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La Conversion d'un romantique

Non le rire ironique aux sarcasmes moqueurs, Mais le doux rire non né le, ouvrant bouches et cœurs, Qui montre en môme temps des âmes et des perles. J'admire les crayons, l'album, les nids de merles, Et quelquefois on dit, quand j'ai bien admiré : « Il est du même avis que Monsieur le curé. » Puis, lorsqu'ils ont joué tous ensemble à leur aise, Ils font soudain, les grands s'appuyant à ma chaise, Et les petits toujours grimpés sur mes genoux, Un silence, et cela veut dire : Parle-nous1.

Si ces alexandrins ont pour la plupart un rythme irrégulier, c'est que la régularité de l'alexandrin classique ne saurait convenir à de pareilles scènes. Elle s'accorde avec le ton de la tragédie, avec celui de Tépître morale ; elle n'est plus de mise quand on nous peint une bande de petits garçons riant et jouant.

Réformé par les romantiques, l'alexandrin, comme le déclare Victor Hugo, devient « aussi beau que de la prose2. » Aussi beau que de la prose, tel était le plus grand éloge que les philosophes du xvme siècle pussent donner à des vers. Et du reste Malherbe et Boileau n'en auraient pas voulu d'autre pour leurs meilleurs alexandrins, qui sont de la prose exactement rythmée. Mais Victor Hugo ne l'entendait pas ainsi. Ce que louaient par là les philosophes, ce que Malherbe et Boileau tiennent pour le triomphe de leur art, c'est un vers exprimant la raison avec une droiture parfaite, à laquelle ne nuisent ni les difficultés de la mesure ni celles de la rime; et Victor Hugo, lui, parle d'un alexandrin qui « ose tout exprimer », qui « parcoure toute la

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