‹ Le Réflexe SolaireChapitre 22 sur 39 · SAT · texte numérisé non relu

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Technique (4)

Ÿ Chien chloralosé (dix centigrammes par kilogramme d'animal) ; attendre trente à quarante minutes après l'injection de chloralose.

PRISE DE PRESSION CAROTIDIENNKE. —. La pression artérielle est prise dans la carotide suivant la technique classique : on fixe les repères au niveau du sternum et du larynx, on incise sur la ligne médiane du cou, on dilacère et on dégage la trachée flanquée de chaque côté du paquet vasculaire et du tronc vago-sympathique (on sait que, chez le chien, vague et sympathique sont unis en un seul tronc). Deux fils sont glissés sous la carotide ; on lie celui de l'extrémité céphalique du vaisseau, on laisse le fil sous-jacent qui servira plus tard à maintenir la canule. On chasse le sang de l’artère sur 3 centimètres et on place temporairement une pince à artère ; on incise légèrement le vaisseau et par cet orifice on introduit la canule de Jolyet sur laquelle on applique ensuite le manomètre, ou bien on emploie la canule de François Frank. La pres- - sion artérielle est indiquée au manomètre à mercure de Ludwig.

Ici, donc, on observera et on enregistrera graphique. ment non pas des modifications d'amplitudes oscillométriques, mais des modifications de la pression artérielle vraie.

Voies D'ACCÈS. — Il faut découvrir le plexus solaire,

l’aborder et l’exciter électivement.

(1) Laboratoire de Physiologie de la Faculté de Médecine de Paris.

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Il existe deux procédés. Tous deux sont d’une réalisa-

tion plus facile à gauche qu'à droite.

1° La voie dorsale. — C'est le procédé de Schiff. Il consiste en une incision de quelques centimètres au-des-

sus de la région du rein gauche et intéressant toute l'épaisseur de la paroi. On dilacère aux doigts le tissu cellulaire jusqu’à ce qu’on aperçoive la capsule surrénale qui servira de point de repère. On découvre les ganglions

et les filets du plexus solaire en dedans et un peu au-des-

sus de la capsule surrénale, en arrière et autour du tronc cœliaque et de l’artère mésentérique. L à

2° La voie antérieure; — Elle est plus commode. Elle nécessite une ouverture large de la cavité abdominale par

une incision médiane sur la ligne blanche, ou bien laté-

rale gauche, ou bien par un lambeau en forme de cœur. Après l’incision de la peau et de l’aponévrose, on dilacère le tissu musculaire au lieu de le couper afin d'éviter les

sections vasculaires, les hémorragies, qui entraîneraient

l'application de pinces gènantes. L'ouverture du péritoine se fait après avoir pincé la séreuse en un point, ‘en faisant un boutonnière par où pénètre le doigt sur lequel on incise. L’épiploon et V'intestin sont rabattus autant que possible et sans les tirailler. | |

On va à la recherche du rein gauche en repoussant le foie à droite et la rate à gauche pour bien dégager la région. Il faut éviter, dans le cheminement au milieu des organes sous-diaphragmatiques, de traumatiser le rein, de le toucher même ; on le verra seulement, pour s’orienter d’après le bord interne de son pôle supérieur. À ce

niveau, c'est-à-dire au-dessus et en dedans de lui, appa-

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raît un organe blanchâtre d'environ un centimètre carré

et demi de surface, richement irrigué et dont se détache

une grosse veine : c’est la glande surrénale ; on est tout

près de la région utile. On tend légèrement le mésentère pour dégager la région cœliaque ; là, en s'aidant de la sonde cannelée, maniée avec douceur, on cherche le tronc cœliaque qu’on trouve assez rapidement. Les dissections ont montré que le plexus solaire est situé tout au-

tour de ce tronc.

Excitation du Plexus et Résultats

L'excitation locale est pratiquée au doigt appliqué exactement, sans comprimer l'aorte abdominale, dans l'angle formé par ce vaisseau et le tronc cœlïaque (1).

Les réponses aux excitations portées de la sorte en ce point diffèrent suivant l’état neuro-végétatif du chien en expérience et dont la sems'bilité vagotonique est mesurée par la réponse au Réflexe ocuio-cardiaque : à une très forte sensibilité vagotonique correspond un Réflexe oculo-cardiaque très accéntué.

a) Chez les chiens à Réflexe oculo-cardiaque peu marqué, on voit immédiatement baisser la pression ; les amplitudes inscrites diminuent. Ce phénomène persiste pendant les quelques secondes durant lesquelles on continue l'excitation ; quand on arrête celle-ci, les amplitudes

(x) L'’excitation peut être aussi réalisée électriquement, mais elle donne des résultats un peu moins nets, car il est difficile d'obtenir, de la région solaire, une excitation qui ne diffuse pas dans le voisinage.

redeviennent mormales très rapidement en règle géné-

rale, parfois un peu moins vite.

b) Chez les chiens à Réflexe oculo-cardiaque fortement

marqué, l'excitation décrite au lieu d'amener une diminution de l'amplitude des oscillations inscrites, n'entrai-

ne aucune modification ou bien en détermine l'augmèn-

tation.

* Ce fait correspond aux cas observés en clinique où le

Réflexe Solaire est inversé. D'autre part il rend compile des résultats négatifs de certains auteurs, dans la recherche du Réflexe Solaire, chez le chien à sensibilité nette ment et naturellement vagotonique, suivant la règle.

c) Chez ces mêmes chiens à Réflexe oculo-cardiaque

fortement marqué et chez lesquels le Réflexe Solaire est |

absent ou inversé, une injection sous-cutanée d'un milligramme-d’adrénaline fait apparaître, très nettement au bout de trente minutes, uñ Réflexe Solaire typique quand on excite à nouveau la région solaire. Les oscillations inscrites qui ne se modifiaient pas ou même grandissaient lors de l’excitation, diminuent d'amplitude et cette chute des oscillations est caractéristique alors sur le grarhique qui l’énregistre (Voir graphique X). |

La diminution de la pression est-elle bien le fait d’une excitation portée en une région précise, élective, en dehors de laquelle on ne peut déclancher le Réflexe Solaire ?

On le prouve expérimentalement par l'excitation des régions ou des organes du voisinage immédiat. ”

L’excitation des Splanchniques se traduit par une aug-

mentation des oscillations enregistrées, augmentation

Te

Su : . « 5 / qui exprime l'élévation de pression constatée depuis long-

temps par les physiologistes qui excitaient ce nerf.

L'excitation de l’Intestin, à condition qu’elle ne s’accompagne pas de tiraillement des anses, qui serait communiqué au plexus solaire, ne modifie pas les pie ou le fait d'une manière insignifiante.

L’excitation de la Surrénale par compression de cette glande détermine,. ainsi que Gautrelet (1) l’a montré, « une série de contractions cardiaques de grande amplitude et une hausse considérable de la pression artérielle » ; ces phénomènes sont dus à la mise en circulation du principe secrété par la glande. Le résultat est donc inverse de celui qui constitue la réponse du Réflexe Solaire et quant au mécanisme, il est tout difféænt : dans l'expérience de Gautrelet, phénomène humoral ; dans l'expérience que nous. faisons, phénomène mécanique, nerveux et plus précisément réflexe.

Enfin, il est une dernière hypothèse à discuter, celle formulée par Guillaume : il ne s'agirait pas d’un phénomène nerveux réflexe, mais d’une perturbation de l’hydraulique circulatoire ‘par compression vasculaire, par compression de l'aorte abdominale. M. Henri Claude a répondu à cette objection, dès avril r92r, par les arguments suivants :

° Le phénomène devrait se produire chez tous les sujets et surtout les sujets maigres chez qui on comprime facilement et complètement l’aorte. L'expérience montre

qu'il n'en est pas ainsi.

À (x) Soc. Biologie Paris, 3 mars 1925.

ee LT phénomène qui a été constaté chez certains di durant une période n’est plus retrouvé ultérieurement quand les conditions pathologiques se sont mo-

AL

difiées.

» 3° Dans les mêmes conditions expérimentales le réflexe est obtenu le même jour après injection de certains agents pharmacodynamiques alors qu'il faisait défaut une heure auparavant. æ

. » 4° La compression de l'aorte au-dessous de la région épigastrique, ou des deux fémorales ne Preroaue pe le réflexe. 5

pH? En exerçant dans la région épigastrique une double compression dé chaque côté de la ligne médiane sans appuyer sur l’aorte dont on sent les battements entre les doigts on peut déterminer le phénomène chez les sujets sensibles à la compression, au même degré que lorsqu'on exerce la compression sur la ligne médiane au- devant de

l'aorte. » | | à

Un argument d'ordre physiologique enfin est fourni par la constatation de ce qui se passe après une compression de l’ aorte abdominale au moyen d'une pince. Immédiatement se produit une augmentation énorme de la pression différentielle, les amplitudes grandissent — fait

d'ailleurs bien connu et relevant d’une exagération brusque du travail du cœur, avec ralentissement du réflexe cardiaque. | Ainsi donc, en dernière analyse, la compression de

l’aorte abdominale non seulement, n'est pas en cause dans

les phénomènes a on doit attribuer au seul Réflexe So-.

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