Soc. méd. des kôp
Sans doute les enfants qui ont été peu touchés par le rachitisme, et ils sont nombreux, sont à l’abri de toutes, les suites fâcheuses qu’il me reste à décrire. Pour la plupart des autres, l’avenir est moins rassurant.
1 Quand on suit* comme je l’ai fait, pendant longtemps (des années), les enfants rachitiques, on ne tarde pas à se convaincre de la persistance des troubles digestifs qui ont marqué le début de la maladie.
Certes le ventre ne reste pas développé et monstrueux, comme il l’était à la période d’activité et d'évolution du rachitisme. La masse intestinale s’affaisse, se réduit, probablement par la diminution des fermentations et la résorption des gaz qui la distendaient en permanence. Mais l’estomac reste malade, dilaté, ét la dyspepsie survit au rachitisme. Les enfants sont d’abord polyphagiques et polydipsiques ; puis la polyphagie disparaît généralement pour faire place à une anorexie relative. La polydipsie au contraire persiste dans la plupart des cas ; les enfants restent buveurs, ils ont une soif pressante, ils boivént. tout ce qui leur tombe sous la main, la nuit aussi bien que le jour. Cet abus des liquides ne fait qu’aggraver la dilatation de l’estomac et la dyspepsie ; en même temps se déroulent les symptômes liés à cefte dyspepsie, la constipation ou la diarrhée, les vomissements, la gastralgie, les céphalées, l’amaigrissement, l’anémie, etc., etc.
Vient-on à explorer l’abdomen de ces - enfants, 5 ans,
6 ans, 10 ans même après la guérison du rachitisme, on constate les signes de la dilatation de l’estomac, le clapotage épigastrique descendant jusqua l’ombilic ou même au-dessous.
Ce n’est pas seulement chez des enfants et chez des adolescents que j’ai pu constater la dilatation stomacale consécutive au rachitisme du premier âge. J'en ai relevé les signes physiques et les troubles fonctionnels chez des adultes, et je me suis cm autorisé à dire alors que tout n était pas fini avec le redressement des membres, que la guérison du rachitisme n’était qu’apparenté ou incomplète, et que la dyspepsie ne guérissait pas 1 .
Si tous les dyspeptiques ne sont pas d’anciens rachitiques, on peut presque affirmer que tous les anciens rachitiques sont dyspeptiques.
Pour moi, la dilatation de l’estomac, dont M. Bouchard nous a montré l’extraordinaire fréquence, remonte le plus souvent à la première enfance, c’est-â-dire à une période de la vie où l'alimentation vicieuse agit avec une puissance qu’elle ne retrouvera plus.
On doit admettre que ces estomacs forcés et dilatés des petits enfants ne sont pas toujours incurables ; mais si quelques-uns guérissent, la plupart restent malades ou prédisposés à la maladie.
J’ai observé une conséquence particulière de cette