‹ Le R.P. Louis Saché de la compagnie de Jésus [microforme]Chapitre 5 sur 31 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

BRUGELETTE.—-LAVAL.—CANADA.

Ce grand acte accompli, le Père est aussitôt employé à l'enseignement dans le Collève de Brugelette, en Belgique. 1 se jette sur cet apostolat d'un genre bien connu avec toute l’'ardeur de son âme et y acquiert, peu à peu, cette expérience si utile, voire presqu'essentielle à l’homme de la Compagnie, que la Providence destine au gouvernement de ses frères.

Il s'aperçoit bientôt que le règlement du collège ne favorisera guère le développement normal de la vie spirituelle, si la pratique de l’oraison et une union constante avec Dieu ne servent de point de départ

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aux leçons de grammaire ou de littérature, si l'esprit intérieur n'anime seul tout l'enseignement.

Ses rapports avec les élèves ont fait naître en lui des sentiments de paternelle affection qu'il semble avoir eu d'abord quelque peine à surnaturaliser, C'est qu'il n'y a rien de facile comme d'aimer, rien de difficile comme d'aimer saintement. Les talents, les qualités, les succès des élèves, voilà ce qui frappe au premier aspect; rarement leur vertu brille au dehors à reflets continus ou assez prolongés pour attirer spécialement les regards du maître ; cet âge est trop léger, trop volage, sa piété a quelque chose de prime-sautier, de spontané, quelque chose qui lui appartient exclusivement, tout comme la grâce naïve de ses manières et l'abandon sans réserve de ses affections.

L'enfant est presque tout à la nature, le

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surnaturel n'a pas eu le temps d'imprimer sur lui un cachet voyant ; ce qui luit dans sa personne, est presque toujours le rayonnement de qualités naturelles et c'est par elles qu'il se fait d'abord aimer.

Le P. Saché découvrit bien vite que le maître par les soins qu'il donne à ses élèves, peut plus facilement descendre à eux que les élever à iui, et dès le commencement de sa carrière il prit à ce sujet une règle de conduite, qui devrait être celle de tout professeur. “ Une des grâces,” écritil, “ que je dois demander plus instamment, c'est de ne voir, de n’aimer que les âmes.

dans les enfants qui me sont confiés.” Et il ajoute : “ Que je m'applique à remplir en toute humilité un office que je dois regarder comme un apostolat. ÆAma nesciri.”

Ce cri de l’humble religieux qui s’alarme de l'affection dont ses élèves le paient de

retour, nous dit assez les succès du P. Saché

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