‹ Le réalisme du romantismeChapitre 79 sur 211 · Britannicus, acte II, scène u · texte numérisé non relu

Britannicus, acte II, scène u

Quand Bérénice, encore toute défaite, va recevoir Titus, sa confidente, craignant qu'il ne la surprenne ainsi : Souffrez, la prie-t-elle,

Souffrez que de vos pleurs je répare l'outrage '.

OEnone, reprochant à Phèdre de ne prendre depuis trois jours ni repos ni aliments, lui débite ce couplet :

Les ombres par trois fois ont obscurci les cieùx Depuis que le sommeil n'est entré dans vos yeux, Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure Depuis que votre corps languit sans nourriture 2.

Sur le point de s'étrangler avec son bandeau, Monime l'appelle d'abord fatal tissu 3. Roxane, ordonnant l'exécution de Bajazet, n'a garde de nommer la corde par laquelle celui-ci doit périr ; elle dit :

Que la main des muets s'arme pour son supplice ; Qu'ils viennent préparer ces nœuds infortunés Par qui de ses pareils les jours sont terminés4;

plus loin, Osmin apprend en ces termes à Acomat la mort du jeune prince :

Son amante en furie Près de ces lieux, Seigneur, craignant votre secours, Avait au nœud fatal abandonné ses jours3;

et Atalide enfin, lorsqu'elle s'accuse d'avoir causé la perte de son amant, emploie une circonlocution non moins élégante :

Page 1