CHAPITRE II
Recherches cliniques sur la valeur du Réflexe Solaire comme moyen d'investigation du système neuro-végétatif
Nous avons décrit, dans leurs détails, les règles à suivre pour la recherche du Réflexe Solaire et pour l’observation des résultats qui le traduisent. Nous avons signalé les causes d'erreurs grossières qui relèvent de divers facteurs : la respiration anormale, l’appoint émotionnel, la * pression trop brusque qui réaliserait un véritable traumatisme, où trop profonde qui intéresserait l'aorte. |
Par ailleurs et au point de vue physiologique et clinique les résultats fournis par la recherche du Réflexe Solaire sont sujets à d'importantes variations, pour lesquelles les influences exercées par les repas et les agents pharmocodynamiques sont des plus manifestes. L'ignorance des premières exposerait le clinicien à de notables
erreurs dans l'interprétation des tracés ; la méconnais-
sance des secondes le priverait d'un moyen plus complet + d'exploration du système neuro-végétatif en même temps
que de ressources thérapeutiques appropriées aux défaillances ou aux prévalences du système dont le Réflexe Solaire traduit l’état de sensibilité. Comparable sur ces différents points au Réflexe oculo-cardiaque, le Réflexe Solaire doit être rapproché de celui-ci dans un parallèle dont nous établirons les principaux traits.
La réponse du réflexe est très différente chez un même
sujet suivant que celui-ci est à jeun ou a pris un repas — et ce fait se retrouve chez tous les individus : il n’est
d’ailleurs qu'un cas particulier des changements physio-
logiques nombreux de l'équilibre vago-sympathique.
Chez les sujets normaux — et il faut entendre par là
ceux qui sont légèrement vagotoniques — on voit ordi- -
nairement à la suite du repas apparaître un état d’hyper-
vagotonie modérée de courte durée ; à la suite duquel s’installe une phase d'hypovagotonie relative que carac+ térise, entre autres phénomènes, l'apparition du Réflexe Solaire. C'est dire que le Réflexe Solaire est particulièrement accusé en période digestive : absent chez tel sujet à jeun, il apparaîtra à la suite d’un repas même léger.
. La variabilité du Réflexe Solaire souscette influence est surtout manifeste chez les déséquilibrés du système neuro-végétatif. Chez eux les résultats sont modifiés par le
repas au point d'être presque toujours inverses de ceux.
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obtenus lorsque ces sujets sont en état de jeùne. C'est ainsi que dans certains cas, d'ailleurs très rares, de sujets franchement sympathicotoniques, présentant par conséquent à jeun un Réflexe Solaire typique, on pourra voir celui-ci s’atténuer ou disparaître même sous la seule ‘influence du repas. Il s’agit là d’une variation inverse -de celle constatée chez les sujets normaux ou vagotoni-. ques, mais dont la cause est la même, le repas.
OssErv. 1. — Chu.…., 38 ans. Déséquilibre psychique. Exci-
tation par intervalles.
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Le! premier tracé est pris à jeun : de Réflexe Solaire est absent. Le deuxième tracé est pris deux heures pue Je repas : le Réflexe ; Solaire est positif. | - \ ;
La durée, ordinairement courte, des modifications produites par le repas est cependant très variable ainsi qu'on t peut s’en rendre compte en recherchant le Réflexe Solaire, après celui-ci, de dix minutes en dix minutes. Il semble d’ailleurs que la rapidité du retour à l’état de tonus neurovégétatif antérieur soit en étroite relation avec le déséquilibre, avec l'intensité du tonus Le D d’une -part et CARRE d'autre ne
De ces constatations découle une règle précise : la nécessité, si l'on veut explorer le Réflexe Solaire et d'une manière plus générale connaître l'état d'équilibre vagosympathique d'un individu, d'examiner le sujet à jeun, c'est-à-dire dans les conditions physiologiques qui permettent de n'avoir pas à tenir compte des variations digestives. Il est indiqué, puisqu'on doit prendre plusieurs
fois le Réflexe Solaire chez le même individu dans de
mêmes conditions, avant d’en affirmer la nature, de faire
cette exploration à heure fixe et de préférence le matin. Cette règle a, d'autre part, le grand avantage de permettre d'avoir pour tous les cas des résultats LICE compa-
rables entre eux.
De plus on veillera à cé que le sujet ne soit au moment “e
de l’examen, soumis à aucune influence médicamenteuse, qui serait perturbatrice des résultats, comme le prouve ce qui suit.
2. — Influence des Agents pharmacodynamiques sur le Réflexe Solaire |
Les principales substances modificatrices du système neuro-végétatif — adrénaline, ésérine, pilocarpine, atro-
pine — injectées au sujet à examiner, avant d’en prendre le Réflexe Solaire, permettent de constater des influences
plus ou moins manifestes, suivant le produit injecté. ADRÉNALINE. — L'injection sous-cutanée d’un milligramme d'adrénaline fait apparaître très nettement le
Réflexe Solaire, après 15 ou 30 minutes, chez des sujets 3
dont la compression épigastrique ne déterminait aupa- | de
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ravant aucune dihinution des amplitudes ‘oscillométriques. Le Réflexe Solaire ainsi obtenu est très manifeste, car l’adrénaline amplifie franchement ses manifestations, par son action naturellement prépondérante sur la sensibilité sympathique. | %
Nous verrons comment on peut utiliser cette influence élective de l'adrénaline en physiologie particulièrement, pour rendre plus évidents les phénomènes déclanchés par la recherche du Réflexe Solaire.
OBsERv. 2. — Cuv..…., 44 ans. Entrée le 31| mai 1922.
Certificat du Docteur Heuyer : « Dépression psychique, tristesse, plaintes, gémissements, agitation, instabilité, besoin de déplacement incessant. Troubles cœnesthésiques. Préoccupations hypocondriaques. Tendance aux idées d’auto-accusation et : de culpabilité. Désir de mourir. Troubles vaso-moteurs et léger refroidissement des extrémités. Tachycardie. Pouls 116. »
Graprmique II. ACTION DE L'ADRÉNALINE SUR LE RÉFLEXE SOLAIRE 1° Avant l'injection : pas de Réflexe Solaire. 2° 15 minutes après l'injection : le Réflexe Solaire apparaît nettement. - 3° r heure après l'injection : le Réflexe Solaire est très marqué. \
Esérne, — L'injection sous-cutanée d'un milligramme de salicylate d'Esérine donne, après une excitation modérée pendant cinq à dix minutes du système sympathique et que traduit l’apparition ou l'exagération du Réflexe Solaire, une excitation énergique et prolongée pendant * deux à trois heures du système parasympathique, pendant laquelle le Réflexe Solaire disparait ou peut même
s'inverser.
Orserv. 3. — Desp..., 35 ans. Epilepsie.
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3° Après l'injection se Réflexe Solaire net. SA 4
4° Après l'injection 16,20 : Réflexe Solaire nul. Le Après 13e iection 16,37 : Réflexe Solaire inversé. : : 6° Après l'injection 17,25 : Réflexe Solaire 1edevenu nul. | Ve
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PILocaRPiNE. — L'injection sous-cutanée d'un centigramme de Pilocarpine, après avoir dans une première phase, fait disparaître ou diminuer le Réflexe Solaire s'il existait avant l'injection, le fait apparaître ou l’exalte dans une deuxième) phase qui s’installe en quelques minutes : c’est la phase d’excitation sympathique.
Voir Graphique VIIT de l'observ. 11 (action de la Pilocarpine sur le Réflexe Solaire et le Réflexe oculo-cardiaque), page 55.
ATROPINE. — L'injection sous-cutanée d'un milligramme de sulfate neutre d'Atropine fait souvent apparaître le Réflexe Solaire au bout de quelques minutes. Cette substance dont on connaît l’action paralysante sur l’excitabilité parasympathique, permet en quelque sorte à l’excitabilité sympathique, que le Réflexe Solaire exprime, de se manifester de ce fait.
Voir Graphique IX de l’observation 13 (action de l'atropine sur le Réflexe Solaire et le Réflexe oculo-cardiaque), page 56.
Telles sont les actions des principaux agents pharmacodynamiques sur le Réflexe Solaire, l'injection de ces substances étant faite un moment avant de rechercher le réflexe.
L'Adrénaline le déclanche franchement ou l'exagère s’il existait déjà.
L'Esérine, après l'avoir fait apparaître ou augmenter, l> supprime ou l'inverse.
La Pilocarpine le fait d'abord diminuer ou disparaître s’il existait ; puis elle le fait apparaître et persister longtemps.
L'Atropine lui permet de se manifester.