ION A DELPHES
Dans un article publié par cetto revue en J915, p. 43-50, sous le titre Observations sur les prologues d'Ion et des Bacchantes^ M. Georges Dalmeyda, prenant pour point de départ un mot du monologue initial de VIon d'Euripide, arrive, par des déductions ingénieuses, à cette conclusion que le poète, en mettant à Delphes la scène de son drame, pourrait bien avoir manifesté son esprit d'indépendance à l'égard de ses devanciers. « Les fragments de la Koéouo-a (de Sophocle) ne nous autorisent nullement à admettre que la scène du drame était à : Delphes. Qui nous dit que ce ne fût pas là, précisément, l'ori- i ginalité de la pièce d'Euripide? »
A l'appui de cette idée, M. Dalmeyda cite, fort à propos, les vers de la fin du troisième épisode (1020 et suiv.) où le vieil- \ lard conseille à Creuse, qui l'approuve, d'empoisonner Ion à j Delphes séance tenante, au lieu d'attendre qu'il ait été ramené j à Athènes par Xouthos. Parla, Euripide critiquerait discrètement ses devanciers qui avaient placé la scène à Athènes, et . marquerait la supériorité de son invention dramatique sur la ' leur.
Cette citation me suggère une observation, qui ne va nulle- i ment à l'encontre de la thèse de mon ami M. Dalmeyda. Bien au contraire; car la seule critique que je vois à lui faire est de s'être arrêté en si beau chemin et de n'avoir cité qu'un texte à l'appui de sa thèse, alors que la pièce lui en fournissait un second, peut-être plus significatif encore.
PA
Kuiper, Koenraad