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LA LANGUE FRANÇAISE

[Pour "Le Recueil Littéraire."J

Il est pénible pour un cœur vraiment canadien français, de voir ses compatriotes adopter les mœurs et les coutumes anglaises, de les voir s'an^litier. Hélas oui, la vieille politesse fiançaise disparaît peu à peu parmi nos co.npatriotes. L'anglomanie nous a envahi. Soyez froid, gourmé, empesé dans vos manières ; ne répondez que par monosyllabes, d'un air ennayé, vous serez considéré comme un perfect gentleman (en langage fashionable). Gardez-vous bien d être courtois, affable, vous passeriez pour un prétentieux ou un écervelé.

On me dira; Mais nous fréquentons les salons anglais, nous fraternisons avec nos conquérants, nous travaillons pour eux, et pour ne pas troubler l'harmonie qui règne entre les deux races, pour éviter toutes dissensions, toute animosité, il faui bien faire comme eux et parler leur langue.

C'est une grande et déplorable erreur qui malheureusement, tend trop à se propager. Aussi, combien de canadiens qui s'anglitient, dédaignent les manières, la langue de nos ancêtres, qui eux, ont appris à parler, à vivre dans le plus beau pays du monde, la France.

La langue française est parlée par tous les diplomates, les grands, ,les nobles, et les gens instruits de l'univers ; et on la voit abandonnée, délaissée, à Montréal, Ottawa et autres grands centres, par des gens se croyant intelligents. C'est le petit nombre, j'en conviens, mais ce nombre rechercne la société de ceux qui ne connaissent pas les beautés de notre langue, et préfèrent parler l'anglais, et ils la font parler à leurs enfants, dés le bas âge, ceux-ci grandissent, et ils ne parlent pas le français, les parents sont fiers, contents de leurs fils et s'écrient avec enthousiasme : Ah, qu'Us parlent bien l'anglais ! pourraient-ils en dire autant du français ?

Canadiens Français, pour la gloire de nos aïeux, pour l'honneur de la France, pour l'avenir du Canada, n'abandonnez pas cette langue chérie, parlez la, n'en rougissez pas, et enseignez là a vos enfants. L'anglais l'apprendra et sera fier de parler en français avec vous, et nous aurons contribué à répandre la plus belle langue de l'univers et maintenir le titre du beau pays que nous habitons : le Canada français.

Montréal, Juin 1889. RaOUL T.

FABLE-EXPRESS

Un pêcheur très actif poursuivant la baleine Au fond de l'Océan se nova. Néanmoins,

Moralité

" Travaillez, prenez de la peine,

" C'est le fond qui manque le moins. "

RÉMI Tremblay.

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