NOS PETITS SOUVENIRS
Ils sont là, tous vivants, mes tendres souvenirs, Ils sont là, relégués au fond de leur demeure, Tiroir aux vieux chiffons, de regrets, de plaisirs, Qui font qu'en les voyant, l'on sourit ou l'on pleure.
Quand je sens le besoin de causer avec eux Je les retrouve là, ces pieux débris que j'aime ; Les contempler souvent mes trésors, je le veux Car je retrouve en tous, une part de moi-même.
Relégués ! mes amis ! que dites-vous tout bas A la jeune fille, qui près de vous soupire ? Vous dites des choses qui ne s'expriment pas Et provoquent toujours, une larme, un sourire.
Vous dites qu'ici-bas, tout est joie ou douleur, Que le plus beau rêve n'est que pure folie, Qu'un mirage trompeur, et que de notre cœur Tombe toute illusion, même la plus chérie.
Vous êtes là, vivants, mes tendres souvenirs, Je veux vous contempler, ô pieux débris que j'aime ! Vieux chiffons tous peuplés de regrets, de plaisirs, Te retrouve en vous tous, une part de moi-même.
Juillet 1890. ATTAr..\.