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CHAPITRE II

CARACTÈRES DU RALE DE DÉPLISSEMENT ALVÉOLAIRE

Le ràle de déplissement alvéolaire est une sorte de räle crépitant. Il en présente les caractères fondamentaux, ct risque au premier abord d'être confondu avec lui. Toutefois, il ne lui ressemble pas à tel point qu'un observateur attentif et expérimenté ne puisse le différencier. C'est pourquoi nous ne croyons pouvoir mieux faire pour le décrire que de prendre comme type le ràle crépilant, et de montrer par quels caractères il en diffère.

La date d'apparition du ràle de déplissement ne permettra pas, il est vrai. de le confondre avec le râle crépitant. Celui-ci est un râle de début, tandis que Pautre, au contraire, est un râle de résolution apparaissant après la défervescence. Mais il ne faut pas oublier qu'en clinique, il peut arriver, chez les vieillards notamment, et dans certaines formes frustes, que les signes du début soient à peine marqués. C'est dans ces cas justement que l'auscultation peut seule permettre le diagnostic, et l’on risquerait fort de prendre au premier examen une

pneumonie en voix de se résoudre pour une pneumonie à son début.

Les caractères morphologiques du ràle de déplissement sont cependant assez différents, pour qu'une telle confusion puisse être évitée.

1° Il est superficiel tout d'abord, plus que le ràle crépitant, qui lui, ne présente qu’assez rarement ce caractère, et donne ordinairement l'impression de venir des parties profondes du parenchyme pulmonaire. Le räle de déplissement est au contraire toujours superficiel et très superficiel. 11 semble éclater sous l'oreille au point que l'on pourrait se demander s'il ne se produit pas au niveau de la plèvre, bien que d'ailleurs il n'en soit rien comme nous le verrons plus loin.

2° Comme le räle crépitant il est {rès fin, mais plus encore que lui. Le râle crépitant est en sorte formé de bulles extrêmement ténues et très rapprochées. Mais si rapprochées qu'elles soient, elle ne le sont pas assez pour qu'elles ne donnent la sensation d'être distinctes et séparées par un léger intervalle.

__ Dans le râle de déplissement, au contraire, les bulles sont indistinctes, elles chevauchent entre elles. Et c'est de ce chevauchement que résulte le grincement caractéristique sous lequel on le désigne parfois (Observation I.)

3° Comme le râle crépitant, il est sec, toutefois paraissant plus confluant par intervalle, il semble qu'il perde par là un peu de sa sécheresse.

4° IT est inspiraloire comme le räle crépitant, mais il exige pour se produire des conditions spéciales, tandis que la respiration normale suffit ordinairement à produire

la crépitation du début de la pneumonie ; en auscultant

ne) Le

un pneumonique qui respire normalement, on risque fort de ne jamais entendre le râle de déplissement. IH faut que le malade fasse de violentes inspiralions.

Parfois même ce n’est qu'après quelques secousses de toux, que l'on pourra l'oblenir. Ge caractère est nettement indiqué dans toutes nos observations.

9° Quand il est très marqué et très étendu, quand en un mot il présente une sorte de confluence, on à une sorte de propagalion des ràles, qui évidemment s'entendent en dehors du foyer même où ils se produisent.

6° Le râle de déplissement est'en outre fugace. Nous voulons dire par là, qu'ayant été perçu à un moment donné, il finit par s'éteindre parfois assez rapidement, et peut alors être vainement cherché.

C'est sans doute ce caractère qui lui a permis de passer souvent inaperçu. Lorsque, en effet, il exige pour se manifester de violents efforts respiratoires et des secousses de toux, les premières inspiralions sont couvertes par le grincement caractéristique. Et puis peu à peu le grincement se fait plus faible pour s'étcinäre complètement.

Si alors, à l'aide de nouveaux efforts de toux, on tend à le faire réapparaitre, ce sera déjà plus difficile, et son intensité sera très affaiblie. Bientôt enfin, il sera tout à fait impossible de provoquer son apparition.

En dehors de ces variations immédiates, nous voulons dire à des instants rapprochés, le räle de déplissement présente, au cours de son existence, une intensité généralement décroissante. Dans l'observalion [, qui estune des plus typiques, le ràle existe, dès son apparition, avec une intensité relativement considérable. Tous ses carac-

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