‹ Le réalisme du romantismeChapitre 80 sur 211 · Ibid., acte V, scène xi · texte numérisé non relu

Ibid., acte V, scène xi

Oui, c'est moi, cher amant, qui t'arrache la vie...

Moi seule j'ai tissé le lien malheureux

Dont tu viens d'éprouver les détestables nœuds '.

On trouve pourtant chez Racine et nous l'avons déjà vu, quelques termes dont les pseudo-classiques proscrivent l'usage, ceux par exemple de lit2, de chambre3, de boucs, de chiens v. Mais le lit dans lequel il met Claude est un lit d'impératrice, et la chambre qu'il nomme, « remplie de princes égorgés », ne saurait donc évoquer aucun objet trivial ou vulgaire. Après le mot boucs, il a soin d'en placer un autre qui est d'usage noble :

Ai-je besoin du sang des boucs et des génisses s?

Quant au mot chiens, les critiques contemporains le lui pardonnaient en faveur de l'épithète dévorants :

Des lambeaux pleins de sang et des membres affreux Que des chiens dévorants se disputaient entre eux G.

On peut citer encore, il est vrai, deux endroits d'Athalie où le même mot se rencontre sans qu'aucune épithète l'accompagne :

Sous les pieds des chevaux cette reine foulée, Dans son sang inhumain les chiens désaltérés7.

Les chiens à qui son bras a livré Jézabel, Attendant que sur toi sa fureur se déploie, Déjà sont à ta porte et demandent leur proie8.

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