‹ Le réalisme du romantismeChapitre 99 sur 211 · Épitre IX, v. 47 et suiv · texte numérisé non relu

Épitre IX, v. 47 et suiv

larité métrique, et comme d'un idéal où la faiblesse humaine ne saurait toujours atteindre.

Certains poètes classiques dérogent plus souvent que Boileau à cette stricte correction. Sans parler de La Fontaine, — car la fable avait ses licences, — on trouve chez Racine un assez grand nombre de vers dans lesquels la césure médiane s'atténue. Ceux-ci, par exemple, du premier acte de Britannicus :

Il ne finisse ainsi qu'Auguste a commencé *. Ai-je donc élevé si haut votre fortune2? Qui croit voir son salut ou sa perte en ma main 3. N'ose-t-il être Auguste et César que de nom4? En vain, pour détourner ses yeux de sa misère 5.

Les vers de ce genre semblent annoncer déjà l'alexandrin ternaire du romantisme. Mais ils sont très peu nombreux, au moins dans les grands genres, chez les poètes du xvne siècle, sauf chez Racine. Et notons que les acteurs, en dépit du sens, les coupaient toujours par le milieu. Épris avant tout de symétrie, le classicisme n'admit point une pareille transgression; et la règle de la césure fut rigoureusement observée jusqu'à Victor Hugo6. Un pseudo-classique de 1830, Auger, relevant chez Molière, — bien que le genre comique tolérât, comme la fable, plus de liberté, — quelques alexan-

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