AU NOVICIAT DU SAINT-SACREMENT
Plusieurs fois déjà religieux, le R. P. Bouchard n'eut en apparence aucune peine à se plier à la rèvle de cette communauté, et il donna l'exemple de la fidélité et de l'exactitude à en observer les moindres détails. A son âge, il devait lui en coûter pourtant de se soumettre aux minutivuses exigences taux épreuves souvent humiliantes du noviciat. Et ces trois heures d’adoration—dont une la nuit— et cela tous les jours, devant le Saint-Sacrement exposé, si elles offrent au cœur les douces Joies de la piété, causent aussi de pénibles fatigues au corps et à l'esprit. Le P. Bouchard n° ÿ manquait jamais. Placé au milieu de jeunes gens de quinze à vingt ans, il se fit jeune avec eux, aimable et gai comme toujours, soumis et respectueux pour les supérieurs de la maison, quoiqu'ils fussent moins âgés que lui.
Il était entré au mois de novembre 1891. Au mois de décembre suivant et en avril 1898, J'eus le bon-
heur de le voir à Bruxelles et de passer quelques
Jours dans cette admirable communauté, où le Saint-
Sacrement est adoré nuit et jour, et où J'assistai aux
cérémonies les plus pieuses ct les plus édifiantes. Je
pus constater par moi-même combien le P. Bouchard était heureux de son sort et je me demandai si, cette fois, en dépit de toutes les prédictions contraires, il n'avait pas enfin trouvé le lieu de son repos. Mais la divine Providence en décida autrement. La lettre suivante adressée par lui à l’une de ses sœurs va nous apprendre la nouvelle épreuve qu’il Jui fallut
subir.
Paris, 25 janvier 1893.
Ma chère Alexandra,
Je viens te souhaiter, un peu tard, une bonne année et te donner, trop tôt, de bien tristes nouvelles. J'ai le chagrin de t’annoncer que ma mauvaise santé m'a forcé de quitter la congrégation des PP. du Saint-Sacrement, où j'espérais bien pourtant terminer mes jours. Depuis longtemps j'éprouvais des douleurs et de la fatigue, jJ'espérais prendre le dessus et je suis allé jusqu'au bout de mes forces. Aujourd'hui, à un affreux mal de jambe est venu s’ajou-
ter le diabète, qui uni à sa parente la gravelle,
“ont j'étais déjà favorisé, contribue à me rendre la
vie aussi insupportable que possible. Le médecin
que j'ai consulté à Bruxelles, me dit que j'ai fait une
ouchard | si, cette raires, 1] s. Mais La lettre œurs va ui fallut
er 1893.
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folie de résister aussi longtemps ; mais j'ignorais Ja
gravisé du mal, et maintenant il me faut subir un
traitement sévère si je veux vivre encore quelques
années. ;
Je ne puis te dire assez ma douleur d'abandonner le noviciat...
Je ne regrette pas le temps que J'y ai passé : bien au contraire. Cette année de soli- . N
tude aux pieds du Saint-Sacremnent sera Comime un
délicieux oasis dans ma vié, Non soutien pour les
épreuves à venir, et ma plus ferme espérance à
l'heure de la mort.
Je resterai à Paris Jusqu'à ce que je puisse en-
treprendre le voyage du Canada : je suis trop faible
OUT Y Songer maintenant. Inutile de te üire que la ] y 8
comtésse de Villeneuve à été remplie d’att
entions
ct de bontés pour moi. Je demeure à deux pas de
son hôtel, et tout près de l’église de Saint-Roch où Je compte de bons amis, dans la personne du vénérable curé et de ses vicaires. (1)
.. Une fois rendu au Pays, Je me propose d'aller
ne
L. Il ouf l'occasion de lour rendre bien des services, et pen-
dant quelque temps il remplaça même,autant qu'il le pouvait, l’un de cès messieurs qui était allé à Rome.
à l'Hôpital-Général ; j'y serai bien soigné et je serai près de Mgr Têtu, qui a toujours été mon ami ne Ad LE 6 dévoué et que j'aime bien sincèrement.
Si le bon Dieu me rend la santé, je me résionerai à redevenir curé, avec les responsabilités qui
n'ont toujours causé de la frayeur.......…