ACTE II, SCÈNE IV dans cette chambre noire ? (Un temps
MALTE, âpre et frémissant.
Tu as entendu toute ma défense... et tu vois ce qu'elle vaut ! [Un silence.) Maintenant, écoute bien. Tu m'as jeté hors de moi. Ta sécheresse, ton absence d'amour m'ont fait perdre tout sang-froid. C'est toi qui m'accables. Au fond, que tu le veuilles ou non, tu es le seul mobile de mes actes ; tout ce que j'ai fait, je l'ai fait pour garder la vie qui te donnait à moi. Tu me resteras jusqu'au bout; ton amour me suivra, quoi que j'aie fait, quoiqu'il m'arrivc.ou bien, je ne me défends plus. J'avouerai, j'avouerai tout, si tu ne m'ouvres pas à l'instant tes bras. [Un long silence.)
LAURENCE [elle tombe à genoux).
Je ne veux pas que tu avoues !
MALTE
Alors, relève-toi. Donne-moi de la force et de l'audace, car il va m'en falloir.
LAURENCE, Sourdement.
Je ferai tout pour te sauver.
MALTE
Non, debout! poitrine à poitrine..., je ne demande pas l'aumône... Je sauverai l'avenir, car j'ai de de la force encore, s'il est pareil au passé... sinon je ne réponds de rien, je ne lutterai pas, j 'avouerai, là, devant toi, au premier qui entrera.
LAURENCE, qui S est relevée, suppliante. Dis-moi..., explique-moi.