‹ Le recensement canadien de 1891 [microforme]Chapitre 13 sur 19 · DE MANITOBA —— NORD-OUEST · texte numérisé non relu

DE MANITOBA —— NORD-OUEST

L'Ontario est borné de tous côtés par des lacs immenses, rési altardés d'une sorte de Méditerranée dont l'issue iitral un dirigeait point autrefois vers le seul golfe PE Gite e * qu'il court, aujourd'hui, n’est probablement qu'une chti en s commotion souterraine et très étendue qui a produit les Ha 1 ro du Saguenay, dont les suites auront déterminé, sans détte de séne rupture de cette énorme brèche, que domine la citadelle de € et ne Alors émergea la presqu'île d’Ontario: les lacs pr res représentent les cavités profondes de l’ancienne Méditerranée Mas loin, bien loin de nos lacs actuels, la vieille mer ét it | “age eaux sans épaisseur; elle découvrit, en s'éc + Fate an É , en s'écoulant, de grandes surfaces planes et vascuses, entre les Montagnes Rocheuses et le réservoir et creux du lac Supérieur. Les vases sous-marines Pr na sec, sont devenues ces prairies sans arbres, raais d'une fécor ri k veilleuse, qui ont été longtemps le domaine partagé son | : na genie d'Hudson, qui prélevait les fourrures, et les fndlens ue seSsCUrS primitifs du sol, qui en exploitaient les chasses | del due souveraineté de cette contrée sans bornes appartenait à l'Angl es qui en ouvrit les portes à la colonisation il y a 2 su de cn bé à 80 lieues au N.-0. du lac Supérieur, il s’est formé 4 , elle provinee, le Manitoba, qui compte déjà 152.000 âmes ds En 1870, avant la colonisation, on n’y trouvait, ah dehors des sau

e Ù ñ . : é 1 on pure ; tous les autres étaient des métis, dont moitié d'ori gine aise itié d’origine é “ g rançaise ct moitié d'origine écossaise. De 1871 à 1881, la popu | ï

tholiques ; parmi ces derniers, 9.949 étaient Français. En 1891, 1

Arr 0 cais. E e recensement indique 152.506 habitants ; en voici la distribution dét il lée, comté par comté : Sid Natifs

TE

d'Irlande deQuébec d’Ontario

Catholiques

Gorntés Habitants Catholiques Français

Selkirk. . . 53.226 3.198 A vs ù 1.271 1.433 85 9

Dies ... 25.639 2.470 507 1.225 Tu à

seul | 45.469 8.900 8.286 193 3.962 ne

Ligar + « « 92,103 4.017 A

Marquette. . . . 36.069 1.986 370 1.252 pe FL | PS A 670 TOTAUX. 452.506 20.571 11.102 4.553 7.555 46.620

| she | Ces développements successifs du Manitoba ne laissent pas d’éton- À mais ner le lecteur. On peut se demander d’une part pourquoi la popula- migra tion totale en 1881 s’est accrue de 550 0/0, tandis que la population tout < catholique ne s’accroissait que de 120 0/0? Puis, d'autre part, com- Æ tholiq ] ment se fait-il que cette section catholique de la population ait pro- #Æ 9.500, gressé en 1891 de 70 0/0, tandis que les Français colons primitifs de # saires | la contrée, ne gagnaient que 12 0/0? Nou On répond facilement à la première demande : Les courants d’im- f dinaire

migration qui arrivèrent tout d'abord vinrent de l'Angleterre, de # vent d: l'Écosse et surtout de la province voisine d'Ontario : total, 26.000 immi- Ÿ ment « grants dès le principe, tous Anglais et presque tous protestants; on € de Ja c attira de Russie 5 à 6.000 Mennonites, et il vint encore dans les an- 4 opéré | nées suivantes un grand nombre de protestants; mais l’frlande et la I y.

province de Québec envoyèreut à peine 6,000 émigrants catholiques ; # peg, Li

c'est ainsi que la population du Manitoba, qui pendant 50 ans était # étaient

restée moitié protestante, moitié catholique, offrit, au recensement # Bonifac

de 1881, 54.000 protestants et 12.005 catholiques seulement. 4 les tab

|Î Mais, en 1891, la question ne <e pose pas dans les mêmes termes: Œcais, su Il les catholiques se sont accrus à peu près comme les autres habitants; sans le Ù | c’est la distribution des catholiques entre eux qui prête ici le flanc à # scrupule la critique : L'ensemble de la province a progressé de 130 0/0, l’en- 4 s'était a.

semble des catholiques a progressé de 90 0/0, or les catholiques fran- Æ Mais «

| çais, pris à part n'ont gagné que 12 0/0 ! Ce résultat est d'autant plus M moins r Î | bizarre que, de 1881 à 1891, ils avaient bénéficié d'une forte natalité, Mautre m F | et qu'ils reçurent alors de la province de Québec, des É'ats-Unis et Mcrire da xl même de la France des renforts très considérables d’immigrants fran- 1 dans la d \l çais. Cependant, malgré ce grand apport, les Canadiens, évalués à Mrésultat : 1 9.949 en 1881, qui réellement étaient alors près de 11.000 et qui Mçais: en | auraient dù être en 1891 au moins 17.000, n’auraient donc progressé f reçu, du que d’une manière insignifiante ? Anilles a

Le) On a perdu, il est vrai, 2.000 métis français qui se sont reportés î ment ils

| en arrière, sur le territoire de la Saskatchewan ; mais combien est-il Mopiniätr

| [1 venu d’immigrants français, combien est-il né d'enfants ? Encore fau- MVoilà co | drait-il retrouver plus de onze mille Français dans le Manitoba! Acher, les | Par contre, le recensement annonce 9.500 catholiques anglais. D'oùfidarait qu

LA | peuvent-ils venir ? il n’y avait pas 50 catholiques anglais dans tout le Nous n | Manitoba en 170; on en suppose 2.300 dans le recensement de 1881.Bivons sig

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mais en réalité il n'y en avait pas 1.000 ; il est ensuite venu 2.53 i migrants irlandais, dont la moitié peut-être n'étaient pas es né tout cela, joint aux naissances, a pu fournir plus ou 2 ss 4 tholiques anglais ; mais nous voilà bien loin du chiffre se er 9.500. D'où seraient donc venus les 7.000 Irlandais qui si 7 ne de saires pour en fournir la justification ? subtil Nous nous trouvons donc en présence d’un phénomène très ext dinaire, mais il ne nous est pas inconnu ; nous l'avons rencont : ssl vent dans l'étude du recensement de 1891 ; il y a eu là u + id ment de Canadiens français au profit des Anglais par Le Sn de Ja colonne Others. Voici sous quelle forme ce 7. opéré ici. ment sesi y 9 cinq cirecnscriptions dans le Manitoba : Provencher, Winni pre Lisgar. Selkirk e Marquette. Le plus grand nombre des F sn | étaient établis et groupés dans le comté de Provencher Hess ë de Boniface, où réside l'archevèque, Mgr Taché, et où pe bvei L sys les établissements qu'il a créés. En 1851, il s'y SRE ps çais, sur 11-000 habitants. On a laissé ce comté SA sans le remanier, et, en 1891, les recenseurs ont constaté av ; es scrupuleuse exactitude qu'il s'y trouvait 8.900 Français , la ré paris s'était accrue, en 10 ans, de 92 0/0. +1 pop en Mais dans les quatre autres circonscriptions où les Canadiens étai moins nombreux et surtout moins bien groupés, on a suivi .

autre méthode : on a choisi tous ceux que l'on a jugé à propos d'ins crire dans la colonne des French Speaking, et tout # mr: ses ue dans la colonne indéterminée et confuse des Others. Voici 5 . é résultat : on avait relevé en 1881, dans ces quatre comtés LT 5 à çais: en 1891, il n’en restait plus que 2.816; ils ne nt reçu, durant la décade, plus de 1.800 immigrants français pus | milles avaient vu naître de nombreux enfants ! N'importe! sa vi | ment ils n'avaient point augmenté de nombre, mais # sus css opiniâtres les avaient réduits de 50 0/0 sur les EC A\oilà comment on a reconnu d'une part que dans le com de Prov | cher, les Canadiens s'étaient augmentés de 92 0/0, tandis que ins clarait que dans tous les autres comtés ils avaient perdu 50 0/0 di Nous nous trouvons encore ici en présence d'un procédé ie - Â ivons signalé à diverses reprises dans l'Ontario, le CE

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et la Nouvelle-Écosse; l'agence centrale recommandait partout de respecter et ménager les Canadiens, partout où ils se montraient nombreux et bien groupés; partout ailleurs il donnaient à leurs zélateurs le droit d'éliminer ou de transformer à volonté les immigrants canadiens.

I est bien plus facile de supprimer par petits paquets de 20, de 30 et même de 50; puis s’il s'élève quelque réclamation, M. Johnson ou tout autre proteste contre toute fâcheuse interprétation, il parle de son esprit de justice. Voyez, dit-il, la rigueur de notre impartialité, et il cite la province de Québec, les rectifications du Nouveau-Brunswick el le comté de Provencher.

Enfin le témoignage de l’archevèque de Saint Boniface vient mettre le sceau à ces démonstrations. Mgr Taché reconnait, et il l'a dit à plusicurs étrangers de distinction qui l'ont visité, que les catholiques français avaient été fraudés, dans le recensement, de plus de 6.000 âmes, et que, d’après le rapport de ses prètres, les catholiques anglais

atteignaient à peine le chiffre de 3.000 dans son diocèse. Il en résulte- !

rait donc que les Français, déja abaïssés au-dessous de leur nombre

réel en 1881 — ils étaient certainement à cette époque entre 10.500 et 1 11.000, — devaient au moins s'élever à 17.590 en 1891 ; cette évalua- À ion, qui concorde assez exactement avec les considérations que nous ! avons exposées ci-dessus, me parait la plus couforme à la réalité. Le !

comté où le nombre des catholiques francais à été le plus gravement

altéré est celui de Lisgar au nord de Winnipeg; le recensement lui 4

attribue 4.017 catholiques en 18M, sur lesquels il ne signale qu: !

668 Canadiens, or Lisgar contient depuis dix ans deux grandes pa-

roisses canadiennes, qui comptaient en 18S1 plus de deux mille Fran- A çais : Saint-François Xavier du Cheval blanc et Saint-Laurent, sur le # lac Manitoba; au lieu d'inscrire ces habitants dans Lisgar comme # Français, on les a enregistrés en 18H comme 2.500 catholiques pré- A tendus anglais ; or il est bon que l'on sache qu'en {881 il ne s’y trou- A

vait pas 250 catholiques anglais et qu'en 18941 il n'y avait dans tout le

catholique. Quelle confiance pourrait-on accorder à de pareils recensements !

pre:

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Or} França ces col tés Ar Manito comme Mais français 2.000 à les Terr provine Onési géograpi dans FO donnent dessus.

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çais que comté de Lisgar que 450 natifs d'Irlande, dont un tiers n'était pas 8

En réalité, le fonds principal de la population française de ces pa-# roisses se compose de métis que l'on fait passer comme sauvages, etM 1) Lis

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nsement lui 1 signale que wrandes pa- À géographiques de février et d'août 1893 (1), sur l'immigration française À dans l'Ouest Américain. Nous avons étudié ces articles avec soin, et ils À donnent une grande autorité aux évaluations que nous donnons cioliques pri- À ne s’y troudans tout le s n'était pas # eils recense-

mille Franrent, sur le sœar Comme

e de ces pa-$ sauvages, ei #

que les recenseurs n'inscrivent comme Français que si cela leur plait. Quant aux catholiques anglais de Manitoba, il y en a 1.590 à Winnipeg, 7 à 890 dans le comté de Selkirk et 600 dispersés çà et là dans le reste du pays; soit en tout 3.000 au maximum.

A l’ouest du Manitoba s'étendent des Territoires plus ou moins organisés, entre les limites de la province et les Montagnes Rocheuses. Dans ces Territoires du Nord-Ouest, en 1881, on avait constaté 3.100 catholiques et 2.660 Français, dont 128 natifs de la provincæ de Québe: et de France, plus 1.450 natifs du Manitoba.

En 1891. sur une population totale de 66.799 âmes, on à constate 13.008 catholiques dont 1.815 étaient natifs de Québec, 187 natifs de France, et 3 560 du Manitoba. Il y existait aussi 1.814 natifs d'Irlande, mais un tiers d'entre eux étaient des protestants.

Or parmi tous les habitants de ces Territoires, on n’a admis comme Français, en {S%1, que 1.543 personnes, mais il est probable que. dans ces contrées comme au Manitoba, beaucoup de Français ont été réputés Anglais, ei que de plus un grand nombre de métis natifs du Manitoba, bien que Français d’origine et de langage, ont ét£ classés comme sauvages par la vertu de la colonne Others.

Mais nous évaluons qu'en 1891 il existait environ 5.000 habitants français qualifiés, domiciliés dans l’ensemble de ces Territoires, dont 2.000 à prendre dans les métis natifs du Manitoba, et émigrés dans les Territoires, comme nous l'avons déjà signalé en parlant de cette province.

Onésime Reclus a publié de très curieux détails, dans les Nouvelles

dessus. Il pense que le Manitoba comptait, en 1881, 17.0: 7; Français:

il considère comme un chiffre absolument fantaisiste les 1.43 Fran-

çais que le recensement attribue aux Territoires du Nord-Ouest : il pense comme nous que les nombreux métis français du Manitoba, qui ont émigré vers la Saskatchewan, ont été englobés, ainsi que les métis écossais de lord Selkirk, dans une masse indistincte de nationalités

(4) Librair:e Hachette, à Paris.

diverses, afin de faire disparaître leur connexité d'origine avec les Français canadiens. Il estime au nombre de 4.486 les Français des Territoires de l'Ouest en 1891; si notre évaluation s'élève jusqu'à 5.000, c’est, qu'en 1881, nous nous en sommes assurés sur des données précises, il existait dans les Territoires 2.122 natifs : de la province de Québec, de France, Belgique, etc., lesquels ‘ints aux métis français émigrés du Manitoba dans les Territoires, enfants de tous les immigrés nés de 1881 à 1891, et aux Français venus des États-Unis formaient un total qui devait même dépasser 5.000 âmes. Dans les Revues citées plus haut, Reclus entre dans des détails très intéressants sur la natalité des Français dans ces contrtes de l'Ouest, lesquels semblent présager un développement considérable pour le prochain recensement.

Nous pouvons donc conclure qne lors du recensement de 1894, il se trouvait 17.500 catholiques français dans le Manitoba et 5.000 dans les Territoires de l'Ouest, Le comté de Provencher contient à lui seul près de la moitié des Français du Manitoba. Le recensement dan: cette circonscription a été assez exact, de sorte qu'a "rochain dénombrement ce comté devrait s'accroître relativement s que les autres.

S'il ne survient aucune circonstance grave, ruvencher pourra compter 12.000 Français au prochain recensement ; tandis que dans les comtés de Lisgar et de Selkirk, que les recenseurs ont fraudé de la manière la plus abusive, ainsi que la ville de Winnipeg, les 2.440 Français recensés en 1891 pourraient très bien se transformer en onze ou douze mille âmes, si le recensement est opéré par des hommes sincères, exacts et intelligents. Quant au comté de Marquette, N.-0. du Manitoba, les Canadiens auront peut-être de la peine à y atteindre 2.000 âmes.

Le recensement actuel ne portait donc pour cette province que 11.102 Français ; nous les évaluons à 17.300 âmes; et nous présumons qu'ils seront environ 26.000 en 1901. D'autre part, il n'attribue aux Territoires que 1.543 Français ; nous en comptons à.000 dont la majeure partie sont dans l'Alberta, où Mgr Grandin est évêque, et dans la Saskatchewan. Nous présumons enfin que ce nombre pourra s'éle ver en 1901 jusqu'à 7 ou 9.000 âmes, selon que les métis françai montreront plus ou moins de stabilité dans les conditions usuelles dé leur vie.

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Dans toutes ces évaluations nous ne tenons aucun compte des missions purement sauvages.

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