‹ Le redoutable; pièce en trois actesChapitre 96 sur 123 · ACTE m, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE V

MALTE, fortement.

Toi-même à ma place ! Quand un homme se noie, il étrangle celui qui le sauve.... Diras-tu qu'il est homicide?

FEUGÊRES. »

Je te répète qu'il te manque une chose, la seule supériorité que je me reconnaisse sur toi, le sens profond de l'honneur.

MALTE

Et moi, je te répète qu'il t'en manque une autre : le sens profond de la mort. (C7m temps.) J'ai voulu vivre. Songe à l'avenir que j'avais.... J'aimais ta.... j'aimais Laurence. Je l'aimais, vois-tu, comme une femme et comme... je ne peux pas te dire... comme un royaliste peut aimer la reine... ce qu'elle était parmi nous, elle, la fille de nos chefs, un peu comme ces figures de proue, nos emblèmes et nos ma-

dones...je n'ai pu vivre hors de son horizon.... Oh ! ne fronce pas les sourcils, je t'explique... je ne demande pas d'attendrissement... je ne prétends pas « avoir trahi pour une femme ));ce que j'ai fait, je l'ai fait pour moi..., mais, mais vois-tu, j'étais son amant.

FEUGÈRES

Puisque tu tiens à me le rappeler, un mot : que lui as-tu avoué ?

MALTE

Elle a tout su bien avant nous.

FEUGÈRES, avec déception.

Ah ! Laurence....

MALTE

Ah ! celle-là est sincère, il n'y a rien d'appris dans ses actes, rien d'imité, elle en est au même

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