I. Aubert, Du sevrage (Paris
ÉTIOLOGIE ET PATIIOGÉNIE.
dangereux qu’il est plus précoce ; avant six mois, il est très redoutable; de six mois à un an, il l’est moins; après un an, il n'offre que peu d’inconvénienls, à condition qu’il ne soit pas brutal, mais gradué, et que la transition entre le régime lacté et le régime commun soit insensible
Sur la même ligne que le sevrage prématuré mérite de figurer l 'alimentation prématurée avec les bouillies, les soupes, les légumes, les viandes et aulres aliments trop indigestes pour les nourrissons ; le rachitisme est encore très fréquent dans ce mode d’alimentation vicieuse.
5° Après viennent Y allaitement mixte qui produit parfois de bons résultats et ne conduit pas fatalement au rachitisme, et Y allaitement naturel mal dirigé qui ne produit le rachitisme que dans de rares occasions.
Tous les auteurs qui ont écrit sur le rachitisme ont fait jouer un grand rôle, sinon un rôle exclusif, à Yalimentation vicieuse. Ne pouvant les citer tous, je me contenterai de rappeler l’opinion de celui qui peut être considéré comme le modèle des cliniciens; Trousseau'a dit : De toutes les causes, la plus puissante assurément pour la production de la maladie que noüs étudions, est Valimentation insuffisante.
1. J. L. Petit disait qu’il ne fallait pas sevrer les enfants avant qu’ils eussent tontes leurs dents, autrement ils devenaient rachitiques. (Traité des maladies des os, 1741.)
LE R4CIIITIS5IE.
Jules Guérin, qui avait cru tout d'abord que l’allaitement exclusif et prolongé conduisait au rachitisme,^ n’avait pas tardé à s'assurer que les enfants qui devenaient rachitiques étaient, non pas ceux qui étaient restés longtemps soumis à l’allaitement naturel, mais ceux au contraire qui en avaient été privés totalement ou prématurément.
La théorie alimentaire du rachitisme reçut une confirmation des expériences instituées par cet auteur chez les animaux.
Jules Guérin, ayant pris une portée de jeunes chiens, en sevra la moitié pour les nourrir avec de la viande crue, et laissa les autres téter leur mère. Ceux-ci prospérèrent, ceux-là devinrent rachitiques, après avoir eu des troubles digestifs ' (vomissements, diarrhée). Un compte rendu de ces expériences, .dont les résultats avaient été annoncés à l’Académie de médecine, a paru, en 1838, dans la Gazette médicale de Paris.
Leur importance était telle que beaucoup de médecins s’empressèrent de les répéter; peu réussirent et un doute s’éleva sur leur valeur.
Chossat (de Genève) nourrit des pigeons avec des aliments privés de sels calcaires; il obtint le ramollissement et l’atrophie des os, par inanitiation, mais pas de rachitisme 1 .