‹ Le Recueil littéraireChapitre 18 sur 82 · LE CHAUFFEUR · texte numérisé non relu

LE CHAUFFEUR

A notre époque où la vapeur et l'électricité sont les deux grandes forces motrices et régnent en maîtresses dans l'univers, à côté du mécanicien qui les règle, le chaufieur qui les produit et les entretient a bien droit à son petit dithyrambe.

A l'atelier comme à l'usine, sur sa machine comme à fond de cale,

il est la vie, la lumière ; il est la vitesse, la force. Par les rayons torri-

des d'août comme par les froids bordant de pendeloques le socle des

t" ontaines, torse nu, noir comme un démon, de ses biceps aux muscles

d'acier, toujours il enfourne.

Par la porte entr'ouverte du fourneau où il fouille pour aviver la flamme, quand le charbon en incandescence fait danser ses reflets violâtres sur les parois de sa prison, il semble un échappé de l'Enfer. De lui, mieux encore que des vierges romaines, on peut dire qu'il entretient le feu sacré, et quand Dieu chassait Adam du Paradis terrestre en lui disant qu'il aurait désormais à gagner sa vie à la sueur de son front, il lui prédisait assurément qu'il aurait des descendants chauffeurs.

Et cet être qui passe ainsi sa vie dans une atmosphère poussiéreuse et malsaine, qui donne la vitesse à la machine nous emportant vers les pays rêvés, est parfois une sublime victime du Devoir. Nous en avons malheureusement trop souvent la preuve, et dans les récentes catastrophes de chemin de fer, en Canada comme en Russie, comme en France, ne sommes-nous pas obligés de constater qu'il est toujours parmi les morts !

D'autres métiers demandent un long apprentissage, une certaine intelligence, de l'instruction même. C'est ce qu'il faut, par exemple, au mécanicien son compagnon de danger. Sans tout cela — comme avectout cela — pour être chauffeur il faut du courage.

Et ce courage seul, sufllt à lui assurer les sympathies.

Edme Paz.

CHOSES ET AUTRES

L'Étudiant et Le Couvent. — Nous accusons réception de " L'Étudiant " et " Le Couvent, " revues mensuelles publiés a Joliette. Ces deux revues entrent, l'une (L'Etudiant) dans sa cinquième année, l'autre (Lt Couvent) dans sa quatrième année d'existence. Qu'on nous ])ermette, quoiqu'un peu tard de féciliter le révérend M. F. A. Baillargé Ptre, et Rédacteur-Propriétaire de ces deux publications, lesquelles nous le savons par expérience, ont produit beaucoup de bien parmi la jeunesse canadienne, en lui donnant des conseils chrétiens, en lui enseignant des choses utiles tout en amusant.

Toute personne qui nous fera parvenir le montant de trois abonnemenis aura droit à une année d'abonnement.

Le Recueil Littéraire accuse réception de toute public;itiun, livre ou revue dont on lui envoie un exemplaire.

Feu M. le Professeur L. A. Brunet

Nous avons la douleur d'apprendre à nos lecteurs que M. L. A. Brunet, professeur à l'école du Plateau, est décédé à l'âge de 54 ans, samedi, le 23 février 1889. Ce ])enseur profond, ce littérateur distingué était l'auteur des charmantes poésies jjarues dans le numéro précédent et actuel. Il était aussi l'auteur de '' La famille et ses traditions" etc., etc. La rédaction et l'administration présentent leurs condoléances à la famille du regretté défunt.

Avis de l'Administration

Nous demandons, très humblement, à tous nos confrères, de nous donner crédit, quand ils reproduisent des articles de notre journal. Cela ne vous causera aucun tort et nous fera grand bien.

Ceux de nos abonnés qui cliangent de d imicile au ler mai, sont ]);ie.^ de nous en informer.

FtECXJS.

Voici les noms de ceux qui nous ont l":iit itnrvouir le niotiinm de leur nbonnenient et qui n'ont ])as eu de recu-^. Louis r)ri-ebois, St LTenri Ferdinand Dagennis. St Henri.

Page 1