‹ Le R.P. Bouchard, missionnaire apostolique [microforme]Chapitre 5 sur 68 · LE R. P. BOUCHARD Ï · texte numérisé non relu

LE R. P. BOUCHARD Ï

Eustache, (1) maïs nous nous retrouverons dans la Patrie. Il est bien probable que j'y serai avant toi, car l’on ne vit pas longtemps dans l’Afrique Centrale : il y en a peu qui y vivent cinq ans. J'y vivrai aussi longtemps qu'il plaira au bon Dieu; je ne m'occupe pas de la vie présente, car j'ai l'éternité devant moi et cela me suffit. Prions les uns pour les autres, mon cher ami, prions pour tous nos parents et nos bienfaiteurs, et faisons en sorte que personne ne manque au rendez-vous dans la patrie

céleste.

Je serai ordonné prêtre le 11 août. Prie et fais prier pour moi, afin que Dieu me fasse la grâce d'être un bon prêtre et un bon missionnaire. Je ne sais pas quand je partirai pour l’Afrique ; ce ne sera certainement pas avant le mois de novembre et peut-être plus tard, car notre Supérieur, Monieigneur Comboni, nous à écrit que l'Afrique Centrale

est désolée par une terrible famine : des villages

1 Le Père Bouchard se trompait. A son retour au pays, il a pu revoir son bon ami Eustache et même le recevoir chez lui pendant plusieurs mois. De plus M. Lebel est mort uvant lui. Ils sont maintenant tous deux, je l’espère, réunis au ciel pour ne plus se séparer,

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entiers meurent de faim ; c'est à peine si nos missionnaires peuvent se procurer quelques fruits et un peu de lait pour soutenir leur existence ou plutôt, comme disent les missionnaires, pour tenir l’âme attachée au corps Dans de telles circonstances, il est probable que le départ de la caravane sera retardé ; non pas que nous ayons peur de mourir de faim, mais parce qu'il esk impossible, dans le mement, de se procurer des chameaux pour traverser le désert. J'ai bien hâte de me voir à cheval sur un chameau ; j'aurai tout le loisir de Jouir de cette nouvelle monture, car, soit dit en passant, il faut plusieurs mois pour se rendre d'ici à

notre mission.

Les missionnaires de l'Afrique portent la barbe : voilà déjà trois mois que je laisse croître la mienne, J'aimerais bien t’envoyer ma photographie, mais je

n'ai pas un sou en ma possession.

Comme d'habitude, je compte sur la bonne Providence de Dieu pour pouvoir me procurer un calice, quelques ornements, un bréviaire, et quelques autres objets indispensables pour la mission. Une

bonne dame de Montréal doit me donner un bré-

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viaire ; un de mes amis, qui est prêtre dans le diocèse

de St-Hyacinthe, m'a promis un calice.

Je sais, mon cher Eustache, que si tu le pouvais, tu me donnerais aussi quelque chose ; mais le bon Dieu t'a refusé les biens de ce monde ; n'en sois pas

triste : tu as tes prières à donner et c’est beaucoup.

Il y a peut-être à Saint-Flavie quelques personnes charitables, qui aimeraient à faire quelqu'aumône à la plus pauvre des missions et à partager le mérite des missionnaires. S'il en était ainsi, tu ferais une grande charité en t'intéressant pour notre mission et en la faisant connaître à ces personnes charitables. Tu peux leur assurer que les missionnaires ont la mémoire du cœur et que le plus doux de leurs devoirs est de prier pour leurs Lienfaiteurs. Je t'envoie un petit imprimé qui te donnera une

juste idée de la mission.

Je m'aperçois qu'il est temps de terminer cette lettre sans suite et écrite à la hâte : excuse le tout

comme d'habitude. Ecris-moi bientôt et donne-moi

des nouvelles de notre bonne vieille mère, Madame

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20 NOTICE BIOGRA PHIQUE

et de toute la famille. voir en ce monde

Romain Lebel, (1) La pensée de ne plus re notre vieille mère ur, mais Dieu le veut et Je ferai Je Sacrifice aussi géné nt que possible.

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ne déchire Je coœæ reuseme Pas oublier d'aller tombe de cette par la pensée.

revoir au ciel

Il ne faut

en temps prier sur la Pauvre Alphonsine

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Comme j'ai hâte de Ja

ainsi que tous les autres qui nous ont

devancés !

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ache, au l'ev InaAÏs n'oublions p

oir au ciel !

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ive, Rappelle-moi au à famille, à Sainte-Flavie et dans t demande à tous un petit € pauvre

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ARTHUR Boucxarp, diacre,

Toutes les lettre

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