BEAUMONT
Quelle jolie paroisse que Beaumont! Quel site
enchanteur ! Quelle vue sur le fleuve, sur l'île d'Or-
léans ! Et cette vénérable église, à toit élevé, qui
nous rappelle si bien les vieux édifices français, qui
commencent à se faire rares dans notre pays! On
ère avec le Nil.
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a eu le bon esprit de la laisser debout celle-là, et on a découvert enfin que les anciens murs sont encore les meilleurs. Ce fut la première cure du R,. P. Bouchard, car, comme l'on connaît maintenant son humeur voyageuse, on croira facilement que ce ne fut pas la dernière. La démission du vénérable M. Campeau la rendit vacante en novembre 1885, et Mgr l'archevêque s'empressa d'y nommer le vicaire de Sainte-Julie, qui n'avait demeuré ainsi que six
mois dans cette dernière paroisse.
Je ne voudrais pas être désagréable aux braves habitants de Beaumont, mais la vérité historique ne force à dire que pendant bien des années, ils ont eu la réputation de pousser un peu loin l'amour de la justice et de ses tribunaux. A proximité de Ja ville et de ses nombreux et habiles avocats, quelquesuns d'entre eux avaient pris goût aux discussions lévales, et s'ils n'allaient pas jusqu'aux chicanes, ils se rendaient assez souvent jusqu'aux procès. Cet esprit de Normandie, si répandu d'ailleurs parmi nous et dans toutes les classes de la société, avait trouvé à Beaumont une terre extrêmement fertile et produisait des fruits abondants pour les disciples
de Thémis. Les affaires de fabrique avaient fini par
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en être comme imprégnées et, pour les moindres choses, il fallait des assemblées de par >isse, des discussions, des protestations, et partant des retards quelquefois préjudiciables aux intérêts de l’église. M. Bouchard était l’homme pacifique pour ramener le calme après ia tempête et la paix après la guerre. On s’aperçut bien vite qu'il était homme d'esprit ct homme d’affaires, et que l’on pouvait, sans manquer aux règles de la Justice”, suivre sa prudente et sage
direction.
Depuis longtemps la vieille sacristie—si on pouvait l'appeler de ce nom—menaçait ruine. Trop petite, froide, elle rendait encore plus onéreuse la fréquentation déjà assez pénible du sacrement de Pénitence. Il était évident qu'il en fallait une autre. Le nouveau curé se mit à l'œuvre et il eut bientôt le concours de ses intelligents paroissiens. L'un d'entre eux cependant voyait avec regret disparaître peu à peu les coutumes presque séculaires des divisions et des querelles. Un jour, dans une assemblée, 11 se mit, comme à l'ordinaire, à parler avec feu du code civilet du code municipal. Le Père Bouchard linterrompit tout à coup et lui dit :
Ces codes-là sont excellents, mais connaissez-vous
oindres des disretards l'église, ‘amener guerre, sprit ct lanquer
et sage
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