EVUE DU MONDE CATHOLIQUE
Paraît le 10 et le 25 de chaque mois par livraisons de 100 pages grand in-8° raisin. RÉDIGÉE PAR LES MEILLEURS ÉCRIVAINS CATHOLIQUES
Qu'il nous suffise, pour faire apprécier cette nouvelle Revue, de citer les deux témoignages
suivants :
A M. Victor Palme, éditeur de la REVUE Du MONDE CATHOLIQUE.
« Bordeaux, le 18 septembre 1861.
« J'ai reçu, Monsieur, votre dernier pros- « pectus, Où, parmi d’autres publications « nouvelles «t importantes, vous anñoncez la « Revue du Monde catholique.
« Je ne puis qu’applaudir à vos efforts pour « combattre tant de mauvais écrits qui cir- « culent avec une si déplorable facilité, et « défendre ces grands principes qui peuvent « seuls nous régénérer et nous sauver.
« Vous avez raison de demander ces prin- « cipes au Catholicisme; où les trouver en « dehors de lui? Tous ces vains systèmes dont « on à amusé le peuple, et auxquels parfois « des hommes d’esprit se sont laissé prendre, «ne sont-ils pas aujourd'hui jugés par leurs « fruits ?
« Vous avez raison aussi de vous en tenir « aux pures doctrines romaines. Tous les cœurs « vraiment catholiques vous suivront sur ce « terrain. Plus que jamais nous devons nous « attacher à ce siége indéfectible de Rome, qui « est la colonne et le soutien de la vérité.
« Outre la religion, votre Revue embrassera « la littérature, les sciences et les arts étudiés «au point de vue catholique. C’est bien : en « étendant ainsi le champ de vos étades, vous « répondrez à cette curiosité, à ce besoin de «savoir qui est un des caractères de notre « époque, et auquel la religion nc peut que « gagner; et en vous plaçant au point de vue « catholique, qui est le seul vrai, vous assus rerez l'indépendance et la justesse de vos « jugements, et vous échapperez à cette fluc- « tuation d’idées, à ces éternels changements « d'opinions, dont nous avons tous les jours « de si tristes exemples.
« Ainsi conçue, votre entreprise sera une « bonne œuvre. Et pour obtenir cet heureux « résultat, vous n’avez pas seulement la vé- « rité, qui a tant de force, mais encore la « collaboration d'hommes dont le nom fait au- « torité et qui ont accoutumé la France à ad- « mirer leur talent, Le succès ne saurait donc « manquer à vos espérances. Pour moi, je m'y « associe de grand cœur, et je prie Dieu, qui « bénit les bons desseins, de bénir aussi le « vôtre.
« Agréez, Monsieur, l’assurance de mes sen- « timents distingués.
« Ÿ FERDINAND, cardinal DONNET, « archevêque de Bordeaux, »
meme —————— ————————"“
22 octobre 1861.
« Le Croisé et la Revue du Monde catholique étaient, sans nul doute, deux bons éléments.
La fusion de ces deux éléments complète et affermit l’œuvre que vous avez commencée il y a quelques mois. Vis unita fortior.
« Versailles, le
« Votre titre est tout un programme. La guerre déclarée à l’idée religieuse est terrible et générale. Les philosophes, les libres penseurs se donnent la main d’un bout de l’Europe à l’autre, pour établir le règne du rationalisme et du naturalisme sur les ruines de notre vieille foi. Secondés par toutes les mauvaises passions, manœuvrant toujours d’après une tactique savante, et fiers de leurs succès, ils se figurent que l’heure dernière du catholicisme va bientôt sonner. Donc, il faut défendre la révélation et le sarnaturel, I Eglise et le Saint-Siége avec toute l'autorité de la science et de la tradition, avec toute la vigueur des vrais soldats de la Croix. Eh bien, voilà ce que vous avez entrepris. Or, vous aider, vous encourager, concourir à assurer l’existence de votre publication, c’est, selon moi, un devoir pour tout catholique qui comprend la situation, et qui se sent au cœur quelque peu de zèle.
« Je vous félicite sincèrement d’avoir exclu la politique de votre Revue. Ce n’est pas dans l'atmosphère brûlante où vivent et s’agitent les partis qu’on peut servir utilement la bonne cause. D'ailleurs, en vous plaçant sur le terrain de l'Eglise, en prenant vos inspirations dans l’amour pur de l'Eglise; en travaillant, selon vos forces, pour le triomphe de la doctrine et des enseignements de l’Eglise, vous travaillez par cela même pour la conservation de toutes les vérités, de tous les principes auxquels sont attachés la gloire des nations et le salut de la société. Quant à la politique purement humaine, c’est de la poussière que le vent emporte chaque jour. Laissez-la à ceux qui ne voient rien, qui ne veulent rien voir au delà du cercle étroit de cette vie fugitive.
« Je bénis vos travaux et je vous prie d’agréer mes affectueuses salutations.
« Ÿ PIERRE, « Evéque de Versailles. »