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tenue à l'écart; à notre époque, en effet, plus qu'à toute autre, surabondent les charlatans du commerce et les ambitieux déclassés de la politique, enfiévrés par l'intérêt personnel; les ambitieux n'ont jamais craint d’accaparer les choses les plus utiles à la généralité des citoyens, pour s’en faire un marchepied à leur usage particulier.
Certes, rien de pareil ne peut entrer dans notre esprit; mais il faut se garder contre ce risque: n'avons-nous pas vu tout récemment, sous prétexte de politique, soulever dans la province de Québec, sur le sujet si délicat de l'instruction publique, des discussions acerbes, dont le moindre défaut était de provoquer une admiration très discutable pour le régime scolaire des Yankees. On recommandait aux Canadiens, avec une grande chaleur, ces universités étrangères et leurs collèges, et l’on critiquait sans mesure les maisons d'éducation de leur pays. Tout le monde sait cependant que, si l'instruction primaire est très répandue aux États-Unis, l'instruction secondaire et supérieure y laissent beaucoup à désirer. Les maîtres y disposent certainement d'un savoir relativement suffisant; mais ils manquent d'ordre et de méthode dans leur enseignement; quant au travail des élèves, il est absolument abandonné au désordre et au décousu de la fantaisie personnelle et de l’impression du moment. Je ne sache aucun pays civilisé où le savoir apparent soit
En aucun pays, non plus, je n’ai vu les professions libérales occupées
À par autant de médiocrités; nulle part on ne trouve un tel flot de char- À latans et d'intrigants fort ignorants; mais ils sont doués d’un aplomb
4 superbe, et font croire aux nigauds qui lisent leurs annonces que des « vessies sont des lanternes.
Est-ce la faute des professeurs qui enseignent, ou la faute des élèves
à qui étudient? Nous craignons d'élucider cette question; mais nous sa- - vons personnellement que les diplômes vankees représentent la valeur : de l'argent que l’on a payé, et non pas la valeur des étudiants qui l'ont . versé.
Nous pouvons affirmer, au contraire, et sans chercher à flatter les
|Canadiens, que leurs universités sont plus sérieuses et leurs enseigne-
ments plus féconds; par la seule supériorité des méthodes d’enseigne-
|ment, les maîtres l’emportent notablement sur les professeurs yankees ; lils habituent dès l'abord leurs élèves à classer leurs idées, à disposer leur | avail avec ordre et clarté, ce que l’on n’apprend guère dans les collèges
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