VIT
La jousnée qui succéda à cette nuit funeste, se passa toute en soins lugubres sous le toit des Mac Danici. Le cadavre du jeune volontaire y fut rapporté dès le matin par des gens lu pays, car scs compagnons paient été contraints de fuir devant les Canadiens, leur abandonnant los deux prisonniers qu’iis étaient venus délivrer, L’état d'Alice Mac Dani:i quoique moins grave, n’uvait pas cesré d’être alarmant. Elle était tomiliée dans un état de torpeur léthargique dont rien ne pouvait la irer. Une fois, une seule fois elle en sortit pcur renvoyer par un geste de dégoût, le consciller Bartcrèze dont I regard louche se montrait derrière les rideuxe
Vers le soir arriva de Montiéàl le vieux Mac Daniel: les nouvelles fatales se propagent vite, ct il avait appris un des premiers la catastrotrophe de la huit précédente. La contenance tu vieillard en présenco de son fils mort et de sa fille mourante fut sublime. Sa ceulcur ne s’ xhala point en cris ni en imprécations ; il garda un silence plein do césespoir, levant vers le ciel son regurd empreint d’une piruse ré:i-
guation, L’unc voix altérée il prescrivit Jui-méme toutes les mesures pour la furèbre cérémonie, puis abondunnant la veillée du mort à un prêtre, comme il est d’usage parini les catholiques, il alla s'asscoir au chevet de l’enfant qui lui restait encore, Denis Mae Daniel fut enterré sans pm: e au milieu du recucil'ement gé1étal, car dans la foule qui vit passer le convoi, presque tous allaient (si
re earhion trie
prendre les armes, et cette première victime de la rebellion leur prés geait le sort réservé sans doute à beaucoup d’entr'eux. Mais cette impression grave et religieuse disparut avec le cercueil qui la faisait naître et le lendemain les habitans de la paroisse en pleine insurrection avaient établi leur quartier-général au manoir de St. Charles dont ils s’élaient emparés à cet effet. Les rebelles se mirent dès l’abord à élever des retranchemene, construire des ouvrages, percer des meurtrères afin de s’y défendre en cas d’attoque. Grâce au zèle ardent des insurgés qui ne se reposaient ni jour ni nuit, ces travaux furent menés à fin autant que le permettaient les ressources, le tems et le peu d’expérience des plus capables.
Mais tous ces préparatifs de guerre, tous ces bruits précurseurs du carnage venaient mourir au seuil de la maison des Mac Daniel. Tiut entiers à leur douleurs privés, ils demeura‘ent é‘rangers aux malheurs publics qui mensçrient de les envelopper, et rien de ce qui se passait au dehors ne pénétiait dans cet intérieur que la mort avait déjà visité. Depuis la nuit fata'e, Lourent Ce Hautegarde n’uvait pas reparu, non plus que le Fronçais Durand, qui, sur quelques vagues indications était parti à sa recherche. Tous les gens du village commerçaient à s’alarmer vid'emment de l’absence prolongée de ce jeune clef dont le nom, les talens, et la bravoure personnelle étaient si né‘essrires à leur cause, lorsque dans la matiné: du 24 novembre, le bruit se répandit qu’ils étaient tous deux de retour. L’affluence au camp fut plus considérable que les jours précédens; mais plongé dans une diul ur f.rouche Lou ent de Hautegarde s’était renfermé sans voir rersonne, laissant à son compagnon de route le soin de divulguer les heureuses n'uvelles dont ils étaient porteurs. En effet, ils venaient ‘lu village de Saint-Denis, cù, la veille, un corps de Canadiens retranchés avaient battu 400 hommes commandés par l2 colonel Gore qui fut contraint dans sa retraite précipitée d'abandonner aux insurgés canons, bagages, munitions, morts et blessés.
Les détails de cette victoire excitèrent l’enthousiasme dans le camp de Saint-Charles ; ce ne fut bientôt plus partout que cris de triomphe, appels aux Anglais, chants et rires, Le vieux sang français se révé. lait chez les Canadiens à l’odeur de la poudre, le lendemain d’une victo're, hélas! et la vei!'e d’une défaite
— Maintenant, dit Durand à un j une officier qu'il emmena à l'6cart, où en êtes-vous ici ?
— Nous en sommes ercore à l’enthousiasme, comme vous le voÿez, révondit-il en souriant légèrement ; mais ncus manquons d’argent, de vivres, d’armes et d’urgaaisation. Quand nos hommes croient le mce ment de combattre venu, ils arrivent par bandes ct affluent de tous côtés, Bientôt ils se lassent d’attendre, et repartent pour revenir encore,
ur présü= cette imait naître urrection s dont ils abord à les meurle ardent ux furent et le peu
rseurs du el. Trut malheurs passait au jà visité.
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na à l’e-
le voyez, rgent, de t le mce tous côr encore,
de telle sorte que le camp renferme tantôt plus Ce mille hommes, tantôt moins de cent. —T'cut cela par l’en'êtement de ce pauvre Brown qué sa blessure à la tôte a rendu tout-à-fait inhabile au commandement qu'il exerce. Les difficultés augmentent chaque jour pour se procurer des vivres et des armes, surtout loin d’un ennemi qui ne se montre pas, . .
— Qui se montrera, tenez-le pour certain, dit Durand. Le combat d’hier a été le résultat d’un plan de campagne dirigé contre Saint- Charles. Le colonel Gore qui s’est fait battre, venait de Sorel, et ne comptait que se reposer à Saint-Denis, avant d'opérer contre vous simuültanément avec le colonel Wetherall qui vous arrive de Chambly. C’est de ce côté que nous devons nous attendre à être a‘taqués sous peu, car les dépêches ont été interceptées, et le malheureux jeune homme qui en a été chargé, le lieutenant Weir a été tué au commencrment de l’action en cherchant à s'évader.
Dès le lendemain les événements prouvèrent l’exactitude de ces détails, et la justesse des prévisions.
— Je vous cherchais, dit Nurand en rencontrant son compagnon de route: voici les Anglais.
— Allons, répondit celui-c'.—Je serai peut-être plus heureux qu’à $t.-Denis. Où sont-ils ?
— Îls se rangent en bataille devant nos retranchements. Nos avants-gardes se sont repliées en coupant les ponts, ce qui n’a point arrêté leur marche.
Les deux patriotes serendirent du côté menacé par l’ennemi. Cette partie était défendue par deux canons dont les affûts immobiles annullaient presque l'effet. Les Anglais amenaient trois pièces de campagne qui ouvrirent immédiatement leur feu ; mais là aussi le tir généralement trop haut faisait peu de mal aux rebelles et n’endommageait guères que le manoir et l’église. La mousqueterie était sans effet sur les hommes à l’abri derrière les retranchements. On en était encore à ces bruyants échanges de projectiles inoffensifs, quand toutà-coup un bruit inquiétant se répundit parmi les assiégés : leur chef Brown venait de prendre la fuite.
— Qu'importe ! s’écria de Hautegarde. Ignorez-vous que Brown est atteint d’aliénaiion mentale. Sa fuite est un bonheur pour ncus ! Hurrah ! et mort aux Anglais!
Le feu des pièces continua, mais mollement; une partie des combattants s’enfuit même découragée. Ceux qui restaient encore se fatiguaient déjà d’un comlat si peu meurtrier quand nn mouvement des troupes anglaises leur annonça une attaque plus sérieuse.
—- Ils viennent à nous, s’écria Laurent, recevons-les bien,
po LE REBELLE,
Il finissait à peine ces mots que les troupes ébranlée: s'élancärent au pas de charge sur les retranchements. En un instant toute cet'e partie de la ligne fut enveloppée d'une épaisse fumée au milieu de aquelle comme une ceinture d’éclairs brillaient les explosions d’armes à feu ; les dé'onations se succédaient avec ue rapidité pareille au pPétillement de la grêle sur lestoits. Les clareurs des combattants augmentaient le bruyant tumulte ce cette scène que les cris et les imprécations des bicssés, la chûte des morts commençiient à revêtir d’une teinte funèbre. Bientôt les coups de f.u devinrent moins ncu-ris; une bouffée de vent en emportant la fumée leva le rideau qui re. ccuvrait la scène de carnage, en dérobait les détails, et le spectac'e d’un retranchement enlevé à la baïonnette s’offrit dans sa magnifique horreu. Aux grandes clameurs, au tonnerre des explosions avait su-cédé un silence bien plus effrayant. La mort moissonnait à larges fauchées parmi les hommes pressés cimme des épis. Autour des chefs, sur quelques pointe, les cada res couvraient le sol rougi de sang et jonché d’armes brisées ; les uns tompaient renveïsés au pied des retranchements qu’ils escaladaient ; les autres parvenus au sormmet rejetaient dans l’intérieur les ennemis atteints par le fer, — car le fu avait cessé, et les hommes luttant corps à corps n’avaient ni le temps ni la possibilité de recharger leurs armes. On s’égorgeait donc à Parme blanche, mais sans bruit. mais sans éaivrement, et sur des cadavres couchés près des canons muets.—Celie scène terrible fut heureusement de peu de durée. Les insurgés privés des armes nécessaires à ce genre de combat furent cuilu‘és par les Anglais mieux pourvus et plus nombreux. Le dernier qui resta à son poste dans la déroute générale fut Laurent de Hauteyarde. Entou'é par Pennemi, il faisait tête à tous avec une intrépidité qui tenait du délire, frappant sans se lasser et sans daigner faire le moindre eflort pour protéger sa vie autrement qu’en combattant avec rage.
— Partons ! dit enfin Durand qui n’avait pas quitté les côtés du jeune chef. La place n’est plus tenable ; tous nos gens sont en fui'e.
Alors seulement ils s’aperçurent qu’ils é‘aient enveloppés avec quelques braves qui n’avaient pas lâché pied. :
— Frayons-nous un passage, s’écria Lau‘ent en s’élançant le pres mier. Le choc désespé‘é de cette poignée d’hommes fit trouée dana les rangs des vainqu'urs ; ils passèrent.
— Ah! dit Laurent en se “e‘curnant.—La mort ne veut donc pas de moi!
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Le bruit 'u cornbai .v dt, oi. e un Lt pense bien, ce territles écivs daus 'e village «le St. Chai'es «à ‘ait de families éplorées demandaient à D'eu la conservation qui d’un père, qui d’un frère, qui d’un fiunc ,— car la msjeure partie des habitants était su manoir.
Assis auprès du lit de sa file, le vi ux Mie Da: ce! écu” it un air d’inqu'é ule le biuit de la mousqu trie, sffoiç int d’après sa furce et sa durée de suivre les chances probab'es du combat, Li se levai à chraue instant pour chercher iu-'eaor à ‘ravers les cri és 'e'r es des renscignemeuts Que ses ojinivns conr.uca lui êchaient de demor.der dircc'encent cux gens qui passaicnt. Les uns couraieut arnés dans la dree ion du manur d’où nombre &. utres arr.vaient sans ari es etcouster: 63. Ils s’iuterrogeai nt o.u uclleirent, juis, selon leur c. ur.ge. leur Cév u:ment et les nouve!les qu’ils app'enueui en routr, conti..u jent Eur marche ou rebroussaient ci2min,
Cepeudant, ‘es fcimmes ct le: cufants augmentaient la co. ‘usion par leurs te eurs ct les cris arric::és à ‘eur désespoir. Chaque ncuveau survenant était eavisonné d’une foule Cé o!ée. —Cù en é ait le con:ba! ? — Qui était vainqueur 7— Qu:is & aient les blessés — Et les uns 5°. rêtaient un instant peur satisfaire à lant d’impatieuces deu'sureus: 8 — d’iu.res au contraire j-taient que ques réponses sinistres et contisuaicnt Lur course pour s«uver de la srè..e Ce désolation qu’ils prévoyaient ics êties les plus chers, ou ‘es objets les p'us précieux.—}e moments en moments les nouvl'es alarman:es se succédaient avec plus de rapidité, et bi ntôt le nombre des fuyards ne laissa plus de due sur la céfaite des Cunadicn®.
On comprend avec quel intérêt ‘e ; ère u’Alice suivait {eus ces mcusement. Sa vie, ce''e de sa fille nêne ne curaisnt-elles aucun danger au milieu d’une population hostil-) «xs, érée par le combat, éniviée de prulreet de sang, rendue furieuse peut êire par uue défui!e.
La maisn mvette et sombre comme un tomteau, attirait d’ailleurs Pat'eation par son contraste avec tou'es les autres cù régnait la plus efroyable co:.fusion. eut fois des imprécutions étuient arivées jusqu'cu vie:llard, et sous le fragile abri des rersiennes fermées avec soin, il avait aperçu des gestes mensçants. Mais ce n’était pas pour Jui qu’il tremblait intérieurement, Que ‘ui importait une vice fé.rie déjà jar ‘es chagrins, Cévasiée par la miort d’êtres bien ainés! £a fille, voilà quel était son unique pensée. Aussi, détermiré à la protézer jusqu’à la Cernière goutte de son sang, il suisit ses arn:es et se plaçn e5 tr.vers de la porte au mon:ent où le signal de la Céruute lui
annonça le moment du danger le plus grant. Un cup ce feu brisa les vitres de la fenêtre qu’il venait de quitter. —La balle traversa l’appartement, et s’alla loger dans 'e couronne nent du lit où Alice rési-
gnée attendait en silence le déncuement ce cette scène. Nous n'essa:erons pas de descendre dans les mystérieuses profun-
deurs d’un cœur de femme pour décrire les douloureuses agitations qui torturaient celui d'Alice. Elle savait bien (personne ne !e lui avait dit cependant) que Laurent ile Hautegarde était parmi les rebelles, au plus fort du danger, au lus épais de la mê'ée; là était son âme. Mais son père veillait sur elle, prêt à donner sa vie pour lui éviter la moindre violence— là était sa raison — Problème étonnant et insoluble de l’amour qui, souvent dans quelques mois, quelques jours, quelques hcures peut-être, peut aveuglément s’emparer d’un cœur, sans laisser place pour les sentiments que la nature et l’éducation y avaient implantés d’abord.
— Lui mort, se disait-elle. je mourrai.
Puis songeant à sa fatale destinée, elle en venait à se demander :
— Lui vivant, pourrai-je vivre sans lui ?
Pauvre enfant qui n’avait de pensée que pour son amont, et qui pourtant aimdit sincèrement et religieusement son père.
Ainsi, sous ce toit sicalme en apparence s’agitait un drame intérieur plus sombre et plus désespéré peut-être que la désolation qui étendait ses ravages au dehors.
L’incerdie annonça l’arrivée et la marche des troupes anglaisesdans Je village qui offrit dès lors les horreurs d’une pire prise d’assaut dans es siècles barbares. Malgré ses opinions connues, la maison de Mac Daneil fut violée comme les autres, et ce ne fut qu’à l’énergique intervention d’un jeune officier qu'il dut d’échapper à des dangers personnels et de voir sa fille à l’abri des outrages d’ure soldatesque échauffée par le combat...
Mac Déhiel quitta St-Charles le lendemain emmenant avec lui dans une voiture couverte sa sœur que les événements dela veille avaient accablée, et sa fille que dévorait une fièvre ardente. Les angoisses de l’âme Fâtaient en elle la destruction des sources de la vie. Où était
Laurent ? — proscrit — blessé — mort ! Il n°ÿ avait pas d’autre alternative.
Le trajet de la voiture à travers le village fut nâvrant. Dix-huit maisons ou granges étaient réduites en cendres, et n’offraient qu’en amas de ruines. Les habitations respectées par le feu portaient toutes les traces du plus comp'et désordre, sinon du pillage le plus honteux. La rnajeure partie était abandonnée de leurs habitans erfüis pour échapper aux violences qu'ils redoutaicent. La voiture passa devant l'église, et ce fut avec une douleur profonde quele vieil Irlandais en-
eu brisa sa l’apice rési-
y profungitations
avait dit elles, au son âme.
éviter la insoluble quelques ns laisser aient im-
ander :
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Dix-huit t qu'un t toutes plus hon-
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trevit la ma’son de Dieu livrée aux profanations des soldats qui s’en étaient fait un corpi-le-garde pour insulter au culte catholique,
A moitié chemin, les émigrants traversèrent un taillis de jeu d’étendue. Tous trois étaient plongés dans un silencieux abattement, et l’on n’eatendait que le bruit monotone des roues se plongeant dans les ornières du chemin. ‘Tout-à-coup Alice poussa un faible cri en se penchant violemment vers la portière. Le père afiligé n’ut que le temps de voir passer une ombre ; une vuix qu’il reconnut soudain, j tait ces mots à sa fille :
— Encore et toujours !
— Là haut, sans doute ! répondit-elle en montrant le ciel.
Puis e!le se rassit plus calme, et fermant les yeux re plongea dans une morne rôverie, jusqu’à-ce que vint la prendre un sommeil que ré: clamaient impérieusement les épuisements de cette frêle nature, sommeil pénible et agité encore par le contre-coup des douleurs morales.
A Montréal, au pied de la colonne élevée à la mémoire de Nelson, la voiture fut arrêtéo par un rassemblement hideux d’hommes de lalie du feup'e. Ze cocher, en voulant continuer sa route, s’attirait déjà des menaces et des vociférations qui ne respectaient même pas les deux femmes renfermées dans la voiture, lorsque l’attention générale fut heureusement détournée »: un incident inattendu. Un fut pressé de la plus basse canaille poursuivait de ses hurlements 'e mort quelques malheurenx prisonniers patriotes enchaînés, accablés de fatigue, et couterts de vêtements en lambeaux,
Auprès de la voiture de Mac’Daniel, la fuu'e devint si compacte que le triste cortège fut contraint de s’arrê'er, et un instant on put craindre que escorte ne fût impuissante à protéger les prisonniers désignés à la haine de la populace stipendiée.
Plusieurs hommes qu’à leur mise on reconnaissait comme apparte: nant à la classe aisée, l’excitaient incessamment. C’étaient des loyaux fougueux de Montréal, et parmi eux, Alice‘reconaut avec dégoût le ésnseiller Barterèze. Elle le désigna par un geste à son père, sans y ajouter aucun commentaire. En ce moment, le misérable traversait l’escorte et se rapprochait d’un des prisonniers.
… — Nous sommes tous deux exacts au rendez-vous, lui dit-il avec un accent d’ironie infernale,
Il y avait juste huit jours qu’ils s’étaient quittés à St-Charles, dans
la nuit où le conseiller avait signé un papier qu’il lui montra en ce moment.
— Voici, lui dit-il, la signature que tu m’as extorquée. Qui de nous est le plus habi'e ?
— Lequel est l’honrête homme ? répondit Durand avec indignation,
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— Ales! monei u”, ue mü:tsuns honte vaut mi Ux u’uin vie 100: lée par de telles ignominics.
ll ajouta encorr, mis t'è: bas: pure sœur !— Pursil se rcif rma dans un f'er silence, promenaut sur la fou'e hirlunte un :e3 rd plein de ca're et de force.
ie convoi reprit sa marche lente vers la prison n ue.
=-— == + ge
L’insürzection canadienne é'ait étoufée ; les mesures 16 ccticnnai:es curent leur cours, ciment dangercux dont les opyresscurs se scr'ent peur consolider leurs œuvres ct qui cependant en précipite soi.vent la: ruire. Les paroisses rebelles durent encore cu ber le front scus un joug que lcur'éntative avait ren‘u p'us pesant, mais non } lus solidcment établi comme le prouva l’in-u-rection de Pannée suivante.
L’hiver s’écoula dans une tranquillité trompeuse, et sans querin entravât la marche des vengeances Cu pruvoir.
En 1838, à cette époque de l'anr.ée où les bourgeons r«verdis annoncent le réveil de la nature dans ces rontrécs enscvelies jendant quatre où cinq mois sous un linceul de glace et de neige, un j'une homme entrait à Montréal par le f:ubiurg de Qué!'ec. 11 marchait à pas hâ'és et le front courbé sous le pcids d’une préoccupation facile à remarquer. Parinstants, comme siune pensée soudaine le rappelait 47 sentiment do la ré1lité, il jetait autour de lui un regard rapide et “1; Çonneux, puis continuait sa route en rabaissant sur son front le capot gris qui ne laissait guère arercevoir que ses yeux amaigris et creusés sans duute par la fatigue. Son costume, du réste, ñ8 donnait lieu à aucune remarque; le temps était mauvais, ct la pluie chassée par le vent tombait en gouttes pressés et obliquer, ce qui rendait géné:al Pusage du capot. Cependant, en avançant davantage dans la grande rue du faubourg, l’étranger remarqua que le nomtire des passants cugwentait de plus en plus, et bientôt même il sc vit entou:é de groupes animés marchant dans le même sens que lui. Cette affluence d'autant plus extraordinaire que l’état de l'atmosphère était pire, excita vivement sa curiosi é, et peur en cemprendre le motif cu le Lut, il se prit à écouter la conversation Ces hommes les plus rapproc! és, en réglant son pas sur le lur.
— Que Dieu es Lé.isse ! disait ’un d’.ux, !ls ont fait leur devoir,
= A ns Eh = A ny
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ru f rin :ê; rd
ticnnaies se scr'ent souvent la:
nt scus un lus solidc- (e.
y quetin
verdis anpendant , un j'une
rappelait rapide et
n front le maigris et donnait
la grande sants cuy-
et si tous avaient agi comme eux, ils men s:ruient pas là auj urd'hui.
— Qucl'e honte pour le pays ! re,renait un autre.
— Ils mourront sans peur comme ils ont combattu aj utaitun troisième. Mais le sang des martyrs est fécond, et un jcur ils seront vengés.
— Encore s’il eût été possil'e de ls déliv:er par an coup de main. Mais non! les bourreaux nnt bien pris leurs mesures, et rien ne pout p'as les sauver.
— Avez-vous assisté au procès, voisin ? Pas un deux n’a faibli un
moment devant les juges. Rien n’a pu ébran'er leur courage, ni la certitu le d’une condamnatior, ni les tortures de leurs cachuts,
— Qu'lles monstrussié: on' 6 6 mises ru jour! On eût eu p'us d’aumanité pou: dus assas-ins ct ds parricides. Ab! Sir John Colborne s’entend au mêtier de geie: !
— Il fait les choses en grand. N’a-t.il pas entassé dans les prisons, sans autre motif, tous ceux dont ls opiniors étaient dénoncécs por quelques vils dé'ateurs, miséralle: intéressés par vengeance ou spéculation à le: faire incarcércr. Et c:la eu mépris de toute légalité.
— Légalité ! s’écria qu'lqu’un. Il s’agit b'en de cela ! Tou le monde sait que linsurrestion elle-mê ne n’a é é dé'e- minée que par des warrants pour haute trahison, lancés après l’asscmblée de St. Charles sans qu’uurun over act eût é é commis. Le: patriotes ont-ils fait outre chose que s’opposer à la mise à exé.ution de ces warrants ? Et n’était-ce pas leur dev ir de repousser ces monstru uses illégalités ? Que le sang ver-é retombe donc sur la tâie de ceux qui Pont fait répandree
— Tou'e chose aura son temps, et ceux qui échapperont au tribunal des hommes auront un j ur de terribles comptes à rendre au tribunal de Dieu !
— Vous avez raison, monsieur: ; car il n’st pas de meurtre si bien ciché, pas de tortu'es si bien ensevelics cntre les murs d’un cabanon que Dieu ne vie:
— Pauvres martyrs! Ex;osé+sans pitié su froid, aux privatione, de toute esyèce, nêine de nourriture suflisante, aux infections de la malpropre‘é, aux maladies, . . .
— Etla mort au bout de tout c:la!
— La moit, sion peut les convaincre d’un acte de rebcluon. Sinon une longue captivi'é sans cause, et puis une liberté tardive, quand la prison a ameré la ru‘nc de ‘eur for'une et le Célabrerent de leur santé.
— Et c’est ainsi que les Angliis se vengeat sur ccux qu'ils tiennent
‘en leur pouvoir, de Pév:sion des autre qui ont trouvé un refuge sur
les terr:s lib'es de i’iJnion Améicair:e,
re TE
DGA De DE C :