LETTRE DU 12 MARS
Ma dernière lettre n'était pas d’une gaieté folle, car je me croyais sur Je point de faire le grand voyage. Depuis que j'habite la ville, je me sens mieux, eb J'en gagne un peu chaque jour. Vous avez raison de dire que j'ai la vie dure, car j'ai souffert dix fois plus qu’il ne faut Pour mourir. J'étais bien résigné et J'aurais quitté le monde sans regret, mais je suis aussi très résigné au séjour de cette vallée de larmes ; car il ÿ a tout de même de beaux coins dans la susdite vallée et la Trinidad n’est pas au dernier rang.
Le docteur Lota a été Vraiment admirable de dévouement et.de charité Pour moi. Lui, le premier médecin de la ville, quittait tout Pour venir me soigner au Carénage, et ce trois fois par semaine et à ses frais, bien entendu. Ce matin, Je suis allé chez lui pour payer mon compte, ce qui na pas pris beaucoup de temps : je me suis fait rire au