FOOT APRES
militaire, quand il décrivait, avec une grande richesse de détails, la vie et les coutumes des différents peuples qu'ilavait connus, et qu'il dessinait la physionomie des nombreux personaages marquants avec lesquels il s'était trouvé en rapports souvent
intimes. (1)
Ceux qui l'ont vu rarement ne peuvent pas lui rendre pleine et parfaite justice ; car au premier abord, c'était la gaieté qui dominait chez lui, suivie d'un chapelet d'histoires et d'anecdotes plus ou moins authentiques ; mais il y avait autre chose, et il n'était pas nécessaire de le fréquenter beaucoup pour s'en apercevoir et pour être charmé par le sé-
rieux et la piété de ses entretiens.
La deuxième année qu'il passa à Beaumont, le Père Bouchard souffrit d'une maladie de vessie qui
vint à lui causer des douleurs atroces et des incom
1 Mentionnons les cardinaux Manning, Vaughan, de Canossa Simeoni, les évêques Comboni, Sogaro,ete., Mgr Bocali, grand nombre de missiounaires, les principaux membres des com . 1 munautés des Sulpiciens, des Oblats, de Mill-Hill, de l'institut fl de Vérone, le général Gordon, lord Wolseley, les prêtres lo Li plus distingués du clergé de Paris, plusit de France et d'Angleterre, ete.
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[70 NOTICE BIOYRAPHIQUE
modités de tous les jours. Le médecin qui le soignait trouva le cas grave et déclara à son patient qu'il n'avait plus que dix-huit mois de vie. Comme les climats chauls allaient mieux à sa constitution —et il en avait fait l'expérience en Afrique—il se décida à essayer celni des Antilles, donna sa démission, au mois d'août 1888, et partit, en octobre sui-
vant, pour l'ile de la Trinidad.
La TRINIDAD
L'ile de la Trinité, ou Trinidad en espagnol, à été découverte en 1498 par Christophe Colomb. Successivement possédée par les espagnols, les anulais, les français et lesespagnols, depuis (en 1797) elle est repassée entre les mains des anglais. (1) Située au 10e degré de latitude, elle se trouve éloï-
unée de 1300 lieues de Québec.
La capitale, Port-d'Espagne, siège d'un archeveché, a une riche cathédrale, un vaste couvent des
PP. Dominicains, le palais du gouverneur et un ma-
1. En cédant la Trinidad à l'Angleterre, l'Espagne imposa ‘los conditions dont les catholi::'2s ressentent encore aujour-
d'hui le bon effet.
LE KR. P. BOUCHARD
le soi- onifique jardin orné de plusieurs fontaines. C'est
patient une véritable merveille. La flore tropicale atteint
Comme dans cette ile des proportions et une richesse qui
itution surpassent tout ce qu'on peut imaginer. La populail se tion d'environ 180,000 .ämes, est composée d’eurodémis- péens, espagnols, français, anglais, mais en grande
re sui- majorité de nègres et de coulis. Ces derniers sont
des habitants des Indes Orientales, qui émigrent en
Amérique depuis une quarantaine d'années. Trinidad en compte 60,000. Ils se partagent en hindous,
mahométans et chrétiens. D'après le savant et re-
cretté M. Provencher, (1) avec leurs jambes noires
awnol, à ; | se à et maigres et leur ceinture de coton enroulée autour 00m D. |
des reins, 1ls ressemblent à distance aux hideux
les an- | | |
1707) vautours que l’on voit en très grand nombre dans LA | . . .
(1 les rues de la ville et qui contribuent à lui donner LLS. }
Es un cachet des plus étianges.
ve éloi-
[l va sans dire que l'hiver est inconnu dans ce
chevé- pays, la température varie très peu, il fait toujours
nt des chaud ; mais de juiliet à janvier c’est le temps des
un mä- pluies et quelquefois des fièvres, surtout pour les
h iMpPOosa »aujour-
1. LC Naturatiste- Canadien: 1888. Un” excursion aux paystropicaux
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étrangers. Cependant il ne faudrait pas croire que le climat est très insalubre parce que cinq canadiens y ont trouvé la mort. M. l'abbé C. F. Sirois, du diocèse de Rimouski, y a passé plus de huit ans, euré de Cedros, et il en est revenu plein de vie. MM. Provencher et Huart se sont très bien trouvés du beau et scientifique voyage qu'ils y ont fait en 1888. L'année précédente, M. l'abbé Montminy écrivait à son retour de la Trinidad : (1) “ Le malade ne pourrait jamais trouver un endroit plus favorable pour pas:er agréablement les mois d'hiver. Le climat est délicieux. Il y a tant de mervei:les à étudier et les communications sont si faciles, que l'ennui causé par l'inaction n'a pas de prise sur l'étranger, Télémaque n'a jamais habité de séjour plus enchanteur. ” Enfin M. Gaswné, le chapelain actuel de l'Hôpital-Général, parti malade du Canada en 1890, revint des Antilles en bonne santé, et enchanté de l'influence Lbienfaisante des mois qu'il passa curé à Maraccas. (2)