ACTE III, SCÈNE I
L AMIRAL
Il y a soupçon et soupçon. On m'a dit : Il y a cela contre lui. Pour tout autre, c'eût été une preuve, une preuve accablante. Moi je n'ai pas bronché. J'ai attendu qu'il vienne. Il m'a dit : « Prouvez-moi que ceci m'accable » . Il avait raison. Mais j'aurais mieux aimé qu'il me dise n'importe quoi, n'importe quoi, excepté cela !
Quand on sent tout le monde contre soi....
l'amiral.
Je n'étais pas contre lui, il devait le sentir. Et tout de suite il s'est retiré à cent lieues, il est devenu un autre, un autre que je n'ai jamais vu, un autre qui se défiait de moi*
LAURENCE, fortement.
Je suis certaine que Malte n'a pas commis un crime.
[L'Amiral garde le silence, ils se taisent quelques instants. Laurence disparaît à l'entrée de Feugères. Silence gêné.)