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glaise, et chacun pouvait dire : l'accroissement français a subi une réduction considérable, mais c'est un malheur du temps, tout le monde a été frappé, c'est une crise générale.
D'autre part, en faisant bénéficier les Anglais catholiques, de tous les catholiques enlevés aux Français, on pouvait prétendre que ces derniers s'amoindrissaient, landis que le développement des premiers se fortifiait de jour en jour, etc., ete.
Quant aux rectifications que nous avons onérées, où peut apprécier maintenant quelle était leur importance et ur utilité; mais on peut juger en même temps comme elles ont été conduites avec équité et circonspection; car leur effet définitif a été de ramener précisément les paroisses catholiques anglaises, à la progression normale que leur assigne leur natalité depuis 40 ans ; tandis que la progression extraordinaire dont les recenseurs les avaient imprudemment gratifiés, à fourni par son excès même les indices révélateurs des injustices commises, el les plus fortes preuves pour en établir l'origine. Ces observations sur l'état de quasi-stagnation des paroisses anglo-catholiques étaient utiles à signaler, pour faire apprécier à sa juste valeur l'importance exagérée que l'on attribue généralement à l'Irlande sur le développement du catholicisme en Amérique. On ne saurait croire combien est lente la progression des paroisses irlandaises, quand cesse l’immigration qui les a peuplées; (au moins dans le Canada). A partir de
4 1861, époque où s’est arrêtée la plus grosse impulsion du grand exode 4 irlandais, jusqu’au cens de 1891, les Anglais catholiques du Nouveau- À Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l'Ontario, manifestent à peine {une augmentation très faible par décade; la Nouvelle-Écosse seule { tranche un peu sur la masse, et fournit presque seule l'augmentation.
De 1861 à 1891, les catholiques anglais de l'Ontario ont vu constamment leur accroissement se réduire malgré l'immigration irlandaise,
ceux du Nouveau-Brunswick ont décru de plus de 3.000 âmes
À depuis 1871.
L'ensemble des catholiques anglais, ou réputés tels dans toute la
Piconfédération, sauf la Colombie Britannique, était évalué dans le re-
recensement de 1891 à 55.333 âmes; par suite des rectifications que
M nous avons signalées, ce chiffre est réduit aujourd’hui à 496.876! Or. {on 1861, on comptait 459.000 catholiques anglais. Telle est la lenteur Mie leur progression. Les catholiques anglais, soutenus par l'immigration
irlandaise se sont accrus de 8 0/0 en 30 ans, tandis que les cathoiiques français sans immigration française, s’accroissaient de 35 0/0 dans la Confédération !
Nous ne saurions quitter cette critique du recensement de 1891, sans faire connaître la pitoyable fin des justifications que M. Johnson, l'agent général du recensement, avait paru entreprendre, sur un ton un peu hautain et dédaigneux d’abord, mais qui se sont terminées avec platitude, dans des excuses ridicules.
Se voyant poussé à bout par des réclamations auxquelles ii ne pouvait répondre, il a inséré dans un avant-propos, °” *chevant la publi cation du Census, les explications que voici :
« Ces accusations de fraude sont, dit-il, parfaitement inexactes, fout le monde sait que de nombreux immigrants sont venus de Québec
en Ontario, dans les comtés limitrophes; aussi en a-t-on tenu compte | largement; tandis que, dans les pays éloignés, les groupes canadiens. 4
n'étant plus recrutés par Québec, s'étiolent et sont absorbés par le: Anglo-Saxons. »
Cette phrase l’accuse plus qu'elle ne le justifie; car il semble que ce soit lui qui ait indiqué aux recenseurs les circonstances dont 0» 4 doit tenir compte, dans les évaluations des groupes recensés; mais É qui est plus grave, c’est qu'elle montre qu'il ignore ou fait semblant d'ignorer l'état réel de l'immigration française dans Ontario : cit: 8 immigration n’a jamais cessé de recruter les différents groupes frau- À çais qui se trouvent dans cette province. En 14861, on y trouva: 4
33.287 natifs de la province de Québec — 43.406 en 1871 — 5.4 À
en 1881 — 58.772 en 18%. Cette immigration a-t-elle cessé de +
porter dans les groupes français très éloignés, où les Français s’étiolest.& dit-il, parce qu'ils ne sont plus recrutés ? Rien n’est plus inexart 8 Les deux comtés les plus éloignés de la frontière de Québec, sont#
Essex et Ken!, or ce district est un de ceux où l’on trouve le plus gran:
nombre de natifs de la province de Québec: sur 20.000 Français. :l
y a 3.400 natifs de la province de Québec.
On peut en dire autant du district de Hastings, de la presqu'ile d Tiny et de plusieurs autres cantons fort éloignés des Canadiens-Fran#
çais, enveloppés par des populations anglaises, qui sont restées Fran çais, et qui se développent depuis 50 ans, également conservés <
soutenus par une immigration canadienne qui ne s’est jamais int-r#
» tiol
va
rompue; si bien que M. Tassé a pu dire en plein parlement, sans être
les cathoit- démenti, qu'il n'y avait pas un comté en Ontario où ne se soit installé de 31 0/0 un ou plusieurs groupes français.
Cette réponse, où M. Johnson cherche à partager le différend en e 1891, sans distinguant entre les groupes canadiens qui prospèrent el ceux qui son, l'agent À sétiolent, est donc insuffisante; c’est pourquoi il a eu recours un peu
ton un P#E À plus loin dans sa préface, avec embarras et mauvaise grâce aux explis avec plai- À cations qui suivent :
« On a essayé de découvrir au moyen de ces colonnes, le nombre sil ne pou- de « Canadiens-Français » et d’ « Acadiens-Français » dans les diverant la publ , ses provinces du Canada. On a prétendu, cependant, avec beaucoup
» d'apparence de raison, que la colonne intitulée « Canadiens-Franexactes, (OU ©, Gais » n'établit pas le nombre de personnes d'origine française en s de Québec À, Canada, et que, dans les cas des Acadiens des F'rovinces maritimes, tenu COMPE À, et des métis du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest, la queses canadiens À , tion avait été mal comprise, et que dans la province d’Ontario, orbés par k=@, pour diverses causes, plusieurs personnes d’origine canadienne-fran-
À > çaise n'ont pas été énumérées comme telles. | semble qu À , 11 est fait mention de ce fait, afin que ceux qui se serviront des nces dont os |
» résultats publiés ne soient pas mis sous une fausse impression en » supposant que le nombre de personnes d’origine canadienne-fran- » çaise a été donné avec précision, ou que les augmentations ou » diminutions réelles sont telles que semblerait le démontrer un rap- » prochement avec le recensement précédent. »
Cette préface ressemble fort à un aveu d’inexactitude ! Triste aveu qui s’embarrasse dans des explications troubles et des excuses déplorables. C’est le digne complément du récit fantastique des fléaux qui auraient décimé les Acadiens de la Nouvelle-Écosse, il y a sept ou huit ans. Reclus couvrit alors d'un ridicule mérité l'imagination maladive
sés; mais € 4 fait semblant !
ntario : cet: À oroupes fras- :
n y trouva’ 1 — Su.
b cessé de F ais s'étiolesl.
plus inexari.
uébec, 508 je ce pauvre M. Johnson; mais aujourd’hui, il devient inutile de pourle plus gramis ivre plus longtemps une pareille discussion. Habemus confitentem D Français. 1 reum.
; Il ne faudrait point cependant que l’on fût exposé à voir une sempresqu'ile Si Lible comédie se reproduire au prochain recensement ; il serait même adiens-FraS Gécirable de voir un homme plus capable, plus sérieux et plus sincère restées Fe placé à la tête d’une telle entreprise. Pourquoi ne pas prévoir dès conservés ©
sg maintenant les précautions, qu’il conviendra de prendre alors, pour jamais inieT
ant
que l’honnèteté du recensement fût surveillée, contrôlée et protégée par le public canadien lui-même? Sans nous étendre ici dans des détails qui ne peuvent être convenablement déterminés que par les habitants du pays, nous nous permettrons de rappeler, que le Canada possède une société, je dirais presque une institution, très propre à rendre en de telles circonstances les plus éminents et les plus utiles services.
Ses relations étendues et les nombreux correspondants qui sont à sa disposition, lorsque les intérèts de la patrie canadienne sont en jeu, lui donnent une autorité réelle, que rehausse encore la sympathie géné-
rale qui l'entoure dans l'Amérique du Nord. Je ne pense pas être
indiscret en parlant d’elle en cette circonstance, puisqu'elle m'a fait
l'honneur de m’admettre dans son sein, en me nommant il y a six ans À
son président honoraire.
Il s'agit de la société de Saint-Jean-Baptiste qui a été fondée il y ! a plus de 60 ans, pour relier tous les groupes canadiens, dans le #
but de soutenir, conserver et développer la nationalité française en Amérique. Je ne doute pas que le président, l'honorable M. David, qui veut bien m’accorder quelque amitié, ne comprenne et n’apprécie l’idée que je suggère aujourd’hui. Rien ne saurait être plus conforme à l'esprit
de la société de Saint-Jean-Baptiste, que de se consacrer tous les dix &
ans, à fomenter le recensement, et à surveiller les opérations des à PE ù : x : 4 plus co commissions de recensement. L’accroissement des Canadiens et sa juste À E
En auc
se , À par aut Voilà bien des années que M. David consacre tout son temps et tous À P
constatation, constituent en effet la force vitale de leur nationalité.
ses soins à réorganiser et à fortifier cette belle institution; il vient de
centre matériel; ne serait-ce point pour M. David couronner son œuvre &
que d'attribuer à la société de Saint-Jean-Baptiste, le droit de surveiller, & dubéts
au nom des Canadiens-Français, l'enregistrement de leurs progrès ?
Nous n’entrerons ici dans aucuns détails d'exécution, qui nous conduiraient beaucoup trop loin; mais je tiens à faire observer que je ne veux rien proposer qui, de près ou de loin, puisse entrainer la société en dehors de la sphère ordinaire de son action. Aucun intérêt personnel, aucun intérêt commercial, aucune visée politique, ne doit entrer, je le sais, dans ses préoccupations (et rien n’est plus raisonnable), si l’on veut lui conserver son prestige traditionnel et son autorité morale.
Ajoutons même que la politique surtout doit être rigoureusement