V. AVGnSTK BARBIER A l'AGADÉUIE FRANÇAISE
Je ne me lasserai pas de redire aux détracteurs de r Académie française : Si eUe vous semble morte, pourquoi en paf lez^vous tant ? Pourquoi ne saurait-on ouvrir un journal ssins y trouver une foule de commérages, ravivés et mus en rumeur par chacun des épisodes académiques; les immortels qui disparaissent, les moctcda qui aspirent à la succession ;' la candidature de ceUû-ci, les chances de celui-li, ks démarches d'un troisième... Et les titres discutés en séance I et la question de savoir si Béralde se présentera, si Âcaste restera sous sa tente^ si Alcidamas a pour hit les dieux ou les déesses de roiyispe, sî Dorante éveille ou apaise ks i^crupules de la docte et chaste assemblée t Que de mouvement f que de bmit ! que d*ambitions molestées, ajournées ou satisfaites i quelle joie pour
t80 RADEAU DE LA MÉDUSE
les élusl Les cœurs palpitent; les paris sont ouverts ; il y a, comme pour les courses à la mode, des favoris et des non placés. Lélio bat Silvius d'une longueur^ et, en effet, si les longueurs étaient des droits, nous serions tous en fonds pour concourir et pour vaincre. Magnus n*a pas réussi, parce qu'il était mal entraîné ou plutôt pas assez entraînant... Encore une fois, sont-ce là des signes de mort, ou même de caducité ? A-t-on jamais vu tant d'agitation et de vie à propos de ce qui n'existe plus? Serait-ce la peine de se passionner ainsi pour un fantôme? Peut-on admettre que les plus beaux esprits du monde s'acharnent à la poursuite d'une ornbre et se disputent la possession d'un néantt Possession vaut titre, disent les avocats, qui ne sont pas tous académiciens. — Titre vaut possession^ répondront désormais les académiciens, qui peuvent se passer d'avocats.
L'Académie, dites-vous, n'a plus sa raison d'être dans notre société démocratique. Qu'en savez-vous, citoyens, et ne seriez-vous pas, par hasard, la preuve du contraire? Si les bonnes manières et le
ÉPAVES AGADÉMIQUES 281
bon langage couraient les rues, si nous n'avions que rembarras du choix en fait de modèles de bonne compagnie^ si tous les centres, grands ou petits^ droits ou gauches, de la vie publique et privée, nous donnaient des exemples de courtoisie et d'atticisme^ de discussion spirituelle et tempérée, TAcadémie pourrait être considérée comme superflue, et Ton sait que les démocraties ne se chargent que du nécessaire. Mais les abris ne semblent jamais plus utiles, plus salutaires et plus charmants que lorsque la grêle, le givre et la bourrasque retentissent au dehors. Plus le désert est brûlant, aride, infesté du simoun et de poussière, hanté de bêtes féroces ou venimeuses, sujet à de mauvaises rencontres, mieux on savoure l'oasis, qui offre à la soif un peu d'eau, au regard un peu de verdure, aux fatigues du pèlerinage un peu de fraîcheur et de repos. Après un an de tempête électorale, six mois de réunions publiques, quinze jours de plébiscite, le tout accidenté d'agréables polémiques dont les héros se traitent mutuellement de bandits, de crétins, de mouchards , de voleurs, de coupe-jarrets
tSS LE BADSAU DB Ul MEDUSE
et de repris de justice* — je ne dis pas qu'ils aient tort, *— je vous assure que, sans même parler da& barricades à la mode, la nécessité de rAcadémii se £ait de plus en plus sentir ; qu'on meurt d'eiavia de demander à H. Pingard une boucle de ses cha» veux^ et que, si un président de: tdbunal m'interrogeait sur rage moyen ou le moyen âge des belles dames qui fréquentent noz séances, je lui répondrais, comme mademoiselle Mars : c Monsieur le président, toujours trente-deux ans 1 n
Tenez, pas plus tard que. mardi, — si jeûnais séance risqua d'être marquée d'une pierre noire, ce fut celle-là. Le récipendiaire était tellement en retard, que déjà les mauvais plaisants s'amusaient à ses dépens et aux nôtres. Ils prétendaient qu'on laisserait passer, avant sa réception, un ten^ aussi long que celui qui s'est écoulé depuis l'apparition des lambei.. En revanche, la chaleur et le soleil avançaient d'un bon mois» sur l'horloge de riosr titut. Les peupliers de la berge et du quaiMala^ qnais — vox populi^ vox J>ei — semblaient iu)u& inviter, chacun, dans leur& frénûssementSi, à aller
SPAVBS AGADftIfiaVKS î$^
voir leurs lieureux frères de YiUe-d'Avray <mi de Meudon. Il y a, comme cela, dans Tannéç, des jQurs de nostalgie champêtre où lea Géorgiques de IKrgilâ^ même traduîte& par l'ahbé DeliUe, ne va»kmt pa& deux heures d^éGolebiûssonmère à travers les sentiers fleuris d'anbépine.. Le public arrivait lentement; la corbeiUe n& ise remplissait pas; les tabourets élaicait en baisse , faute de duchesses probablement ; peu de célébrités et beaucoup de domblures ; pas un sociétaire du Théâtre-Français, malgré, les souvenirs laissé» par feu M. £mpis« Les toilettes broyaient du noirj^ les figures étaient mêlant eûUqjaes, les fronia soumux, Tattente silencieuse, les, tribunes mornes; les^pcélsuta s'étaient fait remplacer par des sémiaaristeS|;les>]»aréchaux par ces lneave» fantassins,, demt lesi ph^rsiononûes pro*« ^igieusam^ii ennuyée» eivU^Aaiest les no» de Tarinée die tcffret soinsisa k de purcâlles coffvées* jluas^Mb sHur. les haacs. on les^fsttiAiiik sacrés, biea des vides sa maAisfestawJi,, ceoeés, soit,, hélas 1 par la matL, soit pas le> «opeile^ aeit pav to. poli* tique^ soit pas les. -^^Ym»^ ^i^ 9^ ^ eampar*
gne. Encore un peu, et le désastre paraissait imminent.
Eh bien , en dépit de tous ces présages, la séance n'a pas manqué d'agrément. D'abord, le héros de cette petite fête nous donnait, en sa personne, les plaisirs d'une découverte. Pour plusieurs d'entre nous, pour ceux-là mêmes dont les souvenirs remontent aux débuts poétiques de M. Auguste Barbier, il offrait ce trait distinctif et, pour ainsi dire, unique, qu'on l'avait lu beaucoup sans jamais l'apercevoir, et qu'il avait été presque célèbre sans être connu. Pour les jeunes gens, cet incognito dans la gloire, cette obscurité dans l'auréole, ce mutisme dans l'éclat, prenaient les proportions d'un mythe. H. Barbier se perdait dans la nuit des temps. Vivail-il encore? avait-il réellement vécu? était-il contemporain de Sésostris ou de Louis-Philippe, de Pharamond ou de Charles X ? Dans un temps où la plus simple notoriété se loge dans une maison de verre, où Tartiste s'efforce d'attirer les regards vers soi avant de les obtenir pour son œuvre, c'est une rareté bien curieuse et bien honorable que ce
iIpàvss àgaobmiqubs 285
secret gardé sur sa vie, cette abstinence du paraître^ cette façon de n'exister que par ses vers, de ressembler à un instrument invisible, qui chante sans se montrer et se révèle en se cachant. On reprocha jadis à H. Auguste BaAier d'avoir un peu trop déshabillé ses satires. Il a gardé pour lui tous les vêtements et tous les voiles dont il dépouillait sa muse.
Le nouvel académicien nous est donc apparu, pour la première fois^ dans son habit vert, son discours à la main. Autre singularité I Si quarante ans ont séparé son succès de sa réception, on dirait qu'il a essayé de conjurer, dans leur fuite, ces trop rapides années. Il fait Teffet d'un homme âgé qui se serait maintenu jeune par des procédés à lui. Sa coiffure, ses sourcils noirs et touffus, ses favoris, sa cravate, ont des airs de conserve. Sa bouche,, serrée et rentrée, semble prise entre le nez et le menton, comme entre deux hémistiches de la Curée. Le profil fait songer à une traduction de Juvénal par Joseph Prud'homme. Une bonhomie narquoise anime cette physionomie de Gaulois qui
tH LE KlAEkU BK LA. HSB^SK
pftrle fifanc, ce visage de bçm papa qui a «ckeii mam pamique neuve pour fêter un anuiversairei^ et qui va chanter de» couplets au dessert Mais, sor^ tout, qudlû konnâteté daa& toitt eel ensembleL S& comme j^ dirais : € Oh I l'hennéte hoBuaal le galant hamme 1 % ù jt'oiibl*ai& tgm Majerhei» Fa dit.anrant moi et. m» HL Bavbier n'est ptas 1« diable t
Oui, l'honnêteté, et, si les* autres inspiralions du poète se sont évanouies dans le lointain, celle-là est restée i»our le dâfeodraet le sauver dans œ moK menu dUBcile où il avait à justifier en ptroseUheur veux choix de ses collègues». Son: discours» il faut hîen ravouer, a. représenté sus bien des points Tenr tsace de Tart. Bès les peemièms phrases^ nous avons eu Faugnasie eneeiniÊj le êmietuaire, Ua voix plvs autorisées que la mknhiy et imti»s antiquaillfis académiquets, qui. ^ntraatalent sin^lièrefiaent avec la vieille répuliaikion. de cette muse fore m gueule, prompte à prendre les choses par le gros mot et à les afi^eler par leur nom. Bizarre métamorphose i Cette liberté, guidant le peuple, qui. a
SPA.T]» ▲càDniQtnss lÊHfî
«u f msigne honneur irmq)irer ËBgène Delacroix^ et à qai Ton paidoimerait, dam ses vieax jours, quelques licences de lang^je, je ne là reconnais plus. Oescendtie de «on sanglant piédestal, elle met des manches de lustrine à ses bras nus et empri* sonne sous du ydours-coton son rolmste corsage. Femme de ménage d'ArdiSoqne, elle le coifTe du classique bonnet, et, tandis qu'il fait un somme, die lui fabrique un habit complet de maître des cérémonies. La Curée se fove les mains dans de l'eau de Cologne érentée; Therpsichore fait la lévéranoe àDumarsais; ridok ^'ome d*un faux<)ol et d'une cravate blanche; Sfe^omêne ne prend plus au tragique que le mot propre ; la Popwlarité change de nom et s'appelle ht périphrase ; la Pologne regrette de ne pas être FEspagne pour avoir le plaisir de se nommer Tlbérie, et la Bre* tagne refuse de répondre^ si on ne la qualifie pas d'Armorîque.
Telle a été la première împressîcm, et Torateur à failli l'aggraver encore en traitant métaphorique* ment le mariage devant un auditoire où le beau,
2S8 LB ÏLkDEkV DE LA x£D0SS
sexe était en majorité. Déployant le zèle du nouveau prêtre, craignant de manquer à tous ses devoirs d'académicien de la veille^ s'il ne trouvait pas une image neuve en l'honneur des souffirances de la femme incomprise, il nous Ta montrée se débattant contre les barreatix de la cage hyménéenne... f Est-ce possible? Sommes-nous donc aussi barreaux que cela ? Ah I le joli oiseau que nous avons mis en cage I n ont murmuré en ce moment les grognards de TAcadémie. — Mais, diront les maris à leur tour, la cage est-elle si terrible? N'y a-t-il pas, entre ses barreaux, assez d'espace pour qu'une linotte ou une perruche puisse y passer? Et les pies-grièches, qu'en faites-vous^ monsieur Tacadémicien ? Celles-là, nous leur ouvrirons, si vous le permettez, la cage hyménéenne^ et bonsoir! Sans compter que, dans cette cage, il existe un traquenard dont vous ne paraissez pas vous douter. On fait jouer un petit ressort, et crac I... l'oiseau s'envole^ et c'est l'oiseleur qui est pincé I Les choses allaient donc de mal Empis^ et déjà
mes deux voisines s'étaient esquivées pour aller remettre leur crinoline dans leur cage, quand tout à coup — ô prodige i — nous nous souvenons que cet orateur novice est un des cinq ou six poètes modernes qui nous ont fait battre le cœur; qu'il a eu, au bon moment^ la verve^ l'énergie, l'émotion, réloquence, l'indignation d'une belle âme en présence de toutes les laideurs sociales et morales; qu'il a flétri, non-seulement Vîdole divinisée par notre chauvinisme sur un amas de cadavres et de ruines, mais les courtisans et les oppresseurs, les vils flatteurs de la populace en délire, les plaisirs grossiers qui dépravent la multitude, la hideuse luxure du carnaval parisien, la dégradation toujours croissante de la poésie et de Fart, tout ce qui fait qu'une nation devient peu à peu indigne de la liberté véritable et se laisse corrompre par la Révolution au lieu de s'y régénérer. Nous songeons que les malheurs héroïques de la Pologne^ les douleurs chrétiennes de l'Irlande ont attendri ces cordes d'airain. Nous nous récitons à nous-
f%0 LE EADBÀU DE LA MÉDUSE
même Fadmirable page <f «I PiantOy qui finit par
<e66 vers :
Et, pour chauffer l'orgie, arec quelques denien, H fiui clwiter le T«m» am pMwrret i^dolienu
Après toat, ce n'est pas sa feute, à ce noble et vigoureux poète, s'il fait mentir le Tieux proveribe: -i Qui peut le plus peut le moins^ > si sa prose ne vaut pas sa poésie, et sî^ cherchant la note juste entre la flûte de Pan et la rhétorique d'Aristote, il a rencontré sur son chemin M. de la Palisse. On ne peut pas posséder à la fois la synthèse et Vanalyse, la vibration et la réflexion. Par cela même que M. Barbier a été poète — et grand poëte, — il était dispensé de faire preuve d'esprit critique. Ceci posé, nous récoutons avec une sympathie complaisante; nous sommes gagné par cet accent d'honnêteté parfaiteet de franchise, par ce geste sans apprêt, par cette pantomime familière, par cette absence complète de charlatanisme et d'artifice, par cette façon cordiale d'exprimer des idées qui ne sont peatêtre ni bien neuves ni bien justes, mais qui suppléent à la nouveauté et à la justesse par la bonne volonté.
ÉPAVES ACÀDÉMIQUBS 291
Ce que deviennenl, daas t<Hitcela, to répertoire de M. Ëmpis, la comédie de ki Restauration, Saphù, Hercule â Trctchines Boikwell^ V Agiotage^ Lord No^ warty Lambert SémHett^ la Mère et la FiUe^ je n'ea sais trop rien et vous ne vous eii îaquiètesi guère* Cette comédie enU*e cuir et chair^ que H« Soribe, malgré des prodiges de dextérité, n'a pu réussir à faire viyre^ péchait par la base» Elle n'était pas comique; elle s'arrêtait aux surfaces d^une société transitoire, qui n'avait eu encore le temps ni de se fixer^ ni de s'asseoir, ni de se reconnaître* Dans ce monde d*un jour, plus de types, plus de caractères: à peine des personnages; des mannequins que l'auteur tient par un fil, fait parler à sa guise, anime un moment de wa eq[ii<t et laisse retomber dans la coulisse, sans que rien nous rappelle leur figure et leur langage : tant ils ont peu de consistance et de carrure I tant ils ont offert peu ée relief, de ssâilie et de prise à la mémoire du spectateur, à l'observation du poète I Variables et mobiles comme les événements qui les dirigent^ créations éphémères d*un incident vite oublié, ils ne se creu-
sent pas dans le marbre ; ils se dessinent sur le sable ; ils glissent comme des ombres sur une toile de fond, qui sert également pour tous. Ils se ressemblent tellement, que dis-je f ils se confondent si bien sous une même estompe, qu'on ne saurait à distance les distinguer les uns les autres, reprendre à Scribe ce qui est à Hélesville, restituer à B :yard ce qui n'appartient pas à Mazères, et que M. de Sacy a pu dire, avec une naïveté malicieuse, que, parmi les ouvrages, si remarquables d'ailleurs^ de H. Empis, il lui avait été impossible de faire une part bien nette à la collaboration et à la propriété.
C'est vraisemblablement cet embarras qui a dé* cidé les deux académiciens à se rabattre sur les Six Femmes de Henri VIII^ espèce de roman dialogué en deux volumes, que M. Empis écrivit tout seul, et qui est bien inférieur aux pièces^ collaborées ou non, de son bon temps. Associer les procédés de M. Scribe aux velléités shakspeariennes, c'était une idée malheureuse, que ne pouvait sauver du naufrage ni l'ingéniosité des détails, ni les recher-
ÉPAVES AGADÉHIQUES 293
ches historiques, ni les figures plaintives des Jeanne Seymour et des Anne Boleyn^ ni la physionomie formidable de ce Barbe-Bleue schismatique et couronné, qui mit Thérésie au service de' ses passions furieuses, et de [qui une femme sen* timentale a dit en guise de- circonstance atténuante : «Henri YIII valait mieux que sa réputation; au moins, quand il n'aimait plus une femme, il la tuait. »
Me tuons personne, pas même les femmes que nous n'aimons plus; mais avouons que le passage des deux discours où cette œuvre laborieusement manquée, qui sonne faux d'un bout à Tautre, est signalée comme le titre principal de H. Empis, a révélé un des inconvénients de TËloge académique. Il n'y avait plus là cette différence du plus ou moins, qu'autorisent l'usage et les conditions du genre, mais une contradiction absolue entre le jugement public et l'opinion exprimée par MM. Bar» bier et de Sacy, c'est-à-'dire par un poète satirique et par un gourmet qui fait profession de n'aimer que TexqAis. Ils comptaient dans leur auditoire —
2d4 LE ^^lUCAU D8 LA lf£DIJ«E
peui-éto laém» daos Ias rangs de leurs coUègoes. — des (uiiiqu^' q/xi^ à Vépoque où pariu^eot ces. malbouDeuses Sw fenrniu^ avaknt eu à eu rea-dro ciûoq^te et à. cbef^faov des formulas de po* litesse fma ne pa$,taop affliger ua gialant homma d'aq^vit et de taknt..(iieuxrtài sa sont contentés de.
SQWHM*
11 m!eaftemv4.sûunmti-p<iaH>9 soa9^eat>-*'de.(;hi-^ caner M. de Sacy. Je lui en voulais de m'avQir fait) perdre uiiLefdiBai.i]iu^iaiM de^ma.qiiatcièaie jeuees^e, d'av4Hx: égariéf Jaoséaius au< Sénal^ SaintrCyisaii. à^ la Cour, ejti dft trop réconcilier Catoa a^ec. Césac« Mais qiâ me senaÂt. désarmé par le cbarnaant.disrc<»irs que noua aKona entendu meffdi?. Voilà livrai at^ afiedémiqpe dane* la wmlleure. aeœptiâ^ du mot;, la, fraiM^hkwaJaîenMeiMaate^ la malice oour* toise, la disaidânce formulée sana Jâl ^ saos âmes-* tume». VaulOBité deCetioi^a servant. 4 nétabliit la^ note juste» la.fineese (permise entre iionnêtes geiis<^ le soustenteiàdu ingénieur, et déticaty la piireté ei. rélévation^du; langage- Il n'y a pas>de,{^lus terclblea. malioa qiie.lie3 natfs^elJM. de Saei possède, ee doa^
EBATRS AiG4DÉMIQUSS SfS
d'ingénuité origineUe osk apq^aFmte, qui aigaise si bien les griffes et les épini^es. NousaM^OBflnissoM» pas de trompe^l'œil ou de dupeur â^opcàHes^BneveB réussi que Thonorable acaéémiciaik Quiyié ^n le regarde^ quand on réeonle, on ne se soimentfto» que du pîeux.auimr des prâEaces» etdes é<fitioi» de la Vie déwte et de rÉAtoatio$tdi9'fiUe$. On éreqne les esniiros sourîanileB? -et sévA^es' de* d^rson* ei dt safflt François ds Saies, dé Féndten et cfe sœur An^ gélique. On croit veér le dernier de» Rmnains, rsurriàre^nev«u des Solttovr^s, sortf uarooment 4ë l'ombre d9serète>d'iiiie cellule ou d'un; cloître, pour nous» raq[^l«p les traditiens effircées, les exemples d'austère vertus de mystique sacrifice, de renoncement ans Mena et aux vainité? de ce monde.
On a beeointtPtia efllort pour rentrer dans* ht réà^ lité^ pour mettre d*aeooFA le^paesé'^ et te^ présent, pour riooneiii^ des^cbose» lyaormais'VRiconipaili^ bles^ po«r so! figurer ee ss^e em bi^it brodé, ce^^ stei€iaa4ia«si^im pWe-iBdle.d'^nifermes et oeMkn^ cl]»s épsulès^ cet homme- d^ mesnrs antiques, qin' n'est jamais allé mt q»eeta«de, aetâup luF^mèfne»
dans réternelle comédie. L'autre jour, cet effort, quelquefois pénible, se dédommageait par de précieuses indemnités. Un peu trop personnel peutêtre, parlant en son nom plutôt qu'au nom de TAcadémie, M. de Sacy a mérité et obtenu, en somme, un très-vif succès. 11 s'est fort habilement tiré d'une difficulté qui entrait pour beaucoup dans la curiosité publique : louer M. Barbier à qui il n'avait pas donné sa voix; répondre à Fauteur de T/iofo, au premier détracteur du grand Napoléon, à Thomme qui, d*après les mauvaises langues, n'avait été nommé académicien qu'en l'honneur ou aux dépens du. Corse aux cheveux plais. U a réfuté ces cheveux plats sans platitude; il a pris parti pour la guerre, lui, de physionomie si pacifique, et trouvé une très-jolie variation pour rajeunir la légende fort démodée du bâton de maréchal dans la giberne du conscrit. Soit; c'est sans doute par amour pour cette giberne plébéienneque M. de Sacy a si chaleureusement célébré, au milieu d'un silence de glace, la triste campagne d'Italie, début et prélude de tous nos malheurs. II s'est souvenu que, dans cette guerre, les conscrits
BPAVBS AGADÉHIQUBS S97
avaient été si peu commandés^ qu'ils pouvaient déjà se croire maréchaux ^
K. BHILB OLLIVIBR ▲ L'ACADBMIB FRANÇAISE
*- RiCBPTIOH APOCRTPHB •»
Quelques journaux se sont demandé si M. Emile Ollivier aurait le courage de se présenter devant l'Académie française et le public, en qualité de récipiendaire. D'autres, se croyant mieux informés^ ont annoncé que le nouvel académicien s'ajournait seulement de quelques semaines, parce que son dis-
I. Pauvre M. de Saey t avoir encore tant d'illusions le mardi 17 mai» soixante et on jonrs avant la déclaration de gaerre, quinze •emaines avant le désastre de Sedan, la chute honteuse de son empereur et la fuite de sa chère impératrice ; le tout amené par des bévues autrement graves qiie celles qai signalèrent la campagne d'Italie t Jansénius et Saînt-Gyran lui auront-ils oflTert des consolations suffisantes ? Mystère.
l«'juiUetl871.
S9ft LB &AA8AU SOI UL IkBDUftB
cours n'était pas prêt Rienda tout eelan'ast esact.. Le petit-cousin d'une tante du.fiUeul de E. Pingardi nous a fourni un renseignement que nous donnons pour authentique. Plus timide qu'on ne le supposait, M. Emile Ollivier a prié TAcadémie de lui épargner cette périlleuse épreuve et de consentir à le naaMÙ à hais êkm L'illietit Aaseiidilés m'a pas cru devoir refuser cette faveur au Benjamin académique de MH. Thiers et de Falloux. Mais elle amis pour condition à cette complaisance sans précédent, que Ffiéritier du fauteuil dé Lamartine ferait son discours en vers. La condition a été acceptée de bonne grâce^ et voici ce discours :
Ainsi toiyours ponasés xen de iiQUfeiaix.ora0Mit' Par le flot populaire emportés sans retour, fie.ponnrons-n«Ki Î9na«iii.€Unai'iiEne jant balltta^es^, Jaser l'aiwm-.aftigwAj^f.t.»,
Banc ministériel t j*ai fini ma carrière t... Loin de toi, fianc chéri que je regrette, en vain,, — Regarde t — je Tiens senl m'asseoir sur cette pierrt Qne Clément BuTemois jeta dans mon jardin t.. .
Lors^iie Jfayais couvert de mes phrases profoades Genouilly, Ghevandier, Richard, M4ge et Le Boeuf, La popularité caressait de sas ondes Mes Qieds chaussas de neat
Un jonr, t'en souvient-il ? — nous gardions le silence : On n'entendait, au sein du Corps législatif, Que le bruit des couteaux qui frappaient en cadence Le pupitre plaintif...
Tout à coup des accents inconnus au vulgaire. Du palais enchanté ravirent les échos...
Schneider fut attentif, et la voix qui m'est chôre, — Cest-à-dire ma voix, — laissa tomber ces mots :
« temp«>,swyi«id»,tQii!Vid tEtnoB^ hennae psQfiîMs,.
Bfiinoidi%iBrftle eielt Laisse»sMi aavovrir loi npîdM détisoft
De matkBU(de mki I
> Assii d^Aroaiiens iei^bw voas implora ni..«
Cknrioi daiiB'iMvt Jamm/m Prenez à B^OBOotot l6»viar»q«i«k-déV9»inlK., Oubliez les heureux, qoî^Miit Iw Iftëraux î...
» Btt]ttr»^lili6H4ft^ qmiqiieBi moment» encore^ Et je te fais sortir de- Pdmbni qui lenuit... Paix, bonltour, Bbeilé, jàsilee, votre aurore Va disai|Mr"te màti
300 LE mADBAU DE LA MÉDUSE
» Temps jaloux, se peat-il qae ces moments d'ivresM Où l'empereur m'a fait ministre lonyerain, S'enYolent loin de moi de la même vitesse Qae les jours où j'étais paayre et républicain ?
> Projets de lois, décrets, bulletins, plébiscite, Qae faites-YOos des oui qae voas engloutissez ? Noos rendrez-YOUs ces ooi qui disparaissent rite Quand voos les effacez ?
» Eh quoi 1 n en poarrons-noos fixer au moins la trace T Quoi t passés pour jamais ! quoi 1 pour jamais perdus t La Chambre qui m'aima, la Chambre que j'agace Ne me les rendra plosl...
» Aimons donc ! aimons donc ! Que tout le monde viye t A bas les chassepots yaiocos par les cotons t Bismark n'a pas d'argent, le Rhin n'a pas de riye. U coule, et noos TOtons t... »
Et TOUS, chers Immortels,. tecoeillei mon antienne ! . Vous que le temps épargne, oa qu'il peut rajeunir. Gardez de ces moments, par charité chrétienne. An moins le eouTenir.)
Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes séances. Docte Corps, et dans l'air qu'on respire en ces lieux. Et sur ces vastes fronts marqués, par les sciences Pour les secrets des dieux !
Qu'il soit dans le bon mot qui sourit et qui passe. Et dans le faux toupet qui décore Pingard, Et parmi ce public enchanteur dont la grâce M 'a payé d*un regard !
Que le prix Montyon, que la prose et la rime, Que les bouquins épars le long des parapets.
Que tout ce qu'on écrit. Ton réye ou l'on imprime. Tout me dise : « Olliyier t l'empire, c'est la paix! >
15 octobre 1871