‹ Le Ravennate et son exposé cosmographiqueChapitre 9 sur 10 · Tome II, col. 1266 Peter Wesseling in dedicatione Disserta · texte numérisé non relu

Tome II, col. 1266 Peter Wesseling in dedicatione Disserta

tionis de Archontibus Judaeorum hâlt diesen Guido von dem Anonymo Ravennate, dem Verfasser der Géographie, fur unterschieden.

2 Christophi Saxii Onomasticon literarium sive nomenclator historico-criticus, ïn-So, P. 481, 6, A. 2. Utrecht, 1777.

Pars secunda, pp. i36-i37. Saeculi X principibus.

Porro in consilium -vocatur Cl. P. Wesselingius m Praef. ad

Antonini Itinerarium, quo loco secundum auctorem Dissertationis Chorographicœ Italiœ medii œvi, p. 10, eumdem esse plitat'atque Guidonem Ravennatem, mox vero repudiata hac sententia Astrucium secutus, eumdem a Guidone Ravennate diversum esse existimat, in prœf. Dissert, de Judœorum Archontibus. Addatur ovnnmo ^chœttgenius ad Fabric. Bibl. Med, Act., tome VI, pp. i5i-i6o. Exordium Geographi Ravennatis emendare conatus est C. A. Heumannus, in Pœcile, tome I, 1. II, p. 217. -

carte Peutingérîenne', n'avait parlé du Raveiinate qu'en se référant à la sentence du maître. Maïs Tiraboschi développait avec une grande verve l'accusation d'ignorance barbare et de mensonge énoncée par Wesseling ; Ginguené devenait à son tour l'écho de Tiraboschi *, et Daunou renouvelait, en les précisant davantage, les anathèmes de Tiraboschi et de Ginguené.

Au milieu de ce concert de dénigrement que ne pouvait interrompre rindulgente modération de Sainte-Croix, il s'était pourtant élevé une voix qui protestait : dans un ouvrage dont le mérite n'est pas contesté malgré les taches que l'auteur n*eut pas le loisir de faire disparaître par une révision ultérieure, et que n'ont effacées non plus ni les traducteurs étrangers ni les réviseurs posthumes, Malte- Brun le père, en son Histoire de la Géographie, parue

1 Peutingeriana Tabula Itineraria a Fr. Chr. de Scheyb,

Vindobonae, 1753.

Dissertatio de Tabula Peutingeriana. '

P. 28 hinc merito et jure in eamdem censuram incurrerem

qua Wesselingiusin eumdem Ravennatem animadvertit ; dum illum ad fraudem obtegendam hominem aptissimum, Geographorum et Scriptorum qui nunquam nati suni, commentatorem, imo inventorem esse ait, simulque existimat, libros illius geographicos ex Tabiila Peutingeriana vel aliis ejus generis chartis excerptos, iisdemque Geographiam suam quasi ex auctoribus, a se undique fictis comportatam esse et concinnatam.

2 Histoire littéraire d'Italie, par P.-L. Ginguené; 2e édition. Paris, 1824, in-80, Z. 173.

Tome I, cap. 11 : Etat des lettres en Italie sous les rois Goths, sous les Lombards; sous Tempire de Charlemagne et de ses descendants, etc , pp. 37 à 127.

en 1810, n'avait pascraim de défendrelavéracitédu Géographe de Ravenne contre la prévention de Wesseling ■.

1 Un exemple de ces taches non eflac^es encon cîsément dans les dernières lignes àe l'article consacré au Ravennate. Sprengel, que Malle-Brun a souvent pris pour guide, sans le dire peut-être as&ez, avait ^it remarquer, à propos du texte imprîtné de l'Anonyme, que beaucoup des noms géographiques qui y sont accumulés resteront indéchiffrés jusqu'à ce qu'un hasard fosse retrouver l'ouvrage plus consid^rabU dont nous n'avons maintenant qu'un abrégé grossier, mais qu'avait posst'dé entier, vers 1480, l'trudit italien Antonius Gataleus, qui en fit usage et en ins(!ra des extraits dans sa description de la Calabre.

Malte-Brun voulant résumer tout cela sans y ttre préparé par une étude suffisante du sujet, et confondant le texte imprimé de l'Anonyme avec les extraits de Gui de Kavenne, conservés par Antoine de Galatina, déclare que ce texte de l'Anonyme, très corrompu, aurait besoin d'une révision, et il ajoute que {pp. 356-357) " d'ailleurs nous n'en avons qu'un extrait fait avec peu de soin par un italien du quatorzième siècle, Galaleus, qui probablement a puisé dans le grand ouvrage de l'Anonyme une partie de la description qu'il a publiée de la Calabre ».

Les nombreux réviseurs posthumes de l'œuvre de Malte-Brun n'ont rien changé à cette phrase ; Evraid-Auguste-GuïUaume Zimmermann l'a scrupuleusement transportée dans sa version allemande, et Forbiger, à son tour, s'est laissé entraîner par l'indication fidèlement erronée de Zimmermann.

L'histoire littéraire fourmille d'exemples de cette érudition de seconde marn qui propage et consacre sans examen des erreurs créées par l'inadvertance d'un premiei compilateur, distrait ou trop

Un jour sans doute le Itls de Malle-Brun remplira le pieux devoir de donner une iditîon sévèrement expurgée du beau livre que son père n'eut le temps ni de revoir, ni d'achever.

Douze ans après, un autre champion d'une haute valeur vint mettre dans la balance Tautorité de son nom en faveur de la même thèse. L'Académie de Munich ayant résolu de publier une nouvelle édition de la Table Peutingérîenne avec les cuivres de Scheyb itérativement collationnés sur le monument original, ce fut le docie Conrad Mannert à qui elle confia le soin d'y faire une introduction, laquelle porte la date de 1821, et contient un appendice de quatre pages, spécialement consacré au Géographe de Ravenne.

Le savant professeur, qui, autrefois, à l'exemple de Wesseling, avait jugé le Rayennate coupable d'avoir forgé des nomenclatures géographiques de fantaisie et des auteurs imaginaires, afin de s'appuyer sur leur apocryphe autorité, Mannert vint rétracter hautement ses anciennes opinions sur ce point, reconnaissant désormais dans le compilateur barbare un homme qui avait beaucoup lu, et qui avait eu réellement à sa portée des écrivains du ve et du vie siècle aujourd'hui perdus, à Tégard desquels on devait le supposer aussi véridique qu'il Test en effet dans la citation des œuvres que nous possédons encore. Quant à son âge, il faut le rapporter au ix^ siècle, attendu, entre autres indices significatifs, qu'il donne à l'ancienne voie Emilienne la dénomination déchaussée impériale, qui ne peut dater que du règne de Charlemagne. Mais il a puisé les éléments de son livre à des sources d'époques très diverses, en sorte que ce serait pour tout nouvel éditeur une obligation essentielle que de faire l'attribution distinctive, à chaque pays, de l'époque et de la source à

laquelle appartiennent les notions qui s'y rapponent, et parfois des époques et des sources multiples qui ont fourni les notions rassemblées sur un seul pays. Mannen lui-même esquisse, dans un aperçu rapide, les indications les plus saillantes suivant lesquelles doit s'accomplir cet indispensable triage '.

La diffusion du livre de Malte-Brun et l'autorité plus grave du nom de Mannert relevèrent dans l'opinion la valeur de la Cosmographie anonyme; Cooley dans son Histoire des Découvertes maritimes et continentales, Baehr dans son Histoire de la littérature t

I CoNRADus MsNNEBT, DeGeofi-rapfioflai'enna/e, Landshuii, 1821. Hominem insipidum esse, de eoquidem constat; de mendace reiracio senientiam, quum appareat multse leclionis fuisse virum, et ad manus habuisse vii, vi'i seculi scriptores nobis depiirditos. Ravenns natum — de nomine parum liquet — seculo iX adjungendum esse ccnaeo... Imperialis Estratœ, anliquara viam jEmiliam in Caroli

... Insuper plures... qus ctincta nomina fiera pucavi olim nec tamen amplius puto, quod in alïis nobis notis Ravennatem inveni veridicum, et quod confusas quas de Germanorum, Sarmatorum

populis affert notiones aliunde haurire non poluit Itaque pers-

picuum est de studiis bene mereri suscipienlem hujus editionem curatîorem, qux non dko sj9ten:ia operis eruat, nullum enim adest systema auctori, sed quœ cuivia eiposïta; regioni œvum ei conveniens désignât, nunliel quoque ubi longe diveiao sevo tribuenda in eddem regione, repugnaniia sibi invieem, pro diversitate auctorum quoE secutus esr, juxta se ponaniur ; qutE emendet vîtiata nomina, quantum emcndari possunt, in uno verbo, qux curalius evolvat a me rudiore modo indicata magis quam cxposila.

' Bsnii. Enfin nous mentionnerons l'écrit du Géographe de Ravenne De Géographie seu Chorographia. L'auteur, qui d'après une

Forbiger dans Tlntroduction historique de son Manuel de la Géographie ancienne \ ne laissent percer aucun doute sur la véracité du Ravennate. Eckermann a fait davantage : dans une notice soigneusement élaborée sur la Table Peutingérienne, insérée dans la Grande Ency-

conjecture, a dû se nommer Gui, écrivait au ixe siècle ; son ouvrage, divisé en cinq livres, oflFre, après une introduction à la Géographie, une description de TAsie, de l'Afrique et de TEurope consistant pour la plupart en simples listes de noms, puis une sorte de périple; il est tiré de sources anciennes, la plupart perdues, surtout des Itinéraires, avec lesquels il a principalement beaucoup de ressemblance ; il semble ne pas être entier et fréquemment mutilé ; il a à la vérité quelque prix par le nombre des écrivains employés, mais il perd beaucoup par la grande corruption du texte, aussi bien que par la mise ensemble sans critique, le défaut d'ordre et de documents aussi bien que par un langage barbare.

ï Forbiger. Accessoirement je mentionnerai ici une semblable Géographie qui appartient à un âge beaucoup plus tardif, et dont on ne trouve aucune citation dans le texte même de mon livre. C'est l'écrit du géographe Ravennate de Geographia sive Chorographia, qui provient du ix* siècle, et qui, à la vérité, par la quantité par lui alléguées et pour la plupart à nous entièrement inconnues de sources même Egyptiennes, Africaines et Gothiques, offre un mérite particulier et contient une très intéressante, au total, quoique seulement généiale, description du monde connu au viiie siècle, qui peut grandement contribuer notamment à l'intelligence de la table Peutingérienne, attendu que l'auteur a eu incontestablement devant lui, en composant son ouvrage, une carte très ressemblante à cellelà. Dans le défaut dominant d'ordre et de critique et la grande corruption du texte, il ne peut cependant être utilisé que comme un grossier aperçu, particulièrement attendu que nous n'avons pas l'original même, mais seulement un extrait médiocre et négligé fait par un Italien du xiv* siècle, nommé Galateus.

clopédie de Ersch et Gruber, il a, comme Mannert, consacré quelques pages spéciales à l'Anonyme, en insistant plus que n'avait fait Mannert lui-même, sur la parfaite créance que mérite l'écrivain barbare quant à la citation des sources oti il a puisé, et sur l'estime à faire de celles-ci, notamment de Çastorius, d'après les témoignages du compilateur'.

Sur ces entrefaites, la question prit tout à coup un nouvel essor par la haute valeur qui fut attribuée à un manuscrit du xu' siècle appartenant originairement à l'ancien hôpital de Saint-Nicolas de Cuss sur la Moselle, passé ensuite aux mains des Jésuites d'Anvers, puis enân

I AUgemeine Encyklopâdie der Wissensehaften und Kûnste. — Driue section O-Z. loe'Theil Peutinger-Pfiizer. Leipzig, 1845, in-4''.

Peulingeriana tabula, pp, 14 à ^4. Eckerkann,

3i. Col. 2 : So leuchtet ein, dasser in das 9 Jahrhundert gehOrt, vie auch Mannert entschieden hal. ([ntrod. C. 41).

3z. Col. I : die von ihm benutzten goihi Schriftstelter in ihrer Muttersprache schrieben. . . er ausdrOi:klich berichtet dass Arsacius und Afrodisianus in griechische Sprache des Orient beschrieben haben... Geon et Rîsi,.. in welcher Sprache wissen wir nicht. Schon ist bemerkt worden dass viele Gelehrten gegiaubt haben aile diess Namen wSren erdichtet um den Schein gelehrter Belesenheit davon zutragen, Allein worauf stûtzt sich dies harte Urlheil '<

Col. I : Es wQrde nicht schwer sein, die Inconsequïnz dièses Beweises darzuthun... Çastorius, welchen Mannert... wie i&hicus Cl Honorius... einen gelehrten Commentor ûber die Tafel gesehrieben, Oder auch eine wollst^ndigere und jedenfalls bessere Copie dcrselben als wir besitzen, verfalt.

'i'i. C. ï ; Untersuchen wir zuletzt wie der Orbis pictus des Cnstorius bcschaffen war.

entré, avec les livres des Boliandistes, dans la Bibliothèque royale de Bruxelles^ et sur lequel l'attention des érudits avait été appelée par George-Henri Pertz à ce que nous dit Reiffenberg, ou par Œhler comme Tînsinue Eckermann», ou par Bethmann suivant que l'affirme catégoriquement Bock.

Ce volume de 1 69 feuillets petit in-folio, en parchemin, orné de miniatures et de cartes, est intitulé du nom de Gui (Incipit prologus libri Guidonis compositi de variis historiis pro diversis utilitatibus lectori proventuris) et il est daté de Tannée 11 19, indiction XII. Décrit sommairement en 1839 dans les Archives de la Société pour la connaissance de V ancienne histoire allemande, de Pertz*, puis, en 1842, dans le Catalogue des Manuscrits de la Bibliothèque royale des ducs de Bourgogne de François-Joseph-Ferdinand Marchai, où le vieux

' Allgemeine Encyklopàdie der Wissenschaften ûnd Kûnste,

Peutingerîana tabula. Eckermann [op. cit., supra].

P. 34. Col. I : Doch scheint es, als soUe die gelehrte Welt in dieser Ralhlosigkeit nicht ferner verharren, da D. Œhler in Belgien Handschriften des Anonymus gefunden hat, welch^ von unsern Texten in vielen Stûcken ganz bedeutend abweichen sollen, und sieherlich in der neuen Edition der rômischen Geographen, welche D. Glâser in Breslau vorbereitet, nicht unbenutzt bleiben werden.

2 Archiv der Gesellschaft fur altère deutsche Geschichtskunde (op. cit., p. 10). G. H. Pertz, p. 640, Wer der Verfasser Guido sei, wird sich vielleicht spâter bestimmen lassen; unten den in Fabricii bibliotheca N. A. aufgcfûhrten ist er wohl nicht. Vorn steht folgende Inschrift des 16 Jahrliunderts : liber hospitalis S. Nicolai quem dédit Dominus Jo. Jutus (oder Iticus) canonicus et cantor ccclesiae cardonensis cujus anima requiescat in pace.

compilateur est désigné sous rappeitatioo de Gui le Pi~ san, il fui, en 1843, l'objet d'une communication plus développée du baron de Reiffenbei^ à l'Académie de Bruxelles, imprimée dans les Bulletins de cette compagnie, et tirée à pan à l'adresse de Schoenemann, le docte bibliothécaire de WolfenbQttel '.

Cet écrit, dont l'auteur voulut bien faire parvenir un exemplaire à l'humble rédacteur de ces pages, fut l'occasion d'une correspondance où l'iniérét du zélé conservateur éiait appelé sur la question de savoir si le manuscrit ide Bruxelles ne renfermait pas, comme certains indices le donnaient à soupçonner, la cosmographie perdue de Gui de Ravenne; mais il y eut sans doute méprise sur la portée réelle de cette interrogation, et le véritable point à éclaircir ne fut pa* même abordé.

L'explication arriva d'autre part à quelque temps de là. Un studieux a>iepte de la Géographie des divers âges, An loi ne-GuilIau me- Bernard Schayes, conservateur du Musée des Antiquités à Bruxelles, communiqua à son tour, en 1 845, à l'Académie Belge, le résultat d'un examen plus attentif du i.i*er Guidonis , dont i\ annonça le projet de publier les parties inédites ou différentes desédiiionsvnlgates. Le volume ne lui paraissait pas pouvoirétre attribué loutentierà un seul auteur; mais il contient plusieurs frag-

! Bulletin de Bruxelles, 1843, t. X, 1" partie. Reiffenëeho. W U I'. Sîi à 545 : En analysant dernièrement le recueil de Gui, elt...

t !■ I'- 4O8 à 4Sî : Encore un Ms. de Thôpiial de Saint-Nicolas de

J- II. P. 75 à 82 : Avant de quitter le Ms. de Cuss....

ments d'une Cosmographie qui est bien Tœuvre de Gui deRavenne, notamment une desonpiion de Tltalie répondant à celle dont Antonius Gaiateus (Antoine Ferrari De Galatina) avait fait, au xv^ siècle, diverses citations sous ce nom. Le savant belge trouvait dans le texte de Gui la preuve qu'il dut composer son livre entre 668, date de la prise de Brindes et de Tarente par Romuald, duc de Bénévent, et 698, époque de réversion définitive de Carthage; tandis que le Cosmographe ravennate anonyme, copiste et abréviateur barbare de Gui pour quelques parties, a donné place dans son œuvre à des additions qui accusent un âge postérieur au moins de deux siècles, probablement de quatre'. Et le docte Joachim Lelewel, dans sa Géographie du Moyen Age, publiée à Bruxelles en i852, a pleinement adopté les conclusions de Schayes.

Cependant elles avaient été, dans l'intervalle, contredites à Bruxelles même, dans un travail critique sur le Liber Guidonis, développé dans- une série de quatre lettres à Louis Bethmann, signées de C. P. Bock et datées du dernier décembre i85o : travail critique plus étendu que tous les précédents, et qui témoigne d'une étude très attentive du nouvel élément introduit dans la discussion.

Le manuscrit appartient paléographiquement à une époque beaucoup plus récente, à son avis, que la date de II 19 qui y est inscrite et qui est incontestablement

I Bulletin de Bruxelles. Tome XII. 2. pp. y 3 à 84. Schayes.

celle de la composition du recueil, comme la mention de certains faits historiques concourt d'ailleurs à le démontrer : c.ir, bien que la table générale mise à la suite du prologue et qui répartit en six livres l'ensemble de la compilation soit probablementdueau copiste plutôtqu'au compilateur', le manuscrit en son entier n'en forme pas

> Annuaire de la Bibliothèque royale de Belgique, par le conservateur Baron de REiFfEKBERG, 5< année, Bruxelles et Leipzig, 1S44,

petit in-8». Guidonis liber tx vanis historiis fondé par feu le

Baron de Reiffenberg, continué tout la direction de M. L. Alvin,

conservateur.

ne année, Bruxelles, Leipzig ei Gand, i85:, petit in-80. (Acquisition 31119).

Pages 41 à 211 : Lettres à M. L. Bethmann sur un Mss. de la Bibliothèque de Bourgogne, intiluli Liber Guidonis. Le jour de Saint-Sylvesire, i85o. C. P. Bock.

Lettre I, pp. 43-68; lettre II, pp. fig-iK ; lettre IH, pp. ii3-[6o; lettre IV, pp. i6i-i04.

P. 46 ; Le texte de Porcheron a besoin de rectification» innombrables et pourra être complété en beaucoup d'endroits à l'aide du Mss. de Bruxelles.

Pages 44, 48, 49 : Le miliésime de 1 1 19 est la date de l'œuvre originale de Gui, mais le Ms, est une copie plus tardive.

P. 49 : L'auteur commence par une description de l'Italie correspondant à celle du iv< livre de Porcheron.

P. 5o ; Les deux écrivains ont eu sous les yeux deux traductions différentes d'un même ouvrage écrit en grec; le texte de Porcheron est un abrt'gé de l'ensemble; celui de Gui donne des extraits plus complets de quelques parties répondant aux IV* et V* livres avec des inversions et des additions empruntées à Solin et à Diacre.

P. 57 : Bethmann a publié une portion de chronique de Gui.

P. 96 i L'idée gibeline perce dans toute l'ceuvre de Gui,

moins un seul tout recueilli d'après un seul et même ordre d'idées, à savoir Tunion intime des intérêts temporels de ritalie avec ceux de la cause impériale opposée à la suprématie absolue de la papauté dans la grande lutte vulgarisée sous les appellations de Gibelins et de Guelfes.

Pertz, ou Bethmann sous son nom, en insérant dans le grand recueil des Monuments historiques de la Ger^ manie un extrait chronologique puisé dans le Manuscrit de Bruxelles, conjecture que Tauteur pourrait être un moine du Mont Cassin, du nom de Gui, mentionné par Pierre Diacre parmi les personnages recommandables de celte abbaye ' ; mais Bock, frappé comme l'avait déjà été

P. 124 : Gui était de Pise.

P. i5i : Bethmann (Pertz, V. 63) le croit moine du Mont-Cassin...

P. i53 : Plusieurs Gui pisans à cette époque; le nôtre était sans doute un Gui, notaire royal, ou peut-être un Gui diacre.

Pages 162, i63, 164 : La dénomination de Gui de Ravenne doit disparaître de l'histoire littéraire. Gui a transcrit servilement le passage du Ravennate sur sa ville natale.

P. i65 : Il était sujet grec.

P. 177 : On a accusé VAnonyme d'avoir forgé ses autorités ; mais Mannert et Eckermann Pont suffisamment défendu ; idée de l'œuvre de Castorius, suivant Eckermann.

I Monumenta Germaniœ historica... edidit G. H. Pertz, tome VII. — Scriptorum tomus V. — Hannoverae, 1844, in-fo M.

Pages 63 à 65. Regum et imperatorum Catalogi.

2) Chronicon a Guidone Langobardo (V. Pétri Diacr. de Viris illustrib. c. 41) fortasse monacho Casinensi, historiae Heinrici IV auctore, ineunte seculo XII conscriptum, quod in Codice regio Bruxellensi,anno 1 1 19, in membrano exarato evolvi (Archiv. VII, 537, 538). Guido librum suum ab orbe condito inchoat, imperatores romanos

Marchandes indices répétés qu'offre lacompilatioo entière, de la nationaJîté pisane du rédacteur, passe en rerue les divers personnages du même nom qui figurent vers ce temps dans les chroniques et les documents relatif à Pise, et il choisit comme répondant le mieux aux conditions du problème le diacre Gui, célébré dans le poème de Laurent de Vérone sur la conquête de Majorque par les Pisans de 1 1 1 3 à 1 1 1 5. Et sans s*inquiéter autrement des sources qui ont fourni à Thistoire littéraire Tappellation de Gui de Ravenne, Bock suppose qu'elle n''a d^autre fondement que la transcription servile, par Gui de Pise, d^un passage où le Cosmographe anonyme dont il a pris les extraits révèle lui-même sa nationalité ravennate ; d'où il conclut magistralement que cène dénomination de Gui de Ravenne doit disparaître de l'histoire littéraire'.

Comparés au texte publié par Porcheron, les extraits de la Cosmographie ravennate, encadrés dans la compilation de Gui de Pise, donnent lieu de reconnaître que les deux versions reproduisent un même original sous deux aspects très distincts : d'un côté, c'est un abrégé barbare de Tensemble, de l'autre côté, ce sont des extraits détachés d'une rédaction plus étendue et plus élégante. Mais la différence de langage pour certaines phrases corn-

et reges Langobardorum usque ad Heinricum IV imperatorem recense!, et catalogum antiquum, ejus quem S. S. tome III, p. 873, dcdi ditiorem fontem, ante oculos habuisse videtur. Scripsit Heinrico y imperium lenente.

I Lettres à Bethmann^ C. P. Bock (op. cit., pp. 41, 42).

fe^

munes aux deux textes constatent d'une manière évidente que ce sont en réalité deux traductions diverses d'un même texte originairement écrit en grec, ainsi que le montrent assez les grécismes dès longtemps remarqués dans quelques locutions et dans la forme de certains mots.

Cet original grec avait dû être écrit entre la date de la prise de Brindes et de Tarente par le duc lombard Romuald, et celle où Ravenne perdit, en rentrant sous Tobédience de Rome, Téclat de l'immunité pontificale dont I

Tavait décorée Tempereur, c'est-à-dire entre les années 66y et 670. Les indices postérieurs qui se peuvent remarquer dans le texte publié par Porcheron, comme par exemple la désignation de la voie Emilienne par la dénomination de Chaussée Impériale^, ne se trouvent pas dans les extraits reproduits par Gui de Pise, et doivent être considérés comme des interpolations de Tabréviateur, postérieurement au ix« siècle.

Telles sont, en résumé, les conclusions développées avec beaucoup d'érudition et d'habileté dans les lettres de Bock à Bethmann, et qui ont eu dans leurs points fondamentaux l'assentiment d'un autre perspicace scrutateur de l'Anonyme Ravennate.

Théodore Mommsen, qui déjà, dans son étude des pierres milliaires de la basse Italie et des voies romaines de ces provinces, avait eu occasion d'apprécier l'intime rapport de la Cosmographie ravennate avec la table Peu-

I Imperialis estrata et non estratuSy comme le dit par inadvertance Bock.

tingérienne, présenta à la classe de philologie et d'histoire de la Société royale saxonne des Sciences de Leipzig, dans sa séancedu r5 février i85i, un essai de restitution,

en cette partie, d'après le texte de la Cosmographie, de la carte consultée par l'écrivain barbare, afin de déterminer ce qu'avait dû être cette carte, quelles connaissances possédait par ailleurs notre Cosmographe, et dans quelles conditions s'était formée l'œuvre qu'il nous a transmise.

L'aperçu général de ladislribuiion horaire des contrées '

terrestres lui semble démontrer que la carte consultée devait élre orbiculaire, et non réirécie en une longue bande comme la table .Peutingérienne : elle offrait les dimensions relatives des trois parties du monde connu, et les situations mutuelles des lieux, plus des indications explicatives inscrites sur divers points; en somme, c'était probablement quelque dérivation remaniée de l'ancien Orbis pict us d'Auguste; et le Ravennate avait dû tirer de son propre fonds ou puiser ailleurs les notions applicables à un état de choses plus récent, notamment en ce qui concerne les contrées barbares.

Le nouveau critique reconnaît avec Bock que le Liber Guidants est l'œuvre d'un Pisan, et qu'il faut rapporter à |

la fois à un original grec commun soit les extraits de Cos- |

mographie transcrits dans ce livre, soit le texte publié I

par Porcheron ; mais ces deux versions offrent entre f

elles, dans la forme et dans le fond, des différences no- i

tables, de l'examen desquelles on est autorisé à conclure '

que ni Tune ni l'autre ne représentent exactement l'ori- J

ginal, et que celle de Porcheron, moins altérée, conserve

rempreinte d'un état de choses plus ancien, tandis que celle du Pisan laisse apercevoir diverses traces de remaniements ultérieurs : ces remaniements eux-mêmes semblent provenir d'une source grecque; en sorte que le savant danois est ainsi conduit à admettre l'existence de quatre textes distincts, savoir : une première composition grecque, la version latine de celle-ci contenue dans Tédition de Porcheron, une seconde recension grecque retouchée et amplifiée, enfin une version latine de cette dernière, dont nous ne connaissons que les extraits conservés dans la compilation de Gui de Pise, où Blondus et Gala-teus ont puisé à leur tour les citations qu'ils ont mises sous le nom de Gui de Ravenne.

L'âge relatif des 4eux recensions ne détermine pas indispensablement Tordre successif de leurs versions latines : on peut juger que l'original grec a dû être écrit à Ravenne vers la fin du vue siècle, peu après l'établissement des Bulgares au sud du Danube en 678. La difficulté chronologiqiie tirée de la citation du pseudo-Athanase est sans valeur, dès qu'on reconnaît, avec les Bénédictins, que les plus anciens manuscrits grecs du livre cité n'ofifrent pas les traces alléguées d'un âge postérieur à saint Athanase ; et pour les quelques indices de l'époque carlovingienne qui se rencontrent dans le texte latin de I Porcheron, on peut les considérer comme des additions

, expresses du traducteur, ou comme des annotations mar-

ginales interpolées dans le texte par les copistes. La h deuxième recension, exempte de ces nouveautés, a dû

[ être écrite en grec peu de temps après la première, à Ra-

venne ou à Tareme, puis traiiuite en latin peut-être vers le même temps que la première, au ix^ siècle, et réduite en extraits en 1119 dans la compilation de Gui de Pise.

Quant aus sources de l'ouvrage, il faut séparer en deux classes très distinctes les autorités alléguées à ce litre par le Bavennate : dans Tune il faut ranger tous ces prétendus savants romains, grecs, macédoniens, goihs, etc., inconnus de tous, ces noms Bctifs derrière lesquels il cache sa pauvreté, réduite à de perpétuels emprunts à un seul et même fonds, la carte romaine qui a fourni ses nomenclatures : les amazones Penthésilée et Marphise, transformées en philosophes masculins descripteurs de la Colchide, trahissent ouvertement ces puériles inventions. L'autre classe est celle des auteurs connus grecs et latins, à r^ard desquels l'exactitude des citations est constatée. Le noyau de la Cosmographie du Ravennate est donc formé des notions tirées d'une carte romaine du in^ siècle, et autour desquelles il a groupé les lumières recueillies d'écrivains plus récents d'âges très divers; gardant sur des faits contemporains un silence étrange qui ne peut s'expliquer autrement que par l'emploi de documents surannés.

La campagne ouverte en 1738 par Wesseling contre la véracité du Ravennate, poursuivie avec tadt de verve par Tiraboschi et ses adhérents, arrêtée dans ses progrès par la résistance de Mannert et d'Eckermann, et nouvellement reprise par Mommsen, allait être de nouveau poussée plus vivement que jamaispar un autre champion, le chevalier Jean-Baptiste de Rossi, dans des Observations

critiques sur le Cosmographe Ravennate et les anciens géographes cités par lui, mémoire lu à T Académie romaine d'Archéologie, le 22 janvier i85 2 '. Comme Wesseling et Mommsen, il s'attaquait d'abord aux noms suspects de Penthesileus et de Marpesius, d'Hylas et de Pirithoûs; mais il avait découvert d'autres points vulnérables : pour lui, Arbition et Lollien, Probinus et Marcellus, n'étaient pas des inconnus, et le Cosmographe avait eu juste motif de les accoupler ainsi constamment deux à deux; car ces prétendus savants romaihs, ce sont en réalité des consuls : Arbition et Lollien les consuls ordinaires de Tan 355, Probinus et Marcellus les consuls ordinaires de Tannée 341. Ces nouveaux exemples de fraude patente doivent, à son avis, ôter toute foi en des citations qui, même pour des écrivains connus tels que Porphyre et Jamblique, sont pareillement forgées à plaisir, puisque jamais ils n'écrivirent de Cosmographie; et s'il y a dans la description de quelques pays d'Europe certaines données qui semblent accuser une autre origine que la carte romaine, c'est que le Ravennate aura eu entre les mains un exemplaire modernisé de celle-ci; car c'est là réellement la source unique oti il a puisé, et qu'il s'est étudié à nous tenir cachée.

Charles Mûller, dans un article rempli d'ingénieux

I Sopra il Cosmografo Ravenyiate e gli antichi geografi citati da lui osserva^ioni critiche del cav. G. B. de Rossi. Memoria letta alla Pontificia Accademia Romana di Archeologia, il 22 Gennaio i852. — Roma, Tipografia délie Belle Arti i852 (in-80 de 2 f. 1/4). Estraita dal Giornale ArcadicOj tomo CXXIV (pp. 3-32),

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aperçus, inséré en 1857 sous le mot Itinéraires dans le Complément de l'Encyclopédie moderne, publié par Firmin Didot, est venu adoucirla rigueur de ce jugement du docte italien, en admettant que par simplicité plutôt que par fraude TAnonyme de Ravenne a transformé en géographes les consuls dont les noms étaient inscrits^ pour en marquer la date, sur les cartes qu^il consultait et qui avaient probablement pour auteurs, d'une part Castorius dont le nom accompagne toujours ceux d'Arbîtion et de ^ Lollien, d-'autre part Maximus toujours désigné en tiers avec Probinus et Marcellus. La table peutingérienne, comme il le montre par de curieux rapprochements, serait dérivée elle-même de la carte portant la date consulaire de 341, et le rapport intime de la Cosmographie ravennate avec la table de Peutinger se trouve ainsi naturellement expliqué.

Des conclusions analogues sont indiquées dans un mémoire spécial de Gustave Parthey sur VEgypte d'après la Géographie de Ravenne^ lu à F Académie de Berlinle 18 mars i858, comme un prélude à l'édition entière de la Cosmographie qu'il prépare en collaboration avec

Maurice Pinder; dans leur commune pensée, la qualité de consul, reconnue appartenir à Arbition et Lollien, est loin d'exclure la possibilité que les travaux géographiques officiels exécutés sous leur consulat aient été justement désignés par leur nom; et pour être en droit de considérer comme une fable oiseuse tant de citations précises de la part du Ravennate, il faudrait d'abord que la fraude fût mise hors de doute au moyen de preuves plus solides ;

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mieux vaut s'en tenir à l'idée de Porcheron ; que les auteurs cités, qui nous sont aujourd'hui inconnus, ont péri dans rincendie de la Bibliothèque de Ravenne arrivé à la ^ fin du vue siècle '.

Les hypothèses interprétatives de Mûller et de Parthey ont ainsi ouvert une voie d'indulgente justice^ dans laquelle un nouveau scrutateur de Toeuvre du Ravennate est entré en dernier lieu, dans une thèse spéciale ayant pour objet ^ la Gaulé décrite par V Anonyme, M. Alfred Jacobs, dont le travail a été signalé avec éloges à la Société de Géographie par M. Alfred Maury, n'a pas borné son étude aux seuls fragments quHl voulait commenter et mettre sous nos yeux dans une construction graphique; il a de plus consacré quelques pages d'introduction à un coup d œil général sur Tensemble du livre ; et cherchant une application plus large des circonstances atténuantes admises par Mûller dans l'appréciation de la part réelle de culpabilité dont ne peut être entièrement absous le Ravennate, il lui semble trouver dans l'hypothèse d'une carte ornée de figures et de légendes explicatives comme la mappemonde de Hereford, une explication naturelle des noms introduits comme à l'aventure dans Tœuvre du compilateur : une légende consacrée aux Amazones aura offert les noms de Penthésilée et de Marphise; une inscription relative à la sortie des Hébreux de la terre d'Egypte aura pu contenir le nom du roi Cenchres, désigrié à ce propos

' JEgypten beim Geographen von Ravenna, von G. Parthey, gelesen am i8 marz i858.

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par Eusèbe; et peut-être quelque indication , mal comprise ou mal lue aura-t-elle paru donner celui de Blantasis.

Mais, pour la Gaule, les noms des Goths Athanaride et Eldebalde s'appliquent à des sources réelles d'information, en dehors de la carte romaine qiji se laisse apercevoir sous le nom de Castorius. Quant à cette carte même, le nouveau dissertateur croit reconnaître à différents indices, notamment à quelques doubles emplois dans la désignation d^un même lieu placé à l'intersection de diverses routes, la preuve que les nomenclatures chorographiques du Ravennate ont dû être prises d'une table itinéraire analogue à celle de Peutinger, et non, comme Pavait pensé Mommsen, à un planisphère régulier, tel que VOrbis jfictus dont le type remontait à Auguste.

M. Jacobs n admet pas non plus l'idée mise par Bock et appuyée de Tadhésion motivée de Mommsen que la Cosmographie anonyme d'une part, et les extraits insérés dans le Liber Guidonis d'autre part, appartiennent à deux versions provenues d'un même original grec : la Cosmographie, dont la rédaction ne peut être antérieure au ix« siècle, lui paraît porter la trace évidente d'un emprunt direct à la carte romaine, sans préjudice d'autres sources latines, grecques et lombardes; et les extraits conservés dans le Liber Guidonis représentent seulement, à ses yeux, une recension plus correcte et plus développée faite après coup d'après un exemplaire, peut-être moins corrompu, du texte anonyme.

Tel est le point où sont arrivées jusqu a ce jour les

études publiées sur ce petit livre barbare, si diversement / jugé par les érudits qui l'on feuilleté; où Daunou ne voit \ qu'un amas d'inepties recueillies au fond de quelque / cloître fermé à toute raisonetàtouie lumière; tandis que, ^ suivant l'expression enthousiaste de Buache, c'est un ( diiimant brut qu'il faut tailler. La vérité, comme toujours, se rencontrera sans doute dans une appréciation moyenne entre ces exagérations opposées; mais il nous faut attendre, pour la reconnaître, que le dernier mot soit dit par les adeptes qui consacrent leur labeur à élucider plus complètement ce document encore si' imparfaitement connu. M. Guillaume Lejean, endonnantilyadeux ans son travail sur la Gaule de l'Anonyme de Ravenne, a annoncé que ce n'était là qu'un extrait d'une étude plus complète qu'il prépare sur la géographie de ce compilateur; M. Alfred Jacobs, mis en goût par son premier essai, nous a laissé entrevoir le dessein de ne pas s'en tenir à cet échantillon; M. Gustave Parthey ne nous a donné son mémoire sur l'Egypte du Ravennate qu'à titre d'avant-coureur de la nouvelle édition pour laquelle il s'est associé M. Maurice Pinder, comme pour nous conserver la double garantie de scrupuleuse collation des textes qu'ils nous avaient offerte dans leur édition des Itinéraires romains; enfin M. Charles MuUer est engagé de son côté à comprendre l'Anonyme de Ravenne dans ]:i collection des Petits Géographes, entreprise par les soins de M. Ambroise-Firmin Didot; et le mérite du premier volume nous répond assez de la bauie valeur qu'auront les volumes à venir.

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PorcberoD, comme cétaît namid, rcannnt mîciix Vordontunct extérieure de rœune dont il fot le premier éditeur, et il en distingua tout d*abord ks grandes dÎTÎsionSy dont îl forma cinq lirivs, le premier contenant les prolégomènes ou introduction générale, les trois suivants consacrés tour à tour à l'Asie, TAiriqueet TEurope, et le dernier traitant de la mer et des Iles. Il subdivisa chacun de ces livres en chapitres d'une manière qui n'est pas toujours irréprochable quant au choix des coupures, mais qui repond cependant, pour la majeure partie, aux indications les plus saillantes du texte. Les deux Gronov n'y ont rien changé, non plus que Parthey et Pinder, et il nous faut attendre d'une édition nouvelle le redressement des imperfections de détail qui déparent sous ce rapport celles que nous possédons.

Du reste, annotateur érudit et intelligent de Tœuvre qu'il publiait, Porcheron a borné toutefois sa tâche à des rapprochements géographiques de détail, et les idées d'ensemble de son auteur paraissent lui avoir complètement échappé.

Mais Lelewel, qui a porté dans Tétude des productions géographiques du moyen âge cette généralité de vues sans laquelle il ne peut se former que des amas de notions accumulées et jamais un corps de doctrine, Lelewel n'a

tiunl cjuHtlcm prolcgomcna. .. Amstelodami iô55, in-8o. (Mazarine,

Hu^onis Giotii prulogomcna.

l\ h : (Ihorof^raphicum vetys non editum distinguit Fenos...

\\ lo : Kt scriptor Chorographici non editi : ...

point méconnu Timportance du Géographe de Ravenne, et il a reconstitué à sa manière la Mappemonde de Tauteur barbare. Accordant à la conjecture une part plus grande peut-être que ne Tautorisaient les indices offerts par le texte même qu'il voulait expliquer, Tingénieux polonais pensa d'abord que les douze heures de jour et douze heures de nuit par lesquelles le Ravennate mesure le circuit de la terre, pouvaient représenter le cercle entier des longitudes, où chaque heure compte pour quinze degrés; puis, renonçant à cette illusion, il se prit à croire que les deux séries des douze heures de jour et douze heures de nuit se correspondaient face à face sur deux bandes parallèles, offrant en quelque sorte une double réminiscence des segments consécutifs d'un rouleau itinéraire analogue à la carte Peutingérienne; et dès 18 18, il traçait un tableau figuratif de cet arrangement des contrées terrestres, en l'intitulant : « Geografa Rawannackiego Opis Mieszkanéj pddtuggodzin » (Geographi Ravennatis declaratio habitationum secundum horasj,

Théodore Mommsen avait énoncé des idées plus justes sur la manière dont le Ravennate se représentait Torbe terrestre : le savant danois avait fait ressortir du texte même de son auteur des preuves multipliées que son œuvre était rédigée d'après une mappemonde arrondie, sinon complètement circulaire. Gustave Parthey a pleinement souscrit à cette opinion qu'il a développée dans un mémoire de quelques pages, lu à l'Académie des Sciences de Berlin le 14 mars 1859; et l'habile géographe Henri Kiepert, dont le nom est en si haute estime chez tous les

amis sérieux des coascîendeiises études graphiques, a tenté pour sa pan une représcauiion figurée, à petite échelle, de la Mappemonde orbiculaire du Ravennate, pour être jointe à la nouvelle édition cfui se préparait alors en Allemai^ne '.

■ G. Pa>thet, pp. Gî^-6ii. II ne but pas oublier que le Ravennate a elpoié son système terrestre en un latin si déféctueui et d'une manière li peu claire, i^u'il est souvent difficile de découvrir le sens de ses périodes; pour beaucoup Je passages il fâul même j renoncer tout à fait. Aussi cbacun devrait-il être d'avis que cel inconimode ouvrage ne vaut pas la peine d'une représentation graphique au moins si minutieuse et si soignée que celle que M. Kiepert a exécutée, qui voudrait se souvenir que les enlanls difformes et négliges «ont, de la part de leurs auteurs et de leurs maîtres, l'objet d'un plus grand amour.

P. 617 : Bilommsen a montré que le Cosmographe de Ravenne a écrit d'après une mappemonde circulaire et que ses expressions inarrangées onl eu pour fondement une très claire représentation, telle que la Table Peulingérienne ne pouvait aucunement la lui offrir, en sorte qu'on pourrait généralement, sans difficulté, d'après ses indications, restituer une cane. Ceci est maintenant exécuté sur une feuille dessinée Iris soigneusement par M. Kiepert, laquelle doit accompagner, à une Échelle très réduite, la nouvelle édition du Ravennate. L'exposition des terres est à la vérité assez mal tournée, mais on a besoin seulement^ comme M. Kiepert le remarque, de retourner la Mappemonde entière d'un demi quadrant vers l'ouest; alors on aura un tableau plus lolérable, principalement pour les contrées situées autour de la Méditerranée. Que, cependant, une telle correction hypothétique ne se rencontre point dans le Ranennaie lui-même, cela résulte de ses indications très précises, qui sont ici plus saisissables à l'oeil, et qui nous fournissent un exemple instructif comment au vu' siècle après J.-C.la Mappemonde correcte des anciens Géographes était entièrement obscurcie.

La courtoisie de l'un des éditeurs ayant mis à notre disposition une épreuve de cette curieuse petite carte dès avant la publication du livre qu'elle accopipagne aujourd'hui, un premier coup d'oeil .nous donna lieu de soumettre aussitôt à notre savant correspondant des objections puisées dans une étude, déjà ancienne de notre part, des idées d'ensemble du cosmographe barbare. Quoique nous différions d'opinion avec le docte rédacteur sur Tun des points fondamentaux de sa construction nous n'en considérons pas moins comme très digne d'attention et d'intérêt cet essai de restitution d'une Mappemonde perdue, d'après un texte dont, suivant la remarque de Parthey, il n'est pas toujours possible de démêler le véritable sens.

Disons-le tout de suite, le point de dissidence entre nous, est dans le choix du centre autour duquel est censé se mouvoir le rayon dont l'extrémité parcourt, à l'horizon, les vingt-quatre heures qui mesurent chaque jour le cours apparent du soleil. A défaut d'une désignation expresse de ce point dans le texte du Ravennate, le savant cartographe Berlinois s'est souvenu d'un passage

P. 629 : Evidemment les rayons des 24 secteurs doivent se rapporter à un centre, que M. Kiepert, avec une grande vraisembiance, a placé à Jérusalem.

Le choix de Jérusalem pour centre de la terre paraît ainsi parfaitement justifié; mais nous avons inutilement cherché dans d'autres Géographes une division semblable à la nôtre de la circonférence du limbe terrestre; elle paraît être spécialement propre au Ravennate ou à quelqu'une de ses sources perdues.

d^Ezéchiel qui place Jérusalem au centre des Nations^ déclaration qui devait, en effet, être d'une haute importance pour un écrivain habitué à résoudre les questions de science par l'autorité des Saintes Ecritures : et Kiepert, en conséquence, a choisi Jérusalem pour centre de projection aussi bien que de figure de la Mappemonde à restituer.

Ainsi se trouvait proposé un nouveau problème, dont les conditions énoncées par Tauteur original devaient irrémissiblement se plier à Thypothèse conjecturale adoptée par le dessinateur; et Thabile cartographe a ingénieu'semenl triomphé des difficultés qu'il s'était lui-même imposées. Mais ce tour de force n'a pu être accompli qu'en bouleversant de fond en comble les gisements effectifs et les formes réelles des terres et des mers du monde alors ^ connu.

Une telle interprétation graphique des énonciations descriptives du Ravennate ne saurait être admise que dans la supposition d'une impossibilité absolue de représenter les données de Tauteur barbare sans défigurer à ce point étrange le type réel de notre écuméne. Or, il n'en est rien, ce nous semble. Notre Cosmographe avait consulté, nous le savons de lui-même, la Géographie de Ptolémée, dont la Mappemonde, tout imparfaite qu'elle soit, se maintient pourtant dans des limites d'approximation qu'il serait imprudent de perdre entièrement de vue dans l'appréciation d'un travail qui en conserve le reflet en plus d'un endroit. Le Géographe barbare invoque en outre parfois le témoignage des voyageurs éclairés

(prudenter ambulantes viri sapiens viator} à l'appui

de la disposition générale qu'il assigne aux difTérenies contrées; d'où il faut conclure que non seulement il comparait entre eux, ainsi qu'il TaSirme expressément, les divers documents écrits ou dessinés qu'il avait sous les yeux, mais qu'il les contrôlait en outre par des informations orales. Toutesces inscriptions et ces informations devaient donc le conduire, autant que pouvait s'y prêter son intelligence, à une perception relativement moins imparfaite des gisements, de l'étendue, de la situation mutuelle, et même des distances des pays du monde connu.

. Les élémentsd'instruction auxquels il se réfère devaient abonder à Ravenne, cette puissante ville qui avait éclipsé Rome et ne cédait le premier rang qu'à l'impériale Conslaniinopie. C'était sa ville natale, c'est là qu'il résidait : c'est donc là qu'il devait aussi recueillir et mettre en œuvre les matériaux de sa Cosmographie, de là qu'il devait naturellement prendre son point de vue, là qu'il devaii Eaire converger tous les résultats de ses informations; et il nous donne une preuve explicite frappante de celte centralisation à Ravennequi dominait l'ensemble de son œuvre, dans son périple spécial de la Grande Mer, ainsi qu'il appelle la Méditerranée, en choisissant précisément cette Ravenna nobilissima, sa patrie, pour le lieu de départ et de retour de cette grande tournée maritime. La conclusion qui se présente ainsi d'elle-même à priori se irouverait-elle contredite par les autres éléments de vérification que nous offre le livre du Ravennate ? En

aucune façon : et l'étude approfondie de toutes les indications qui s'y peuvent recueillir tend à confirmer de plus en plus ce fait fondamental, que la représentation graphique de sa Description du Monde ne peut avoir que

Ravenne pour centre de projection.

Sans aborder ici diverses questions spéciales qu'il y aurait lieu de discuter dans un examen rigoureux des conditions du problème, un procédé des plus simples suffit à la vériticaiion instantanée du fait énoncé. Prenant une carte du Monde connu des Anciens, telle qu'on en rencontre dans tous les Atlas d'étude, on peut se borner à y inscrire, en conformité des désignations de Tauteur barbare, la double série des chiffres 1 à Xll destinés à V marquer, à l'horizon, le gisement des contrées qui se succèdent sur les marges de l'Océan à mesure que le soleil s'avance d'heure en heure de l'Orient à l'Occident par le midi, et retourne de l'Occident à l'Orieni par le minuit. Ces vingt-quatre heures horizontales répondent, le Cosmographe le dît lui-même, aux douze aires de l'ancienne rose des vents; c'est donc au point de convergence de ces vents que se trouvera le centre de sa Mappemonde. Ce qu'il appelle les marges de l'Océan, c'est simplement ta limite extérieure des connaissances acquises. C'est bien de l'Océan réel ou de ses golfes qu'il s'agît, en effet, depuis les bouches du Gange jusqu'à la Mer Rouge; maïs la partie australe de l'Afrique étant restée ignorée, une ligne vaguement tracée du détroit de Mandeb à celui de Gibraltar en passant un peu au sud des points connus d'Axum, Germa et Iggil, est censée représenter les rivages

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Libyques sur rOcéaQ Austral. Cest encore TOcéan réel qui, depuis le détroit de Gibraltar, dessine les contours de TEurope jusqu^au-delà des bouches de la Vistule et peut-être du golfe de Riga; mais, de là jusqu'au golfe Gangétique, il ne s^agit encore que d^illusoires rivages dessinés par une ligne vaguement dirigée à travers des plages inconnues jusque vers les bouches du Volga dans la mer Caspienne, grand golfe supposé de cet Océan fantastique, puis reprenant un peu au delà des bouches du Sir Daria et se poursuivant dans les mêmes conditions d^incertitude jusqu^au delà des bouches du Gange.

Quelque emplacement que des conditions de distances relatives assignassent, dans la pensée du Ravennate^ à ce point extrême de TOrient qu'il rapprochait extrêmement du golfe Caspien, nous ne jugeons pas nécessaire de nous y arrêter dans la simple question à considérer ici des gisements assignés à la périphérie du monde ainsi limité. Inscrivons donc le chiffre I sur Tlnde, II sur la Perse, III sur l'Arabie, IV sur TAbyssinie, y auprès de Germa, VI et VII s'échelonnant à la suite conjecturalement pour que VIII vienne s'asseoir prés d'Iggil dans le Sous; passant alors le détroit de Ceuta, nous inscrirons IX sur l'Andalousie, X sur la Galice, XI sur la Guienne, et XII sur la Bretagne Armorîque. Il faudra recommencer la série par le chiffre I sur la Belgique, II sur la Hollande, III vers TElbe, IV dans le Danemark, V et VI échelonnés plus à Test pour arriveravec le chiffre

VII sur la rive droite de la Vistule, siège des Sarmates ;

VIII sera inscrit sur la rive droite du Dnieper pour dési-

gner le pays des Roxolans, IX se placera sur le Don à rintention des Amazones, X vers Astrakan pour les Khazars, XI près de Derbeni à cause des Portes Caspiennes, et enfin XII sur les deux rives opposées de la pointe australe de la mer Caspienne, tant à cause des Albaniens de l'ouest que des Hyrcanrens, des Parthes et des Bactriens de Test.

Et maintenant, qu^on réunisse deux à deux les chiffres consécutifs de chaque série, pour constituer le domaine respectif des douze aires de la rose des vents, et Ton sera surpris dé Taccord avec lequel ces douze vents convergent vers Ravenne.

Un embarras, à la vérité, se présente au premier abord, sur la corrélation à établir entre les heures ainsi accouplées et la nomenclature des vents ; car un zéro sépare, aux deux termes opposés de la route du soleil, la XII^ heure accomplie de la I'^ heure qui commence, et si Ton admet que ce zéro marque exactement le point précis de l'Orient ou de l'Occident, c'est évidemment à ce point de partage que répondra le milieu de Taire afférente d'une part au vent d'est ou Subsolanus, de l'autre au vent d'ouest ou Favonius ; à chacun d'eux en ce cas appartiendrait donc une heure de jour et une heure de nuit; or, il n'en peut être ainsi, puisque les douze heures de jour doivent, suivant la déclaration formelle du Cosmographe, correspondre exactement à six vents de la rose, et les douze heures de nuit aux six autres vents. Il faut donc rejeter de l'un ou de l'autre côté du zéro horaire le vent qui ne peut être partagé; et ici nouvelle hésitation ;

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auquel des deux côtés attribuer ce vent indivisible? Un examen d'ensemble, qu'il est superflu de développer ici, démontre que c'est pour le côté de la XII' heure accomplie qu'il faut se déterminer; et l'on n'a dès lors, en parcourant la série des heures de jour, qu'à inscrire le nom d'Eurus vis-à-vis des heures 1 et II qui marquent le gisement de l'Inde et de la Perse ; Euro-Noihus, visà-vis des heures 111 et IV qui marquent le gisement de l'Arabie et de l' Axumitaine ; Nothus ou Auster, vis-à-vis des heures V et VI qui signalent la Garamantide et la Biblobaiide ; puis Libo-Nothus correspondra aux heures VU et VIII qui désignent les Mauriianies; et continuant ainsi de proche en proche, nous verrons successivement l'Espagne placée avec les heures IX et X dans l'aire du vent Africus, et la Gaule avec les heures XI et XII dévolue à Favonius. Abordant alors la série des heures de nuit, nous verrons la France rhénane et la Frise appartenir à Corus, la SaxonieetleDanemarckà Circius, la Fennie et la Scythîe à Septentrion, la Sarmatie et la Roxolanie à Aquilon, l'Amazonie et la Gazarie à Vullurne, enfin la Caspie et la Parthie à Subsolanus.

Ravenne, Ravenne seule, est le centre auquel se rapportent tous ces gisements; et le degré d'exaciitude générale avec lequel cette condition est remplie, alors même qu'on opère sur une mappemonde conforme aux configurations réelles que la science moderne a contrôlées, est des plus remarquables pour le siècle auquel appartient notre Cosmographe.

Mais s'il n'est pas douteux que Ravenne soit le centre

d 'observât îo a ei de projection oti se trouvait placé de fait noire Ravennate, il ne s'ensuit pas qu'elle soit en même temps le centre de figure de son planisphère; l'examen de son teite nous procure aisément au contraire la preuve qu'il n'a point renfermé celui-ci dans la limite circulaire de rhorizon de Ravenne, et même qu'il ne l'a pas encadré dans un cercle proprement dit : des conditions de gisement et d'étendue relative font bientôt reconnaître que notre Cosmographe s'est représenté la terre habitée comme une ellipse allongée d'est en ouest, ayant son grand axe plus méridional, son petit axe plus oriental que le parallèle et le méridien qui se croisent à Ravenne. il est évident que si l'orbe terrestre eût été, dans la pensée du Ravennate, un cercle proprement dit, chacune des quatre grandes plages de l'horizon en aurait occupé le quart, et les quatre océans correspondants se seraient étendus en proportions égales sur le limbe extérieur; tandis que l'allongement de l'écumène d'est en ouest doit augmenter à proportion l'étendue des deux Océans qui baignent la plage boréale et la plage australe, et par contre restreindre le domaine de chacun des deux Océans oriental et occidental. Or, c'est précisémentcequi advient dans le cas actuel, puisqu'il résulte des explications de notre auteur une grande inégalité dans la répartition des quatre Océans ; et en eS'et, de son observatoire, s'il nous est permis d'employer ce mot, de son observatoire de Ravenne il voyait l'Océan boréal et l'Océan austral accuser ensemble une mesure angulaire totale de XVI heures ou 240°, tandis que l'Océan oriental et l'Océan occidental

n'avaient plus à compter ensemble qu'une mesure de VIII heures ou 120°. La figure elliptique de la Mappemonde du Ravennaie est donc hors de douie.

Mais il ne sufHt pas de reconnaître d'une manière générale l'existence de cette ellipse, il en faut déterminer les proportions relatives, sinon avec une précision que ne sauraient comporter les éléments imparfaits dont il nous est loisible de disposer, du moins avec une approximation suffisante pour servir plausiblement de cadre à une tolérable restitution de la Mappemonde du vieil écrivain.

Une donnée hypothétique préalablement indispensable, et qui sera concédée, nous le croyons, sans trop de difficulté, c'est la symétrie des quatre océans, ainsi entendue, qu'au centre de l'ellipse les mesures angulaires soient égales pour les Océans opfKisés deux à deux ; le problème se réduit alors à déterminer le point central oti doit se vérifier cette symétrie, sans altération des mesures angulaires prises simultanément à l'observatoire de Ravenne.

Ces mesures, soigneusement relevées dans le texte de notre auteur, attribuent à l'Océan Occidental cinq heures ou 75° de l'horizon de Ravenne, comprenant le vent d'ouest ou Favonius avec le vent collatéral Africus toutentier, et seulement In moitiédel'autre vent collatéral Corus; l'Océan septentrional n'occupe pas moins de neuf heures ou 135" de l'horizon de Ravenne, embrassant, outre le vent principal Septentrion et ses deux collatéraux Circius et Aquilon, d'un côté la moitié restante

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de Conis, et de l'autre le Volmroe tout entier; rOcéao oriental au cootraire, est borné i trois heures seulement ou 450 de l'horizon de Ravenne, répondant à Subsolanus avec une moitié seulement de son collatéral Eiuus; enfin l'Océan méridional a pour sa part sept heures ou loS" de l'borizon de Ravenne, comprenant, avec le vent Auster et ses deui collatéraux Austro-Africus et Euro-Nothus, la moitié resunte d'Eurus.

Or, il est à remarquer, dans ce tour d'horizon pris à l'observatoire de Ravenne, que les deux Océans muniellement contigus du Nord et de l'Est en occupent ensemble la moitié, et les deux autres Océans mutuellement contigus du Sud et de TOuest l'autre moîiié, d'où il suit que la ligne séparatîve de ces deux moitiés, orientée d'une manière précise par les points respectifs de partage entre les heures I et II de jour et de nuit, et sur laquelle est assise Ravenne, constitue nécessairement un des diamètres de l'ellipse cherchée; et puisque cette ligne coupe le méridien de Ravenne sous un angle de quatre heures ou 60", elle doit donc aussi couper sous le même angle le petit axe de l'ellipse, lequel doit être à son tour parallèle à ce méridien ; d'oCi il suit encore que le diamètre symétrique destiné à marquer la séparation mutuelle des Océans entre le nord et l'est, aussi bien qu'entre le sud et Touest, doit former pareillement, de l'autre côté du petit axe, un angle symétrique de 60"; de telle sorte qu'en définitive l'observateur placé au centre de l'ellipse verra autour de lui les quatre océans sedévelopper sur les marges de l'écumène sous des mesures angulaires égales deuK à

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deux, de 120° au Septentrion et au Midi, et de 60° seulement à l'Orient et à rOccidem.

Une formule irîgonoméirlque des plus simples procurera la grandeur relative des deux diamètres ainsi orienti^s, et de la distance de Ravenne au centre de l'ellipse, en fonction de la distance appréciable de Ravenne au point de l'ellipse oii vient aboutir le rayon dirigé par le détroit de Ceuta et Cadix entre les vents ATricus et Libo-Nothus, c'est-à-dire entre les heures VIII et IX de l'horizon de Ravenne; car cette distance sera le côté connu d'un triangle dont. tous les angles sont déjà déterminés.

En estimant plausiblemeni cette distance à environ iSoo milles romains, on en pourra conclure aussitôt un chiffre rond de 4000 milles pour la longueur de chacun des deux diamètres séparanfs des quatre Océans, et leur point d'intersection se trouvera fixé approximativement par un Intervalle de 540 milles à l'Eurus de Ravenne. Il ne reste plus dès lors qu'à décrire par les quatre pomts fixes que désignent les extrémités des deux diamètres, une ellipse de proportions moyennes, ou plus simplement une ovale à la manière des artistes, qui se bornent à considérer les quatre points donnés comme les quatre coins d'un rectangle dont les quatre côtés servent de cordes à autant de quarts de cercles, respectivement égaux et opposés deux à deux : la figure obtenue par ce procédé empirique ne diffère qu'imperceptiblement d'une ellipse normale, ayant son petit axe égal à l'un des grands côtés du rectangle, et dans le rapport de 4 : 5 avec le grand axe, ou le rapport de 4 : 3 avec l'intervalle des deux foyers.

OBSERVATIONS SUR LE MODE DE RESTITUTION PROPOSE PAR H. d'aVEZAC et LES AUTEURS POSTÉRIEURS

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