Enlsiehung der Kosmographie, pp
barde', il les considérait, aussi bien que les héllénismes qui auraient pu autoriser le soupçon d'une nationalité grecque, comme un simple résultat de la fréquentation des Grecs et des Lombarda établis à Ravenne. La citation répétée et Taveugle respect des Saintes Ecritures lui paraissaient déceler rengagement de l'auteur dans les ordres sacrés. Il avait ensuite relevé quelques données sur Page auquel il convenait de rapporter la compilation du livre, lequel, bien que rédigé sur des documents qui accusent une date plus ancienne, ne pouvait être rapporté plus haut que le vn^ siècle, puisqu'on y trouve la citation expresse d'Isidore de Séville, mort en 636. L'éditeur avait aussi passé en revue les autorités alléguées par le compilateur, au nombre d'environ quarante, dont plus de moitié sont totalement inconnues par ailleurs, outre que parmi les auteurs connus plusieurs sont cités pour des écrits qui paraissent n*être point parvenus jusqu'à nous ; les citations étant exactes pour le surplus.
Mais ce que Porcheron a surtout, et avec raison, fait remarquer, c'est la liaison intime des nomenclatures géographiques accumulées dans le livre du Ravennate avec les Itinéraires romains et particulièrement avec la Table Peutingérienne; de telle sorte que la majeure partie en serait empruntée à des cartes analogues, auxquelles il faudrait rattacher comme désignation des rédacteurs, quelques-uns des noms d'auteurs invoqués par le compi-
i Du Gange, Glossarium ad scriptores medice et infimœ grœcitatis, cum appendice, Lyon, 1688, 2 vol. in-fo.
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luteur lombard, notamment celui du romain Castorius, qui se trouve le plus souvent allégué à l'occasion de ces nomenclatures.
Jacques Gronov eut le tort de ne pas reconnaître les services rendus par le P. Porcheron dans le travail de publication et d'annotation première de cette Cosmographie barbare, ainsi offerte à l'étude des érudils après un dégrossissement préparatoire et avec la clef véritable au moyen de laquelle on pouvait acquérir une intelligence plus complète des détails de nomenclature qui y sont accumulés. C'est un mérite que d'éveiller l'attention et la controverse sur des questions nouvelles, et les assertions hasardées ont leur prix , à raison des contradictions qu'elles provoquent et des discussions critiques qu'elles amènent.
La publication de ce texte ouvrait à Tinvesiigation une mine jusqu'alors inexploitée, ob l'ouvrier habile saurait reconnaître, au milieu de leur gangue sordide, les éléments précieux qui s'y trouvaient engagés.
Le grand Leibnitz, qui dès 1707 en avait fait entrer quelques extraits dans sa collection des Historiens de Brunswic, ne dédaigna pas d'invoquer au premier rang, dans un traité spécial de l'Origine des Francs, qu'il fit paraître à Hanovre en 1710, Tautoriiédu Géographe Ravennate, ainsi introduit à une place d'honneur dans une polémique savante, où l'on vit bientôt entrer, comme contradicteurs, Nicolas-Jérôme Gundiing, à Halle, et le^ P. Tournemine, à Trévoux '. Leibnitz fit à chacun d'eux
I Mémoires pour l'histoire des Sciences et des Beaux-Arts re-
une réponse, qui fut suivied'une réplique de Gundlîng ». La mort de l'illustre écrivain ne mit pas entièrement fin à cette discussion, où le Ravennaie avait joué un rôle si important : Tarai de Leibnitz, Jean-George Eckhardt, reproduisit à la suite de son édition de la loi SaliqUe, le
cueillis par l'ardre de S. A. S. Mgr. le prince souverain de Bombes. Janvier, 17 16. De rimprimerie de S. A. S. à Trévoux, in-12.
Art. I. — De Origine Francorum disquisitio, par Godefroy- GuiLLAUME, BARON DE Leibnitz, à Hanovre, chez Nicolas Forester, 1710, in-12, page 44 (pp. i-io).
Art. 2. — Réflexions du P, Tournemine, jésuite, sur la dissertation de M. de L'eibnit^, touchant l'origine des Français (pp. io-i5).
I GuNDLiNGiANA, dûHnnen allerhand ^ur Jurisprudenj, Philosophie, Historié, Critic, Litteratur, und ûbrigen Gelehrsamkeit gehôrige Sachen abgehandelt werden.
Le premier volume contient sous une seule pagination (1-604) les. cinq premiers cahiers, plus des tables générales communes.
Le deuxième volume contient sous une seule pagination (1-504) les cahiers 6 à 10, plus les tables.
Drittes Stûck, i-jib.
P. 234 : II. Gedanken ûber des Hernn Baron von Leibnitz Schrifft De Origine Francorum, welche a, 1 715, in 3 Bogen bestehend zu Hannover, in-8, gedrucket werden, pp. 234-273.
Sechstes Stûck, 17 16.
P. 61 : IV. Des Hernn Baron von Leibnitz Antwort auf die wider seinen Tractât De Origine Francorum geihane Erinnerungen, pp. 61-87.
Neuntes Stûck, 1716.
P. 291 : I. Replie auf die von dcm Herrn von Leibnitz geschehene Antwort, De Origine Francorum et legis Salicœ, pp. 291- 36i.
traité de l'Origine des Francs, et la réponse au P. Tournemine, en y joignant ses propres observations à l'appui '; ce qui fut Toccasion d'une réplique du P. de Tournemine à Eckhardt en même temps qu'à Leibnitz'; et plus
' GoDEFRtDi GuiLiELHi Leibniti[ Dg Origine Francorum disquisiiio curis poslerioribus aucta, el annotatiunculis illustrata a Jo. Georg. Eccardo. — (A la suite de) Lege$ Francorum Salies et Ripuariorum opéra e( studio Jo. GeoRGii Eccardi. Francfort et Leipzig, 1710 (in-folo L. e 36).
Notes iTEckhardt.
P. 25a (Pannonia). Ex anonym. Rav. discimus lib. IV, cap. i5...
P. i5i (Geographus ltBvennas).Gecmanushk nationefuit etfralri Odocaro librum suum dedicavit, ut et lib. I cap. :3 palet. Barbaro quidem scribendi génère utiiur, sed sua ex optimis ei maximam partem, si Jordanem excipias, deperditis libris excerpsïl, ut adeo magno nobis in pretio sit habendus, Accuratiorem illum orbis noiitiam habuisse prœterea hiec ejus sub finem lîbri 1 exstantia indi-
cant ; « -. Et ab initie ejusdem libri dicit se compellatum
a fratre, ut per palladinas imagines vel dclïneationes nundum itidicet, non quidem ut hoc prxslet omnem se peragralum esse orbera ; attamen • mullorum philosophorum relegisse libros. ... descriptus sit ». Q.use etiam in médium profert, optime conveniunt cum alîis ejusdem aevi authorïbus, ut vel Porctieroni annotationes palefaciutil. Quando igitur ejus authoritas reiicitur, contraria eidem senlentia non conjecturis, sed valîdis ai^umentis confîrmanda est. Nec nostris in rébus invenio qus censuram mereanlur nisi quod Danîam et Daciam subinde confudisse videalur.
' P. î6i ; God. Guil, Leibniiii Responsio ad ea qua; R. P. Tourneminius S. J. libellude Origine Francorum upposuerat, lingua gallica con&cripto.
î Le Journal des Sçavans du Lundy 5 Janvier MDCCXXII, Paris, I7ÎÎ, in-4''.
tard Jean-Léonard Frisch, en rappelant cette savante querelle, reprenait le passage tant discuté du Ravennate, pour tenter à son tour Texplication philologique des noms obscurs et mutilés contenus dans ce texte informe. Dans. tout cela, Pépoque assignée par le premier éditeur à la compilation du Ravennate n'avait pas un instant été mise en question. Acceptée sans conteste dès Porigine par les critiques le plus en renom, le diploma\iste Thierri Ruinart, Parchéologue Philippe de la Forre ', le géo-
Pages 14-16 : Lett. du P. de Tournemine, Jésuite^ à M"*, où il répond aux objections de M. de Leibnitz et à M. Eccard.
Si j'avais eu la nouvelle Edition des Loix saliques, j'aurais eu l'honneur de vous envoyer quelques remarques sur les réponses que M. de Leibnitz et M. Eccard ont faites aux réflexions que j'avais
publiées dans les mémoires de Trévoux aussitôt que vous eûtes
donné dans le Journal de Paris, du lundi 3o juin 172 1, l'extrait impartial 4e ces réponses.
Le passage du Géographe anonyme de Ravenne n'est pas plus décisif en faveur de M. de Leibnitz. En vérité, c'est un misérable auteur ; j'ai^néanmoins mieux aimé l'expliquer que le rejeter.
» Monumenta veteris Antii, hoc est inscriptio M. Aquilii et tabula Solis Mithrœ..., accedunt Dissertationes de Beleno et aliis quibusdam Aquileiensium Dits et de Colonia Forojuliensi, auctore Phi- Lippo A FuRRE ex eadem civitate Forojulio, etc., Romae, 1700 (40 J. II 19).
De Colonia Forojuliensi Dissertatio altéra (pp. 322 à 382).
P. 374. Anonymus Ravennas, quem ante duodecim annos publici juris fecit Placidus Porcheron, e congregatione parisiensi S. Mauri, notisque illustravit, lib. IV, pp. 2o3 et 2o5 post Aquilejam reponit Forojulium. Scripsit hic ^uctor Geographiam suam a sexto ad septimum saeculum, ut conjicit illustrîs idem editor.
graphe Christophe Keller, le chronologiste Antoine Pagi ', à la suite desquels nous pouvons nommer encore, parmi les célébrités de ce temps, Juste Fontanini *, François Bianchini et Jean-Antoine Orsato ^ elle semblait consacrée en quelque sorte par une adhésion générale.
L'ancien récollet Rémi Oudin4, de Mézières, sousbibliothécaire de Leyde, qui avait pris à son abjuration
« Critica historico^hronologica in universos Annales ecclesiasticos Em. et Rev. Cœsaris Cardinalis studio et cura R. P. Francisci Pagi. Anvers, lyoS, 4 vol. in-fol. Tome II ( '4^^). Anno Jesu Christi 534 (PP* 55o-552). IV. Bellum Vandalicum hoc anno absolutum. Procopius, lib. II, de Bello Vandal., cap. V. His addo Geographum Anonymum Ravennatem qui circa sseculum VII vixit et nuper a Porcherono Benedicto doctissimo in lucem emissus est lib! I, num. III, tradere
a JusTi Fontanini, de Antiquitatibus Hortœ Coloniœ Etruscorum libri duo. Rome, 1708, (40 K ^V'\ Lii>» h c^P- IIÏ> % V, pp. 64, 65.
Sicut vero in Oriente variae erant Pentapoles, quas Geographi norunt, eodem pacto in Italia non una Pentapolis, ex posterions œvi scriptoribus erui posse videtur. Ab Anonymo Ravennate, lib. IV Geographiae (p. 1 99), Pentapolis ad mare Adriaticum memoratur, sed verbis tam barbare confusis ut crucem fixerint ejus editori Placido Porcheronio.
3 Marmi eruditi ovvero Lettere sopra alcune antiche Inscri:{ioni,
opéra postuma del conte Sertorio Orsato Padoue, in-40 (J.
II 17). Colle Annotazioni del P. D. Gian Antonio Orsato, monaco Benedittino Casinense, Nepote delP Autore. Annotazioni sopra la lettera settima (pp. 159 à 173).
4 Casimir Oudin (Rémi), de Mézières, prémontré, s'est fait protestant en 1690; mort en septembre 17 17. Il était d'un caractère violent et haineux.
le hom de Casimir, fut le premier qui souleva expressément, bien que d'une manière incidente, des doutes sérieux sur Tâge présumé par Porcheron. A propos du Paradis Terrestre, l'écrivain barbare a cité dans ses premières pages, employées à une exposition générale de la situation des contrées de la terre, un livre apocryphe mis sous le nom de saint Athanase, et ce livre a fait le sujet d'une dissertation spéciale de Casimir Oudin, dans laquelle il établit que ce même ouvrage, oCi il est fait mention des Francs en Palestine, et qui est dès lors, à ses yeux, nécessairement postérieur aux premières croisades, n'a même dû être écritqu'au commencement du xive siècle, sous le jG^ patriarche d'Alexandrie, du nom d'Athanase, qui siégea de i3o2 à iSog ou i3to; un chapitre de cette dissertation fut expressément destiné à relever en conséquence Terreur de Porcheron sur Tâge de son manuscrit et sur l'époque de la composition de l'ouvrage qui y est contenu.
Oudin revint encore sur le même sujet dans une dissertation ultérieure relative aux antiquités Constantinopolitaines de Banduri, et ici encore il consacra un chapitre presque, entier à montrer que le Géographe Ravennate ne pouvait être antérieur au xiv« siècle.
Ces deux dissertations font partie d'une Triade, formant un volume in-S» publié à Leyde en 1717. Il fit réimprimer la dernière en entier dans le second volume de son traité des anciens écrivains ecclésiastiques, publié à Leipzig en 1722; quant à la précédente, il l'avait fondue
en majeure partie dans Tarticle de saint Athanase, qui se trouve au premier volume '.
» Casiuiri Oumm Trias Dissertationum criticarum. Leyde, 171 7, in-80 (Bibl. Maz., 2767 A.).
Dissertât io secunda, de Quœstionibus ad Antiochum principem in Scripturam Sacrant, quœ sub sancti Athanasii Alexandriœ Archiepiscopi nomine in operibus illius impressis omnibus circumferuntur (pp. 73 à 1 35).
Casimiri Oudini. Dissertât io de Collectaneo seu Collectione Anti' quitatufn Constantinopolitanarum Domini Anselmi Bandurii (nouvelle pagination).
P. 52. Juxta itaque recti sensus régulas ante annum MCXLAnonymus Ravennatensis scribere non potuit.
P. 53. At Athanasius ille Alexandriœ Archiepiscopus quem
allegat libro I, no 6, adhuc longe recentiorest saeculo XII ad ann.
Christi 1 252 et 1262 unde Anonymus Rav neque esse potest
saeculo XIV antiquior (54) Niceph. Greg. lib. VII, cap. I, Athanasii hujus meminit ab anno i3o2 ad i3o9 vel i3io.
Casimiri Oudini. Commentarius de Scriptoribus Ecclesia^ antiquis illorumque scriptis. Leipzig, 1722, 3 vol. in-folo Q. 16, i-3.
Tome I. Dissertatio de Operibus S, Athanasio attributis (coll. 325 à 390). Col. -355 : XVII. Quaestiones ad Antiochum,- ex vetere et novo testamento CXXXVI, et responsiones totidem. Col. 357 : XVIII. Dicta et interprctationes parabolarum Sancti Evangelii, cum aliis XX quaestionibus.
Tome II. Dissertatio singularis de Collectaneo seu Collectione Anselmi Bandurii quae Imperium Orientis inscribitur. (Coll. 886 à 925). Caput Octavum. (Coll. 914 à 920). Guido Ravenatensis presbyter. (Coll. 11 36 à 11 39). Quaestiones illas circa annum iioo
conscriptas fuisse liquide apparet has ergo quaestiones si sta-
tuimus annis 3o vel 40 aniiquiores Guidone qui eas allegat, Guidonem circa annum 3o vel 40 saeculi XII vixisse ac floruisse consequens erit, contra Porcheronum qui saeculo VIII et Volaterranum ac Vossium qui anno 886 perperam affigunt.
Mais arrivé aux écrivains du xii^ siècle, il consacra, sous Tannée ii3o, un article spécial au prêtre Gui de Ravenne, Guido Ravennatensis presbyter, que Gérard- Jean Vossius avait signalé dans son traité des Historiens latins, d'abord comme nous ayant laissé une relation de la Guerre des Goths en Italie (vantée aussi par Coccio Sabellico, Jérôme Rossi et beaucoup d'autres) ' ; puis,
ï Rapsodie historiarum Enneadum Maru Antonii G>ccii Sabel-
Lici ab orbe condito in annum usque salutis nostrce j5o4 m
œdibus Ascensianis ad Mus februarias anni ad calculum romanum, i5iy. In-folio (G. 796).
(FoK i53, recto de la 2e partie) : Enneadis VIII liber tertius. (Belli Gothici scriptores).
Fuit bellum quod pro Italiae Jibertate cum Gothis est in ipsa Italia gestum..... tam insigne et memorabile et ob eam rem fortasse plures reperti sunt qui de eo accuratius scripserant. Procopius
Cssariensis qui in Belisarii castris medicinam exercuît, Guido
Ravennas, Leonardus Arctinus, Blondus Forliviensis, etc
-^ Dell' historia di Casa Monaldesca, d\ Alfonso Cecca- RELLi DA BEVAGiiA libri cinque. In Ascoli, i58o, 40 K. io83.
P. 216. ..,fc Guido prête da Ravenna in suis chronicis
— Anton. Possevini Mantuani societ, Jesu Apparatus sacer. Cologne, 1608, 2 vol. in-fol.(^* \^)«
Tome I, p. 6g6. Guido Ravennas presbyter Romanorum Ponti- -ficum vitas scripsit.
Vivebat anno 886.
— Nuclei historiœ universalis, cum sacrœ tum prophanœ
ad dies annosque relatœ auctarium per Rev. P. F. Gabrielem
BucELiNUM. Ord. Divi. P. Benedicti.
Augustae Vindelicorum, i658, in- 120 (G. 1384). P. 348. Rerum Italicarum scriptores.
Anno Christi 880. Guido Ravennas, Historiam scripsit de bello Gothico,
d'après Raphaël Maffei de Volterre, comme ayant écrit 600 ans avant celui-ci, c'est-à-dire au ik« siècle, une Histoire des Papes; et enfin, d'après Antoine Ferrari de
— Chronicon chronicorum ecclesiastico-politicum ex hujus
super iorisque œtatis scriptoribus concinnatum collectore Johanne
GuALTARio Belga (Grûter), 2 vol. in-80, Francfort, 16 14. G. 1 353-54, etc.
Lib. II, p. 1004. Anno Domini 900, Guido Ravennas presbyter, scripsit historiam pontificum, et de Bello Gothoram.
— Catalogus Auctorum qui librorum Catalogos, indices, bibliothecas, virorum litteratorum Elogia, vitas aut orationes scrip' tis consignarunt : Ab Antonio Teisserio uno e 26 Acad. reg. Nemausensis adornatus.
Genève. 1686, 40 Q. 287.
P. 1 15. « Guido Ravennas presbyier, romanorum pontificum vitas scripsit. »
— De Scriptoribus non ecclesiasticis grœcis, latinis, itaiicis Jacobî Gaddii. Florence, 1648, in-folo Q. 2 5.
P. 202. « Guido Ravennas presbyter..... dignus videtur inter historicos minime vulgares aut contemptibiles numerari. Si quidem historiam Pontif. conscripsit, et historiam de Bello Gothorum, quam uti accuratam Sabellicus in Enn. 8 commendat.
Floruit Guido ante convolutum omnino saeculum nonum a velata nostri reparatoris divinitate.
— Dialogus de patriis illustrium doctrina et scriptis
virorum autore Joanne Andréa Quenstedt. Wittebergae, 1654,
in-40, p. i83.
Italia (pp. 269-394). Ravenna (pp. 333-334)-
P. 334 (claruit a. G. 880)... Guidonem, presbyterum, dictum a patria Ravennatem., qui scripsit historiam de bello Gothorum. Volaterranus initio lib. 22 eidem attribuit Historiam Pontificum. Vixit temporibus Imp. Caroli Crassi.
Galatina, comme auteur d'une Description de VltalieK Sans plus de fondement, sans autre témoignage plus explicite, Oudin déclarait Gui de Ravenne auteur de la Géographie de TOrbe terrestre publiée comme Anonyme par le P. Porcheron ; mais, attendu que Je Pseudo-Athanase, allégué dans ce dernier livre, doit être rapporté à Tannée iioo environ, il s'ensuit nécessairement que Gui a dû vivre et fleurir vers 1 1 3o ou 1 140, contre l'opinion de Porcheron qui le met au vu« siècle, et contre celle de Vossius ou du Volaterran qui le rapportent à Pannée 886.
On voit que Oudin lui-même flottait entre plusieurs dates, du xii^ au xiv«= siècle.
L'identité prétendue de Gui de Ravenne avec l'auteur de la Cosmographie Anonyme mise au jour par Porcheron, allait être l'objet d'une affirmation moins dénuée d'appui que la simple énonciation d'Oudin. Nous avons déjà dit que Muratori avait reconnu de notables fragments de cette Cosmographie dans un manuscrit Ambrosien intitulé du nom de Gui de Ravenne, et l'avait signalé en 1726 dans un* des vplumes de sa grande collection.
L'année suivante parut, en tête du tome X de ce pré-
I Antonii Galatei Liciensis philosophi et medici doctissimi qui aetate magni Pontani vixit, Liber de situ Japygœ.
Bâle, i558, petit iii-80 (Bib. Maz., 28625).
P. 37 Ob quam rem ego si quae ex Guidone quodam Raven-
nate, qui medii temporis fuit, quique de urbibus Italiae scripsit, ut erant illius tempore referam, non me peccasse existimes. '
cieux recueil, une dissertation anonyme bien connue sur ritalie du moyen âge et sur la géographie générale du même temps, qu'on sait être l'œuvre du bénédictin Jean- Gaspard Beretta (et non Beretti comme on Ta écrit trop souvent), professeur à Pavie, avec l'aide de Donat Silya», Tactif promoteur de la publication de Muratori, où leur commun travail est inséré. Dans cette dissertation étendue, un article eut pour objet de déterminer le nom et Tàge de Tanonyme de Ra venue. Flavio Biondo de Forli, mort en 1 458, avait cité dans son Italie illustrée un prêtre de RavenneappeléGui, lequel énonçait, d'après un auteur nommé Iginius, que l'Italie avait eu autrefois jusqu'à sept cents villes : or, Iginius est précisément un des auteurs allégués par le Cosmographe Ravennate, et celui-ci déclare aussi, d'autre part, que certains écrivains avaient attribué à l'Italie plus de sept cents villes *. Le Cosmographe Anonyme devait donc, au jugement de Beretta, être luimême ce Gui de Ravenne qu'on savait par ailleurs avoir écrit, au déclin du ix« siècle, une Histoire des Papes.
La citation, dans la Cosmographie, du livre apocryphe mis sous le nom d'Athanase, n'impliquait pas, aux yeux
1 Silva (Donat), né en 1690 à Milan, mort le 2 juin 1779.
2 Blondi Flavii Forliviensis Italia illustrât a sive lustrât a
Cnam uterque titulus doctis placetj in regiones seu provincias divisa XVIII (avec le reste de ses Œuvres). Bâle, i559, f» (Bibl. Maz., 5719).
P. 295. Quanta autem sit facta locorum mutatio, hinc etiam apparet quod Iginius, qui de urbibus Italiae scripsit, et eum secutus Guido presbyter Ravennas, prodidere sepiingentas fuisse Italiae civitates.
du dissertateur, un argument contre cette date, puisque le nom de Francs qui y est attribué aux Latins en Orient, et que Ton a regardé comme un résultat des Croisades, était d'un usage beaucoup plus ancien chez les Grecs.
Toutefois, comme il nous a été conservé, dans un petit traité descriptif de la lapygie^ du médecin Antoine de Ferrari de Galatina, publié en i558, plusieurs passages sur les villes d'Italie directement empruntés à Gui de Ravenne, et que ces passages ne se retrouvent pas dans la publication de Porcheron, il faut bien reconnaître qu'au lieu de l'ouvrage entier de Gui, il ne nous en serait parvenu qu'une édition mutilée et corrompue, un abrégé^ de la façon de quelque scribe ignorant '.
L'opinion ainsi formulée par Beretta eut beaucoup plus de retentissement que n'en avait eu celle de Casimir
I MuRATORi, Rerum Italicarum scriptores, tome X, in-fol., Milan, 1727.
De Italia Medii œi^i Dissertatio Chorographica
Isagoge ad Geographiam Universalem ejusdem aevi antiquioribus originibus intermixtis. Auctore Anonymo Mediolanensi regio Ticini lectore (P. Beretti Benedictino).
De Tabula chorographica medii œvi,
Sectio II (pp. IX à xv) (3). Anonymi Ravennatis nomen et aetas detegitur (Gui de R, ixe siècle) ; haec non recte demonstrata ex Quaestionibus Pseudo-Athanasii quas laudat.... : an Joannes Antiochenus
harum auctor (qui anno 1096 floruit) : latini omnes a Graecis
Franci vocati (4) Codex Porcheronius non Germanus nec integer,
sed mutilus et corruptus et in epitomen ab imperito redactus; ... (5)
De eodem viridocti judicium hic nunc adauctum : et quis ille (6
Ob Chorographos inconsultos vicosque pro urbibus captos adhuc infelix Anonymi Italia, infeliciterque notata :
fe
ri.
Oudin. Le célèbre Scipion Maffei exalta particulièrement, dans ses Osserva\toni letterarie, le mérite de la Dissertation du savant bénédictin ^ et d'autre part le docte Wesseling dans la préface de son édition si rçnômmée r{ ' des anciens Itinéraires romains, Fabricius dans sa Biblio-
thèque latine du moyen âge^ Schœpflin dans son Alsace illustrée?, et bien d'autres se rangèrent au même avis 4. Avant de connaître la dissertation de Beretta, dont Inexistence seulement lui avait été révélée par les Annonces de Leipzig, Eckhardt était rentré dans la lice pour maintenir, contre les conclusions d'Oudin, la date du vii« siècle antérieurement assignée à la Cosmographie anonyme. 11 reconnaissait, à la vérité, que le livre du Pseudo-Aihanase n'avait probablement été rédigé que dans l'intervalle de 1 229 à 1 244, ou peut-être même un peu plus tard, sous l'impression encore subsistante des faits de cette époque ; mais il repoussait en même temps toute solidarité entre
1 François Scipion Maffei. Osset-vatçioni letterarie che possono servira di continua^ione al Giornal degli Letteratti d'Italia. Verona, 1737 et suiv., in-12 y^' ^^J. Tome I, art. III. Rerum italicarum scriptores (pp. 7g à 121).
2 Bibliotheca ecclesiastica cum notis editoris Aub, Mirœi
auctarium... cura Jo. Alb. Fabricii, SS. Theol. Doct. Hamburg,
1718, in-folo (^- '^)
? Alsatia illustrata Celtica Romana Francica ; auctor Jo. Daniel ScHŒPFLiNus. Colmariae, 1731, in-fol», tome I, p. 570.
Lib. II, Sectio VI, § ccxxxi (Civitas Aurélia Àquensis).
4 Le Comte Carli, 1743.
Ginanni, 1769.
Schœll, 181 5.
cet écrit et la Cosmographie du Ravennate, où la citation du livre apocryphe des Questions lui paraissait une interpolation évidente. Faisant ressortir en divers endroits du texte des inconnexités matérielles choquantes entre des phrases juxtaposées, il en concluait une interversion dans l'ordre des feuillets désunis d'un exemplaire original délabré, peut-être lacéré, dont la restitution aurait ensuite été hasardée par un copiste maladroit, qui aurait probablement ajouté de son chef la citation du Pseudo- Athanase.
Celle-ci écartée, Isidore de Séville, mort en 634, devient Fauteur cité le plus récent entre ceux qu'on connaît ou dont on peut retrouver ailleurs quelque trace, et parmi lesquels Eckhardt comprend aussi Castorius, Marcellus, et Maximus mentionnés dans les lettres de saint Grégoire le Grand, qui lui-même est mort en 604. De plus, tous les indices historiques fournis par le texte accusent un état de choses antérieur au milieu du vii« siècle; et enfin le style barbare du livre confirme cette appréciation de l'âge de l'auteur, dont la nationalité gothique se reconnaît en même temps à divers signes.
Sans avoir abordé directement la question de Tidentîté énoncée par Oudin et soutenue par Beretta, de Gui de Ravenne avec l'auteur primitif de la Cosmographie anonyme publiée par Porcheron, le petit mémoire d'Eckhardt [Commentatiuncula, comme il l'avait intitulé) ^ ren-
» Commentarii de rébus Franciœ Orientalis et Episcopatus Wirceburgensis,,,, auctore Joanne Georgio ab Eckhardt. Wûrtzbourg. 1729, 2 vol. in-folo M. 75. A,
versait implicitement cette hypothèse, qui devait être contredite d'une manière péremptoire par un nouveau critique. Le médecin Jean Astruc, de Montpellier, professeur au Ck)llège de France, qui avait conçu le projet, abandonne plus tard, d'une Histoire naturelle du Languedoc, avait composé, pour en faire partie, divers mémoires de Géographie, de Physique et de Littérature, dont il se décida à former un recueil séparé, qu^il publia en 1787 en un volume in-40. Dans la première section, comprenant les Mémoires de Géographie, se trouvent deux chapitres consacrés à l'Anonyme de Ravenne et à ses descriptions de la Bourgogne et de la Septimanie : il y est d'abord traité, dans un premier article, du nom et de Tâge de ce Géographe.
Aucun des passages de Gui, rapportés par Antoine Ferrari de Galatina, ne se retrouvant dans la Cosmographie anonyme, on avait bien été forcé de reconnaître que celle-ci n'est point l'œuvre même à laquelle ils avaient été empruntés ; et rindication de Flavio Biondo, répétée aussi parLéandre Alberti ', est le seul argument réel, bien léger
Tome I, p. I. Liber primus de Origine Francorum et migrationibus eorumdem in terras Hermundurorum quorum etiam fata attinguntur. III, p. 902. XIV. De Anonymo Ravennate ejusque State comfnentatiuncula.
' F. Leandri âlberti Bononiensis Descriptio totius Italice
interprète Guilielho Kyriandro HiENiNGENO, Colonise. 1 567, in-fol».
Italia (in génère), p. 2. iElianus auctor affirmât olim in Italia MCLXVJ urbes exstitisse : Guido presbyter Ravennas ex Iginio, qui de urbibus Italiae scripsit, ejus temporibus septingentas fuisse perhibet.
et bien peu concluant, qui puisse être invoqué pour attribuer à l'anonyme le nom de Gui de Ravenne. Il y a lieu de remarquer, au contraire, que Gui appartient au ix^ siècle, tandisque la Cosmographie qu'on veut lui attribuer porte en elle-même la preuve qu'elle est antérieure à rinvasion des Sarrasins en Occident, et qu'elle doit prendre en conséquence son rang chronologique dans le vue siècle, comme l'avait jugé Porcheron. C'est déjà beaucoup que d'excuser l'ignorance d'un auteur barbare de cet âge sur Pétendue de la conquête franke à la gauche du Rhin ; mais pour Gui de Ravenne, contemporain de Charlemagne ou de ses premiers successeurs, une telle ignorance eût été impossible.
Cependant, une objection sérieuse à cette détermination résultait de la citation, par l'Anonyme, du livre du Pseudo-Athanase, qui porte lui-même Tempreinte du ix^ et peut-être du xii^ siècle; mais cette citation semblait à Astruc mal encadrée dans le discours de notre Cosmographe, et pouvoir être regardée comme une interpolation de quelque copiste ultérieur.
Les conclusions d' Astruc, si rapprochées de celles d'Eckhardt qu'on peut s'étonner de ne trouver aucune mention du critique allemand dans le travail du savant languedocien, furent accueillies favorablement dans le monde littéraire, et conservèrent longtemps après lui des prosélytes. Elles étaient suivies encore par le docte Jean- Christophe Gatterer dans un Mémoire sur les Sarmates ',
» Comment ationes Societatis Regice Scientiarum Gottingensis ad a., 1795-98. — Volumen XIII.
lu à la Société royale de Gœttingue le 2 1 novembre i jgS. 11 semble qu^elles fussent les seules connues de Nicolas Buache, lorsqu'en 1 801, le 12 octobre, il entretenait Tlnstitut de ridée qu'il avait eue, dès 1 773, de faire sur un exemplaire de la Table Peuiingérienne une application graphique comparative des Itinéraires romains et des Nomenclatures du Ravennate, et signalait les avantages qu'il déclarait avoir trouvés dans ce procédé pour Péclaircissemént mutuel dès documents ainsi rapprochés sous une forme synoptique '. De son côté, le célèbre auteur du Mithridates, Jean-Christophe Adelung, en dressant en 1802, sous le titre de Directorium^ la liste chronologique
Gottingen, 1799, in-4°, R. 12 16, H. 6.
Praefatio.
Index commentationura voluminis XIII.
Commentationes physicœ, pp. 3-12 3.
— mathematicae, pp. 3-119.
— histohcae et philologicae, pp. 3-182.
Commentationes S..R. Se. Gott. tom. XIII classis historis et
philosophiae. Ad a. 1795 et 1796.
Pages 79-137. An Prussorum, Litanuorum ceterorumque populorum celticorum originem a Sarmatis liceat repetere? Joh. Christoph. Gattereri disquisitio. Commentatio quarta eaque ultima : Sarmatae Europaei post Ptolemaeum, et orti ex iis Lettoncs. (Lu à la Soci'.'té Royale Scientifique, à l'assemblée du 21 novembre 1795).
' Mémoires de VInstitut National des Sciences et des Arts, Sciences morales et politiques, tome V, in-40, Paris, an. XII.
Pages 53-62. Observations sur la carte itinéraire des Romains, appelée communément carte de Peutinger, et sur la Géographie de l'Anonyme de Ravenne, par le citoyen Buache, lu le 22 Brumaire, an X.
et critique des auteurs originaux où se trouvent les sources de rhistoire pour la Saxe Méridionale, y inscrivait l'Anonyme de Ravenne sous l'année 660, en se référant d'ailleurs à Astruc.
Bien plus tard encore, le baron Walckenaer suivait aussi purement et simplement l'opinion d' Astruc, dans une courte notice sur Gui de Ravenne, qu'il insérait en 18 17 dans la Biographie universelle de Michaud, et qu'il reproduisait en i83o dans ses Vies de plusieurs personnages célèbres des temps anciens et modernes^ sans correction même des fautes typographiques, lesquelles ont été religieusement copiées une fois de plus par le rédacteur d'un nouvel article de quelques lignes imprimé en i858 dans une Biographie générale fort répandue.
En somme, la thèse d'Eckhardt et d'Astruc était, après la contradiction d'Oudin et de Beretta, un simple retour aux énonciations primitives de Porcheron, à savoir : que l'auteur de la Cosmographie était resté anonyme, qu'il était natif de Ravenne, et qu'il écrivait au vii« siècle. Aussi le Père Martin Bouquet, en insérant au premier volume du grand Recueil des Historiens des Gaules et de la France, publié en 1 73 s, un extrait de cette même cosmographie, se borna-t-il à rappeler dans une note, comme plausiblement établies, les conclusions de Porcheron à cet égard'. Et le Père Antoine-Félix Matiei,
' Recueil des Historiens des Gaules et de la France, tome I, par D. Martin Bouq.uet, Paris, 17 38, in-folo.
Pages 119 à 122. Ex Cosmographia Ravennatis Anonymi.
"Ji'
auteur de la Sardinia sacra, trouvait de son côté, dans les dates connues soit de la destruction de certaines villes d'Italie, soit de Tédification de certaines autres, les unes inscrites encore, celles-ci omises dans les nomenclatures du Ravennate, de nouveaux arguments pour maintenir l'attribution chronologique au vii« siècle, de là rédaction de cette œuvre barbare ' ; et c'est l'âge que continuèrent
raj Hujus auctorem Cosmographis D. Placidus Porcheron, qui eum primus publicavit, Anonymum Ravennatem appellat, quia et nomen ejus îgnotum et Ravennae natus est. Idem asserit probatque, non contemnendis argumentis, hune auctorem saeculo septimo floruisse, sed Galliae descriptiones mutuatum esse ab Athanarido aliisque, qui ipsis Franciae monarchiae principiis scribebant. Anonymi nostri aspera, barbara et inculta dictio : locorum nomina in recto nonnunquam, saepius in flexis casibus exponit, id quod forsitan ex eo est ortum, quod scriptores quibus utebatur, milliaria supputaverint.
' Sardinia sacra, seu de Episcopis Sardis Historia nunc primo
confecta a F. Antonio Felice Matth^ejo, minorita conventuali
Rome, 1761, in-fol. K. 262.
Pages 114 à 116 (longue note de 2 pages, in-fol 0).
Note 7. Anonymus Ravennas de Sardiniae civitatibus agit, lib. V Geographiae De hujus auctoris aetate très sunt doctissimorum
hominum sententiae. Nam Pater P. Porcheronius existimat
floruisse saeculo VII, quam opinionem probant Pagius et alii plures. G. Oudinus, tome II, saec. XII (col. i36), ac saeculo XI, (col. 916), anno ii3o vel 1140, vixisse et Guidonem presbyterum
vocatum esse dicit. Auctor vero (Beretta) Guidonem presb.
appel lat saec. IX scripsisse contendit Porcheronii sententiam
veritati propensiorem existimare caepi....^ Anon. Rav. ne verbum quidem habet de urbibus Ficoclensi (Cervia), Comaclensi, et Fervariensi. Accedit Anonymum Ravennatem multarum meminisse urbium quae longe ante saeculum IX eversae jam fuerant
de lui assigner quelques écrivains ultérieurs, tels que le Père Jean Andrès dans son grand ouvrage de V Origine des progrès et de Vétat actuel de tous les genres de littérature, et le com e Grâberg de Hemsô dans une petite Histoire de la Géographie d'un mérite réel, publiée en 1802 dans ses Annales de Géographie et de Statistique, le premier en le tenant pour anonyme, le second en admettant qu'il pouvait porter le nom de Gui.
Cependant la question n'était pas restée station naire. Les arguments d'Astruc avaient, il est vrai, frappé Wesseling au point de le détacher de lopinion de Beretta, à laquelle il s'était d'abord rangé ; mais il ne les avait néanmoins pas considérés comme décisifs sur tous les points, et il projetait d'écrire lui-même à ce sujet une dissertation spéciale, que toutefois il renonça bientôt à rédiger, et dont il s'est contenté de communiquer le plan à Jacques-Philippe d'Orville, dans une lettre datée d'Utrecht le i^r juin i/BS, servant de préface à sa Diatribe des Archontes des Juifs.
Il voulait d abord montrer l'inanité menteuse de toutes les citations de tant d'auteurs inconnus sans cesse allégués par le Cosmographe Ravennate et parmi lesquels les noms de Penthesileus et Marpesius, d'Hylas et de PyrithoQs, suffisaient à dénoncer une imposture flagrante. Il devait ensuite tirer de la nomenclature géographique des bords du Rhin et de la citation du pseudo-Athanase, la constatation d'une date postérieure au ix^ siècle pour la rédaction de ce livre; puis enfin il serait arrivé, après un examen comparatif approfondi, à conclure comme
Astruc que Gui de Ravenne et le Cosmographe anonyme n'avaient rien de commun qu'une même patrie.
L'autorité du nom de Wesseling suffit à entraîner désormais dans cette nouvelle voie la généralité des érudits : Chrétien Schœttgen, le continuateur de Fabricius, en sa Bibliothèque latine du moyen âge, Jœcher dans son Dictionnaire universel des gens de lettres ', Christophe Saxe dans son Onomasticon littéraire ^ se sont bornés au rôle de simples rapporteurs; et peut-êire Sprengel en son Histoire des principales découvertes géographiques n'a-t-il pas prétendu à un rang plus élevé, non plus que Bernhardy en son Esquisse de la littérature romaine; de son côté Scheyb, dans la Dissertation préliminaire jointe à sa magnifique reproduction en facrsimile de la
' Allgemeine Gelehrten Lexicon, herausgegeben von Christian GoTTLiEB JocHER. Lcipzig, lySo, 4 vol. in-40 ( * 5 B )