Soc. de çhir
DIAGNOSTIC
remarquer Beylard. C’est donc au tibia rachitique, dévié dans sa direction, sans accroissement de son volume, que convient le nom de tibia en lame cle sabre (Fig. 27).
Au contraire, le tibia syphilitique est un tibia qui paraît dévié, mais qui ne l’est pas, car si la convexité antérieure est plus grande, c’est par apposition de côuches osseuses nouvelles et non par incurvation de la diaphyse. L’os est tuméfié, bosselé, inégal, par dépôt d’ostéopliytes à sa surface et formation de gommes dans son intérieur. Non seulement l’os est augmenté de volume,mais il peut être augmenté de longueur, dans le rachitisme au contraire l’os est souvent raccourci, et parfois pour toujours.
Fig. 28. — Tibia syphilitique, tibia Lannelongue (Collection de M. Lannelongue).
Quand on met en présence, les deux variétés de tibia (rachitique et syphilitique), le diagnostic différentiel saute aux yeux.
Tantôt les lésions sont unilatérales, tantôt elles sont symétriques; en dehors des caractères propres de la lésion osseuse, on peut trouver d’autres stigmates révélateurs, ia kératite interstitielle, la dent d’IIutchinson, la sclérose du testicule, etc., etc. 1
Il y a aussi une différence d’âge; le rachitisme frappe les sujets île moins de 2 ans; là syphilis héréditaire tardive n’atteint les os qu’après o ans, le plus souvent entre 5 et 12 ans (Fournier). Enfin, dans la syphilis osseuse héréditaire, à moins qu’il n’y ait mélange de rachitisme, on ne trouve ni les nouures épiphysaires, ni le chapelet costal.
Quand le rachitisme est limité ou prédominant à la tête, on peut songera l’hydrocéphalie, qui nourrit parfois des relations intimes avec le rachitisme, mais qui généralement en est indépendante. C’est d’ordinaire une maladie congénitale, qui se présente avec un développement extraordinaire du crâne, avec un écartement exagéré des fontanelles et des sutures, avec une obnubilation des facultés intellectuelles allant jusqu’à l’imbécillité ou l’idiotie.
Les rachitiques au contraire, sauf exception, conservent leur intelligence; leur tète ne présente que rarement une
1. Berne. Des manifestations osseuses précoces et tardives de la syphilis héréiilaire. Thèse de Paris, 1884.
DIAGNOSTIC
très notable augmentation de volume. Chez eux, comme l’a indiqué Roger 1 , on entend un souffle céphalique à l’auscultation de la grande fontanelle ; ce souffle n’existe
Fig. 26, — Tibia Fig. 27. — Tibia rachitique, Fig. 28. — Lésion syphilitique, déformation en lame de syphilitique
tibia Daniielon- sabre. (Lannelongue).
gue (d'Heilly).
pas dans l’hydrocéphalie. Cependant, comme il peut s’observer dans cette dernière maladie, on ne peut baser un diagnostic absolu sur le fait de sa présence ou de son absence.
1. Auscultation de la tête [Rec. clinique sur les maladies de l'enfance, Paris, 1883).
On a pu hésiter quelquefois entre le rachitisme et la paralysie infantile des membres inférieurs ; une impotence coïncidant avec des déformationsosseuses peut faire pencher la balance de l’un ou de l’autre côté. L’examen direct des musclas, l’exploration électrique diront si la paralysie atrophique est en jeu.
Faut-il donner les signes différentiels de l’ostéomalacie et du rachitisme? J’avoue ne pas avoir vu un seul cas d’ostéomalacie dans l’enfance.
J’ai été moins heureux que le D r Rehn (de Francfort) qui s’applique à différencier l’ostéomalacie infantile du rachitisme, et qui, tout eu reconnaissant que les deux maladies se traduisent parla décalcification des os, attribue à l’ostéomalacie la décalcification sans nodosités, et au rachitisme la décalcification avec nodosités 1 . Ces nouures seraient donc le signe distinctif.
Il faut avouer d’ailleurs que cette question des rapports de l’ostéomalacie avec le rachitisme est très controversable. De nombreux cliniciens, et non'des moins célèbres, ont affirmé que l’âge seul faisait la différence entre l’ostéomalacie et le rachitisme, celui-ci spécial aux enfants, cellè-là propre aux adultes. C’était l’opinion de Pinel, de Portai, de Trousseau et Lasègue, etc.
Puis sont venus les anatomo-pathologistes, Virchow en tête, qui n’ont pas manqué de. trouver des différences