ACTE III, SCÈNE IH
LAURENCE, s' énervant aussi.
Quelles preuves?
MALTE (même jeu).
Qu'importe ! si elles m'accablent... Car j'ai trahi, tu entends, je suis un traître (ombre d'emphase). J'ai livré les secrets de la défense nationale. (Voix s' altérant, de plus en plus émue et sincère.) Secrets d'un jour, secrets provisoires qui valent aujourd'hui la vie d'un homme, et demain ne valent plus rien. Trahison emphatique et bénigne, dont pas un bouton de guêtre ne souffrira, et que je vais payer du pire qu'on ait pu inventer....
LAURENCE, dans un souffle.
Tu n'as pas fait cela.... Tu m'as dit....
MALTE (même jeu).
Il fallait opter ! me faire sauter la cervelle, ( 163 )
OU en laisser aux autres le soin. Devant la mort... an détail de plus ou de moins.
LAURENCE, sc cramponna7it.
Tu m'as dit....
MALTE
J'ai choisi la peine avec sursis.
LAURENCE
Un moment de folie....
MALTE
Pas du tout.... J'ai pesé le pour et le contre avec une subtilité dont je défie bien tout homme que la réalité sans phrase n'a pas pris à la gorge .... J 'en voudrais voirun autre dans cette situation-là. Ah ! ce que j'ai raisonné... car il m'a fallu des raisons. Si criminel que vous me déclariez, si dégénéré, sans doute, moi non^