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D rire rt en
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nez,tout en entendant dire au bon vieux d: me mêler
de mes affaires et de me bien porter à l'avenir. Il
pourrait se faire que le premier patient riche qui
va lui toinber sous la main trouvât la soupe chaude. N'oubliez pas votre voyage à la Trinidad l'hiver
prochain
Il est évident que le R. P. Bouchard, tout en se sentant encore très mal, espérait prolonger sa vie pendant plusieurs mois, et il se proposait même de revenir au Canada au mois de juin prochain. Le mieux sensible qu'il éprouvait lui en donnait un espoir assez fondé. It est donc bien vrai que l'on est surpris par la mort, même après une longue et douloureuse maladie. Cependant, pour le Père Bouchard ce n'était qu'une trêve de quelques jours, une accalmie avant ia tempête finale. Il en profita pour faire une bonne et dernière retraite, et tout en conservant certaine attache à la vie, il ne perdait pas la mort de vue. La retraite finie, la fièvre revint et cett: fois pour ne plus repartir.
Le 3 septembre, c'est-à-dire neuf jours avant sa mort, il m'écrivit une dernière lettre, bien courte
celle-là.
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“ Voilà quelques jours, dit-il, que j'ai reçu la belle relique de sainte Anne que vous m'avez envoyée. J'attends l'authentique avant de la présenter à Mer Flood, et je la placerai dans ma chapelle de Tetron- Bay. La fièvre m'a repris de nouveau, je suis épuisé et Je me demande si je pourrai tenir au Carénage.
Dans ce moment, je suis en visite chez M. Marcil,
curé de Chaguanas, où la maladie m'a suivi avec une
ténacité digne d'une meilleure cause. Nous avons eu notre retraite, la semaine dernière, et j'ai pris de bonnes résolutions dans les quatre jours qu'elle a
duré...... Mille fois merci pour la relique de
Je n'en ai nul doute, la grande sainte aura assisté à ses derniers moments ce bon prêtre canadien, qui lui a consacré pour ainsi dire ses dernières forces et
qui a pensé et écrit pour elle jusqu’à la fin.
Le 6 de septembre, il alla célébrer l'office divin dans son église du Carénage. “ Dans la nuit Au 6 au 7, m'écrit M. l'abbé Coquet, la fièvre le reprit avec plus de force et le R. P. Bouchard se fit transporter en vie mardi. Le reste de la semaine se passa pour
lui omme à l'ordinaire. Le samedi, 12 au soir, 1l
prit son repas, et dit aux serviteurs qu'il se sentait assez bier. Mais peu après, un accès pernicieux se produisit au cerveau. Le docteur Lota fut appelé en toute hâte ainsi que le R. P. Hilaire, supérieur des Doninicains. Mais il était trop tard et le malade était à l'agonie. Le vénérable religieux ui administra le sacrement de l’Extrême-Onction, et à 8 h.
et 50 minutes, la mort avait fait son œuvre.”
Ce n'est que le 12 octobre, un mois après, que la triste nonvelle fut connue à Québec par une lettre que Mgr Flood adressa à Mgr Bécin. Nous en ex-
trayons le passage suivant :
“Je dois dire quelques mots sur sa vie depuis qu'il est venu dans ce diocèse. Je n'ai jamais reçu de plainte contre lui. Il était tout à fait prêtre dans toutes ses manières et dans toute sa conduite, et il était tenu en très haute estime par quelques-unes des meilleures familles de Port-d'Espagne avec les-
quelles il était en relation. Comme je l'ai déjà dit,
il avait suivi tous les exercices de la retraite ecclésiastique, quelques jours seulement avant sa mort, avec la ferveur et l'exactitude les plus édifiantes. Le jour de la clôture, il dit à un confrère : “J'ai
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fait la retraite de mon mieux, car elle sera probablement ma dernière. ” J'ai donc tout lieu de croire que cette mort soudaine n’a pas été imprévue et qu'il était préparé à la recevoir. Je suis chagrin d’avoir pe: du un si bon prêtre et j'ai dit plusieurs Inesses pour le repos de son âme. ”
Les obsèques ont eu lieu le 13 de Septembre, à la
cathédrale, au milieu d’un grand concours de prêtres
et de fidèles, et les restes du digne missionnaire reposent dans l'endroit du cimetière de la ville de Port-d’Espagne réservé aux prêtres et aux religieux
Mgr l'archevêque Flood s'est transporté au Carénage pour la messe du 30ème Jour et a assisté au service chanté par M. l'abbé Marcil assisté de MM. Blais et Mailleux. (1)
Des services solennels ont été chantés à N otre-
Dame de la Garde, à Saint-Pierre-Baptiste et à Beaumont, paroisses où le regretté défunt avait été
curé et où sa mémoire sers. toujours en bénédiction
1. MM. Marcil et Blais sont Mainten tres Canadiens aux Antilles. M. Marcil et M. l’a eu la bonté de m'écrire Pour me témoigner leu me dire leurs profonds regrets.
Un grand nombre de fidèles ont fait dire des
messes pour le repos de son âme.
Il est triste sans doute de mourir à l'étranger et loin des siens, mais pour ceux qui, comme le KR. P. Bouchard, ont eu une vie de missionnaire et qui trouvent une patrie partout où ils sont le plus utiles, la chose n'est ni étonnante ni déplorable. Si, en dernier lieu, il avait demeuré au Canada, il aurait vécu moin: longtemps et serait mort à l hôpital. Aux Antilles, il a pu continuer l'exercice de son ministère, faire beaucoup de bien et mourir sur le champ de bataille. Ses nombreux voyages, ses missions diverses, son goût prononcé pour les change-
ments,ses maladies fréquentes qui arrivaient comme
pour lui donner le signal du départ : tout cela était
voulu par Dieu qui conduit les homimes par ia main, et qui emploie toujours les moyens qui conviennent le mieux à la sanctification des âmes et à
l'exécution de ses dessuins éternels.
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