CONCLUSIONS
Après avoir rappelé dans l'introduction les données essentielles de la réaction de MaraQuiIN et l’adaptation qu’en fit DENIGÈS, sous le nom de réactif hydrostrychnique, nous avons étudié la constitution de ce réactif en utilisant :
1° Les méthodes électrométriques de variations de pH lors de sa neutralisation progressive;
2° La méthode chromatographique.
Notre but essentiel était de définir la présence des deux dérivés hydrogénés de la strychnine : tétrahydrostrychnine et strychnidine, qu'avait signalés DENIGËS. |
L'étude des variations de pH du réactif, effectuée au pH-mètre de QUÉRÉ, comparativement sur les différents constituants normaux du réactif, n’a pas permis de mettre en évidence la présence de ces deux dérivés sur la courbe de neutralisation.
La méthode chromatographique, par contre, appliquée non seulement au réactif lui-même, mais encore à son produit d’épuisement chloroformique, soit directement, soit après évaporation, a permis de mettre en évidence deux produits actifs sur les oxydants, qui, pour le solvant choisi (eau saturée de butanol + 5 p. 100 d’acide acétique), présentent respectivement des Rf de 0,97 et 0,66.
Il existe donc deux dérivés hydrogénés de la strychnine qui donnent, avec les nitrites, une coloration rose, maïs ces corps sont plus ou moins transformés ou détruits au cours du traitement aboutissant à leur solubilisation chloroformique,
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Dans le chapitre II, nous avons étudié le comportement du réactif hydrostrychnique vis-à-vis d’un certain nombre d’oxydants : dichromate de potassium, permanganate de potassium, chlorure ferrique, chlorate de potassium, persulfate de potassium.
Nous avons montré qu’ils donnent tous, selon qu’on expérimente à chaud ou à froid, une même coloration rose.
Nous avons effectué pour chacun d’eux une étude se rapportant à l'influence sur l’intensité de la teinte :
— de la concentration en réactif;
— de l’activité du milieu;
— de la nature même du réactif;
— du temps de réaction.
Les résultats sont indiqués sous forme de graphiques. Il en résulte essentiellement :
1° Que l’intensité de la teinte diminue, soit en fonction de l’accroissement de l’acidité du milieu, soit en fonction de l’accroissement de la concentration en réactif, cette deuxième influence étant une conséquence indirecte de la première ;
2° Qu'on constate, sur l’intensité des colorations, une variabilité de l'influence du temps selon la nature de l’oxydant étudié : négligeable pour le permanganate, elle est maximum pour le persulfate.
Enfin, nous avons procédé à une étude comparative de l'intensité de la teinte sur des solutions de même normalité pour chacun des oxydants considérés.
Nous avons montré ainsi que
1° La limite de sensibilité, exprimée en oxygène, est sensiblement la même pour tous;
2° La zone de proportionnalité de teinte n’est certaine que pour des concentrations comprises entre 0,001 N et 0,000006 N;
3° Pour des concentrations supérieures, la réaction colorée peut ne pas se manifester;
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4° Cette réaction très sensible peut être appliquée à la détection des oxydants en général.
Enfin, dans le troisième et dernier chapitre, nous avons mis en évidence le fait que le réactif hydrostrychnique peut également donner des réactions colorées, généralement vertes, avec des composés présentant une fonction aldéhydique libre.
Nous avons étudié essentiellement son comportement visà-vis du formol, de l’aldéhyde benzoïque, de la vanilline et, accessoirement, du chloral, du glyoxal, du paradiméthylaminobenzaldéhyde, des aldéhydes cinnamique, anisique et propylique. Il convient de noter que les oses sont inactifs dans nos conditions opératoires.
La technique est celle de la recherche des oxydants, mais nécessite le passage au bain-marie bouillant pendant cinq heures.
Pour le formol et l’aldéhyde benzoïque, nous avons étudié l’influence des concentrations respectives de la solution, du réactif et de l’acidité sur l’intensité de la coloration. En outre, pour l’aldéhyde benzoïque, nous avons fait une application de cette méthode à son dosage dans l’eau distillée de Laurier-Cerise, procédé aussi sensible et beaucoup plus rapide que celui qui est indiqué par le Codex. Nous avons précisé dans chaque cas les limites de concentration pour lesquelles il existe une proportionnalité de teinte. .
Une étude similaire a été effectuée pour la vanilline, et l'expérience nous a montré qu’on pouvait appliquer cette technique à un dosage de cet aldéhyde dans les préparations commerciales qui en contiennent.
Nous avons procédé de la même façon au cours des travaux se rapportant aux autres aldéhydes en définissant en outre, pour chacun d’eux, les conditions de solubilité de la teinte obtenue, tant en milieu acide qu’en milieu ammoniacal, en vue d’une application à leur diagnose,
Vu : Vu, bon à imprimer :
Le Doyen, Le Président, G. PORTMANN. R. CASTAGNOU.
Vu et permis d’imprimer :
Bordeaux, le 24 Juillet 1952.
Le Recteur, E. DELAGE.