ERA
Influence du sommeil sur la forme du réflexe plantaire.
Le sommeil, qui diminue le tonus, favorise la réaction en flexion dorsale et le signe de Babinski physiologique s'observe jusqu'à un âge relativement avancé chez les enfants endormis (12 ans : Collier, Mie Rosenblum, Pieron : 14 ans : Bickel, Goldflam, Marinesco).
On observe une inversion de la réponse par le passage de l'état de sommeil à l’état de veille (anesthésie). (D' Kleitmann).
Modifications du signe de Babinski physiologique lorsque entrent en action, chez le nourrisson, certains centres régulateurs du tonus.
MM. Wolpert, Th. Vogt, Zador, Schlesinger s’accordent à penser que la réaction en flexion dorsale chez les enfants des premiers mois n’est pas absolument comparable, même par sa forme, au signe de Babinski des lésions pyramidales ; faisant état des légers mouvements athétosiques qui caractérisent la réponse du nourrisson, ils la considèrent comme un pseudo-Babinski semblable à celui que l’on observe chez les « Striés ». Pour les uns (MM. Vogt, Zador), le mouvement de flexion dorsale devient plus typique vers le 4° mois, époque approximative à laquelle le striatum commence à assumer ses fonctions ; pour M. Schlesinger l'aspect athétosique du mouvement ne cesse que vers la fin du 8° mois.
PAR t us Modifications corrélatives de l'extension des orteils et du tonus en réponse à certaines excilalions proprioceplives.
M. Schlesinger relaté que, au cours de ses recherches sur les formes de la réaction d'extension des orteils chez le nourisson, lorsqu'il tournait la tête de l'enfant, du côté opposé au pred stimulé, le réflexe plantaire s’atténuait ; lorsqu'au contraire il tournait la têle de l'enfant vers le pied stimulé, le réflexe s’accusait. Waggoner et Fergusson notèrent occasionnellement le même phénomène, mails ne croient pas à sa constance.
Ainsi 2 méthode: ont été employées pour étudier l’influence du tonus sur la forme du réflexe plantaire : l’une indirecte (rôles du sommeil, du « standing ») qui ne permel pas toujours d'obtenir des résullats très probants — en effet, le réflexe plantaire a souvent un type normal chez beaucoup d'enfants qui n'ont n1 marché, m essayé de marcher (Waggoner et Fergusson) : l'autre directe (rôle des réflexes de maintien) mais applicable seulement aux nourrissons des premiers mois, tt qui pour être fructueuse doit être mise en pratique par un neurologiste averti.
Nous avions pensé que l'étude des réflexes de posture élémentaires chez l'enfant, pendant la période même d'établissement de la flexion plantaire « type adulte » pourrait peut-être offrir aussi quelque intérêt.
Le réflexe de posture élémentaire, bien qu'il ait été décrit au début comme un phénomène purement local (Foix, Thévenard), varie en effet, comme l’a montré
M. le professeur Froment, avec latlitude générale, il
LERÉO Cr
s'exagère chez les Parkinsoniens, s’intensifie tout particulièrement dans les « états dystasiques » qui déterminent une hantise latente de déséquilibre.
Le réflexe de posture élémentaire est donc fonction du tonus statique, tonus très différent de celui qui se manifeste dans les réflexes de maintien du nouveau-né, car «11Y est adjoint des réflexes cérébraux de type conditionnel » (Froment).
Tonus de maintien, tonus d’attitude, tonus statique que révèle (comme élément d'un complexe) le réflexe de posture élémentaire — c’est là un même mot qui répond à des notions plus ou moins extensives, plus où moins abstraites, et, pour se faire une idée claire de son context, on peut par un exemple le fixer sur une conception plus concrète :
« Supposons un sujet normal placé en décubitus dorsal et dans le relâchement le plus complet ; portons progressivement le pied en flexion dorsale et rotation interne c'est-à-dire dans la position que déterminerait la contracton active du jambier antérieur. Il semblerait qu'une telle manœuvre dût relacher le muscle jambier puisqu'elle en rapproche passivement les insertions ; or c'est le contraire qui se produit et l’on voit, au bout d’un instant, se contracter le jambier antérieur dont le tendon fait saillie sous la peau, Abandonnons maintenant le pied à lui-même : la contraction du muscle persiste un peu, tendant à fixer la position que l'on avait déterminée, ensuite, le pied retombe en extension.
La manœuvre précédente nous révèle donc que la flexion passive imprimée au pied fait naître dans le muscle qui réalise normalement cette position, une activité toni-
rONie
que spéciale ; cette activité involontaire tend à maintenir l'attitude imposée au pied. Le fait ainsi mis en évidence constitue précisément le réflexe de posture du jambier antérieur de Foix et Thévenard. » (Delmas Marsallet)
Les réflexes de posture élémentaires sont diminués ou même abolis dans les lésions des voies pyramidales, dans les lésions de l’arc réflexe simple, dans les lésions du système cérébelleux ; ils sont exagérés au contraire dans les affections de centres extrapyramidaux -— Parkinsoniens, Wilsoniens — (Delmas Marsallet).
Leur mécanisme est complexe, leurs voies imprécisées, mais quel que soit leur mécanisme essentiel, ils sont ainsi liés au fonctionnement des voies pyramidales, cérébelleuses, de centres extrapyramidaux et leur réalisation normale semble impliquer l’harmonieuse coaptaüon de ces diverses activités.
À quel âge ces conditions sont-elles remplies chez l’enfant, c'est-à-dire à quel âge prennent-ils leur type normal ?
Quelle est la forme du réflexe plantaire au moment de leur établissement ?
Pour répondre à ces deux questions nous avons examiné 80 enfants âgés de 4 mois à 3 ans.
Nous avons ellectué les manœuvres en respectant aussi strictement que possible les règles techniques indiquées par Foix, Thévenard, Delmas-Marsallet : enfant couché sur le dos, dans le relächement musculaire complet (genou légèrement plié), la flexion passive imposée au pied ne dépassant pas l'angle droit.
Pour éviter les réactions volontaires nous avons sou-
vent reçu laide d'un camarade qui orientait l'attention
de l'enfant sur d'autres objets (livres d'images, jouets, ete.)
Nous nous faisons un devoir de reconnaître que, malgré ces précaulions, notre inexpérience ne nous a pas permis d'observer des fails très caractéristiques.
Souvent chez les enfants âgés de 8 à 16 mois (période d'établissement de la flexion plantaire forme adulte), le réflexe de posture élémentaire nous est apparu sous des aspects peu typiques : contraction rapide se traduisant par un soulèvement léger et en « éclair » du tendon du Jambier où au contraire contraction maintenue dont la détente, difficile à apprécier au doigt, ne s'amorcçait qu'après plusieurs secondes, Chez certains nourrissons (1 an), nous avons obtenu un réflexe de posture du jambier net sur le pied gauche où la stimulation plantaire déclanchait encore une réponse en extension alors que sur le pied droit — où se manifestait une flexion plantaire type normal — le réflexe de posture élémentaire ne pouvait être réalisé ; dans d'autres cas les résultats furent absolument opposés : réflexe de posture net du
côté droit (flexion plantaire), pas de réflexe de posture
du côté gauche (extension des orteils).
Enfin, les caractères de ce réflexe décrits sur nos fiches au cours d'un examen ne répondaient pas toujours à ceux qui avaient été notés, lors de l'examen précédent, pratiqué sur le même enfant, dans les mêmes conditions générales d'observation.
Mais une telle variabilité dans les réactions s'explique peut être pour une part par notre inexpérience el nous affirmerons seulement, en manière de conclusion, la
Gore
valeur de quelques résultats qui nous paraissent indéniables :
Les réflexes de posture élémentaires ne sont pas réalisables chez les enfants de moins de 8 mois. Nous avons pu les obtenir chez quelques nourrissons de 9-10-11 mois alors que la stimulation plantaire provoquait encore — sur le pied même où ils étaient observés — une réponse en extension.
Même chez les enfants de 2 ans, le réflexe de posture élémentaire se silhouette parfois sous des traits incertains et mobiles et la détermination de ses caractères extérieurs semble ne pouvoir offrir à cet âge qu'un médiocre intérêt clinique (1).
(1) Le Dott. Z. Luciano Magni, résumänt l’article de la Rivista di Clinica Pediatrica, 1924, où sont publiés les résultats de ses études et de ses recherches écrit : « Chez les enfants soit normaux, soit malades, ces réflexes (réflexes de posture élémentaire) se comportent de la même façon que chez les adultes. Il faut tout de même considérer qu’ils sont presque toujours absents chez le nouveau-né jusqu'à la fin de la première année et quelque‘ois il n’est pas facile de reconnaître jusqu'à quel point l’état psychique du sujet prend part à la manifestation du réflexe ».
re
Conclusions |
Si le phénomène des orteils de Babinski décèle indiscutablement chez l'adulte une perturbation de la voie pyramidale, il est loin d’avoir une signification aussi précise, ainsi que Babinski et Tournay l'ont signalé chez l'enfant de moins de six mois.
Toute une série de formes et d'étapes de transition existe entre Le Lype de la réflectivité plantaire de l'adulte et le type de réflectivité du nouveau-né.
Pour en préciser la nature, il faut tenir le. plus grand
compte de l'âge du sujet observé :
De 15 jours à 5 mois : L'extension prédomine mais on peut néanmoins provoquer, par certains modes d’excitation des réflexes « préhensifs » plus où moins irradiés.
De 6 à 8 mois : Les deux formes de réponses opposées peuvent être provoquées chez le même enfant à la suite
de certaines stimulations.
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Elles tendent à s'équilibrer ou à se combiner dans la réalisation d'un type mixte : le mouvement de bielle — mouvement dans lequel la flexion de la phalange distale du gros orteil s'accompagne d’un « relèvement » simultané de la phalange proximale.
Il est légitime de se demander si les 2 modalités, extensive et préhensive, équilibrent leurs actions par égalisation de chronaxies des deux groupes neuro-musculaires mis en œuvre dans chacune d'elles.
| se
De 8 à 16 mois : Les réactions les plus fréquentes
paraissent être :
Flexion ou mouvement de bielle par stimulation du pied droit ;
Bielle ou extension par stimulation du pied gauche.
C'est à l’âge de 30 mois à 3 ans que la flexion se substitue définitivement au signe de Babinski.
En deça de vingt mois, une réaction d'extension n'a pas de valeur séméiologique certaine, elle peut même être tenue pour physiologique.
Entre deux et trois ans, sa valeur n'est pas encore incontestable ; elle n'est qu'un signe de présomption d'une perturbation lésionnelle,
En résumé, il paraît trop schématique d'admettre que la modalité réflexe du jeune enfant est toujours et simplement de l'extension ; 11 y a, en fait, chez lui réflec-
livité plus complexe et plus variable que chez l'adulte.
= On peut voir se juxtaposer, se combiner de diverses = manières aux réflexes de type extensif un réflexe de = flexion qui revêt chez lui un caractère qu'il n’a plus chez l'adulte : je type préhensif ou plutôt agrippant,
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3 ee “ Vue + | Le Doyen, Le Président de la Thèse, +3. LÉPINE. | FROMENT.
Vu et permis d'imprimer : i *à EE Lyon, le 4 Janvier 1933
n Li 4 Œ
D Le Recteur, Président du Conseil de l'Université,
. : : A. LIRONDELLE.
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