitta

le Caire, et le 14 mai il était à Rome, où il eut le

plaisir de rencontrer bien souvent Mgr Dominique Racine et M. l'abbé C.-0. Cagnon (aujourd’hui Mgr Gagnon) l'un de ses amis. Ce dernier fut témoin de

« England redeem the pledge she implicitly gave to the inbabitants of the Soudan, when she nt her most gallant soldier to stand between them and disaster,

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l’affection paternelle que lui portait le cardinal Simeoni, préfet de la Propagande, et d’autres excellentes relations qu'il avait conservées dans la ville éternelle. C'est ainsi qu'il vit l'un des secrétaires du Cardinal Chigi sauter au cou du Père Bouchard en l'apercevant et l’'embrassercordialementà l'ita'ienne. Ils ne s'étaient pas vus depuis plusieurs années. Après une audience du Saint-Père, qu'il voyait pour la troisième fois, il partit pour Vérone, et Paris où il demeura deux semaines. En Angleterre, il alla visiter une famille qui avait perdu l’un de ses enfants, mort pendant l'expédition d'Afrique, et qu'il avait assisté à ses derniers moments. Enfin, après huit mois d'absence, il revint au Canada, avec l'intention d'y demeurer, cum animo manendi, et d'y tra-

vailler à la plus grande gloire de Dieu.

[lne faudrait pas croire cependant que le R. P. Bouchard eût renoncé aux voyages ; car dès la première entrevue qui suivit son retour, il me parla de l'expédition du Nord-Ouest et du regret qu'il éprouvait de ne pas en faire partie. Mais il était trop tard, et M. l'abbé Faguy—aujourd'hui le digne

curé de Québec—qui avait courageusement offert

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ses services, était déjà parti pour la guerre avec les jeunes braves du neuvième bataillon, quand le Père

Bouchard revint de son expédition d'Egypte.

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