‹ Le rachitismeChapitre 38 sur 56 · Leçons d’hygiène infantile, p · texte numérisé non relu

Leçons d’hygiène infantile, p

Ce pronostic, vrai pour certains cas heureusement exceptionnels, est exagéré pour le plus grand nombre. On se fait une idée incomplète et fausse du rachitisme, quand on le voit à l’hôpital, où n’entrent que les enfants porteurs.de lésions, très graves, quand elles ne sont pas incurables. Ce rachitisme, qu’on pourrait appeler chirurgical, les difformités qu’il entraîne ayant résisté à tous les remèdes hygiéniques ou pharmaceutiques, est incomparablement moins commun que le rachitisme médical.

Pour celui-ci, le pronostic est des plus favorables, du moins quant aux déformations osseuses. Quand on revoit les petits rqchitiques, après 2 ou 3 ans d’absence, on ne les reconnaît plus; les nouures ont disparu, les courbures se sont redressées; la croissance, arrêtée pour un temps, a repris son cours, et le rachitisme ne se révèle désormais par aucun phénomène objectif.

On est étonné parfois de voir des ' déformations très accusées disparaître par des moyens purement hygiéniques ou médicaux ; j’ai vu tant de rachitiques guéris par les seuls efforts de la nature, que j’ai pris l’habitude de ne jamais désespérer d’aucun.

Cependant, il faut le reconnaître, un nombre trop grand encore d’enfants conservent toute leur vie les stigmates du rachitisme.

Les déformations les plus persistantes sont celles de la poitrine et des membres inférieurs ; on peut, à la simple

PRONOSTIC. — AVENIR DES RACHITIQUES. 151 inspection des tibias et du thorax d’un adulte, reconnaître le rachitisme à 20 ans, à 30 ans de distance. Quelques enfants restent petits, la taille subit une atteinte irrémédiable, et le nanisme doit figurer dans le pronostic du rachitisme. Les nains rachitiques sont des nains difformes à grosse tête, à membres noueux et incurvés; leur corps es^ désharmonique et disproportionné. D autres ont conservé d’un rachitisme partiel, asymétrique, une claudication permanente. Quelques-uns ont une scoliose qui imprime à leur corps une attitude désobligeante, oblique, avec asymétrie des épaules.

Chez l’homme, toutes ces éventualités, pour fâcheuses et disgracieuses qu’elles soient, ne compromettent pas la vie, elles sont compatibles avec un état de santé satisfaisant ou passable.

Chez la femme, il n’en est pas de même, et les accoucheurs ont à l’envi signalé les conséquences graves, et pour la mère et pour l’enfant, du bassin rachitique. Le rétrécissement du bassin, qui résulte du rachitisme, met un obstacle parfois insurmontable à l’accouchement naturel; tantôt il oblige à l’accouchement prématuré, à l’avortement, tantôt à l’application du forceps au détroit supérieur, ou même à la céphalotripsie ; l’enfant est alors sacrifié pour sauver la mère. Même quand le rétrécissement est modéré, on peut voir l’accouchement aboutir à la mort de l’enfant; la tête ne pouvant s’engager, les pieds se présentent ; des tractions énergiques devien-

lient nécessaires; l’enfant naît en état de mort apparente, et souvent il ne peut être rappelé à la vie.

D’autres fois, les compressions et les tractions énergiques exercées sur les membres laissent à leur suite une paralysie des membres supérieurs qui peut être permanente. J’ai cité plusieurs exemples de celle paralysie obstétricale des nouveau-nés, conséquence du rachitisme de la mère 1 .

Faut-il ajouter les ruptures utérines, l’opération césarienne, qui mettent en danger la vie de la mère, et qui doivent figurer encore dans la liste des méfaits du bassin .rachitique? Cette revue rapide des accidents obstétricaux du rachitisme rend le pronostic de cette affection plus sombre dans le sexe féminin que dans le sexe masculin.

En dehors de ces èas, on 11 e meurt pas du rachitisme ; mais l’enfant rachitique peut être emporté par des complications appelées ou aggravées par l’état rachitique : convulsions, spasme de-la glotte, broncho-pneumonies, diarrhées.

En dehors de ces circonstances, heureusement rares,, les rachitiques guérissent fous plus vite et plus complètement qu’on n’oserait l’espérer.

Mais si la guérison est certaine et définitive pour les déformations osseuses, elle ne l’est pas pour les lésions viscérales qui ont précédé ou accompagné ces déformations.

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