‹ Le redoutable; pièce en trois actesChapitre 95 sur 123 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

prends donc, Malte, qu'il vaut mieux nous taire. Tout ce que je puis, au nom du passé, que j'oublierai ensuite, c'est t 'offrir une aide matérielle.

MALTE, fiévreux.

De quoi veux-tu que j'aie besoin? Et puis, qu 'est-ce que me fait ton attitude ? Tu te guindés selon des principes appris. Il n'y a de sincères en toi que la souffrance que tu me caches et le désarroi de tes idées sur le crime et la vertu.

FEUGÊRES.

Est-il: possible, Malte, que tu tiennes encore à mon opinion?

MALTE

Tu as raison. On devient imbécile. Et pourtant.... Me serais-je vaincu moi-même? Auraisje ruiné mon métier? Les brutes..., qu'ont-ils donc cru que je leur livrais? Nos codes et nos cartes, mais je n'avais qu'un mot à dire, ime

disparition à signaler.... Non, non, non, Feugères, je n'ai pas livré nos bateaux, je n'ai pas vendu nos escadres, nos belles et précieuses unités, dont pas une tôle ne m'est chère. Non, non, je n'ai pas fait d'elles cette chose poignante et sinistre, cette chose inoubliable que j'ai vue après Tsu-Shima, un vaisseau vaincu, porteur de vaincus et de mourants, et de ceux qui veillent les mourants.... (7/ s'angoisse et sanglote ; Feugères pleure silencieusentent.)

FEUGÈRES, presque bas, après un long temps.

Il t'a manqué une chose, Malte, le sens profond de l'honneur.

MALTE [mouvement des épaules).

Des mots.... Mais, toi-même, à ma place....

FEUGÈRES

Prends garde à tes paroles.

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