RS
Mon ami le Docteur Albert Brousseau, Chef de Clinique des Maladies Mentales à la Faculté de Paris, sera assuré de toute ma reconnaissance pour la sérieuse préparation à l'Internat que je lui dois et pour les conseils qu'il - m'a toujours si généreusement donnés.
Enfin, que mon ami le Docteur Daniel Santenoise, Chef de Clinique adjoint, accepte mes bien sincères re- : merciements pour le concours si utile qu'il m'a apporté depuis plusieurs mois ; l'étude persévérante qu'il « entre prise du déséquilibre neuro-végétatif, ainsi que ses compétences particulières en matière de physiologie m'ont. été d’un grand secours dont de me plais à garder le sou-
venir.
Tous ces témoignages valaient d'être exposés ici. ls montrent clairement ce que je dois à la force des autres, à celle de mes maîtres, à celle aussi de mes amis et de mes camarades d’internat des Hôpitaux de Marseille et des Agiles de Paris. 7 |
2Re.
jade
« Le progrès de la Neurologie et surtout de la Psychiatrie est surbordonné au développement des études biologiques et particulièrement à la recherche des méthodes d'exploration de l'organisme sous un contrôle sévère el une critique rigoureuse ». C’est par ces mots que M. le Professeur Henri Claude encourageait au travail ses collaborateurs et ses élèves à la première réunion biologique neuro-psychiatrique.
Pour cette raison et aussi parce que nous vivons à une époque de la Médecine Mentale où les psychiatres discutent activement de la part à reconnaître dans les maladies de l'esprit et plus spécialement dans les psychoses dites fonctionnelles, au système neuro-végétatif, il nous paraît intéressant d'apporter une contribution à l'étude des moyens d'investigation de ce système.
IL serait superflu au début de ce travail de faire un exposé détaillé de la conception actuellement admise du. système meuro-végétatif ; de nombreuses revues d’ensemble ont résumé les opinions récentes des auteurs français et étrangers sur ce sujet. Rappelons seulement que dans la conception moderne de l'appareil neuro-végétatif, il.
existe à côté du système sympathique des anciens, un
autre système qui le complète et qui est représenté par une partie des fibres du nerf pneumogastrique ou nerf vague ; on rapproche de celles-ci des fibres qui leur sont fonctionnellement assimilables ‘et que conduisent divers nerfs crâniens ou pelviens ; par elles est établie la notion d’un nerf vague « élargi », c’est-à-dire augmenté des systèmes qui lui sont associés. Tout cet ensemble — sympathique des anciens auteurs et nerf vague « élargi » — constitue le système neuro-végétatif.
Le système neuro-végétatif prend ses origines dans l’axe cérébro-spinal à des niveaux différents : pédoncule cérébral, bulbe rachidien, moelle cervicale supérieure, c’est-à-dire au-dessus du 4° segment cervical, moelle thoraco-lombaire, c’est-à-dire entre le premier ou le deuxième segment dorsal et le troisième ou le quatrième segment lombaire, enfin moelle sacro-coccygienne, c’est-à-dire: au-dessous du 5° segment lombaire. Les fibres issues de ces centres se groupent en ganglions et en anastomoses plexiformes : d’abord dans le voisinage de l’axe cérébrospinal, puis dans les plexus intermédiaires à cet axe et à la périphérie — plexus parmi lesquels est le plexus solaire — enfin à la périphérie même, dans les organes. Les éléments du système neuro-végétatif issus de la moelle thoraco-lombaire constituent, d'après Langley, le système sympathique vrai ; les éléments neuro-végétatifs issus des autres régions de l’axe cérébro-spinal constituent le système parasympathique, formé de deux portions, l’une crânienne prenant son origine dans le tronc cérébral et la moelle cervicale supérieure ; l’autre pelvienne;, dont le ‘point de départ est dans la moelle sacro-coccygienne.
. Soulignons l'avantage qu'il y aurait à s'entendre sur les mots qu'on emploie en la matière ; cet avantage n'est pas encore acquis en dépit des efforts très heureux, mais encore sans effet, qu'ont tentés certains auteurs pour rendre plus logique la termimologie nouvelle appliquée aux systèmes neuro-végétatifs et aux phénomènes qui en dépendent. Aussi, nous devons nous en tenir aux dénominations que l'usage a consacrées jusqu’à cette heure et conserver aux deux composants du système neuro-végétatif Les noms de : sympathique vrai ou thoraco-lombaire d'une part, parasympathique crânien et peivien!
d'autre part. , De même — et, suivant que leur système sympathique ou parasympathique est prévalent — nous
appellerons les sujets, d’après la classification d'Eppinger et Hess, sympathicotoniques dans le premier cas, parasympathicotoniques ou vagotoniques dans le second. Quels sont et que valent surtout les procédés employés afin de déceler la prévalence d’ un système sur l’autre ou d'une façon plus générale en vue de rechercher l'état de sensibilité neuro-végétative d’un sujet ?
Ces procédés peuvent être groupés dans les trois classes de réactions suivantes : CS PAP LRU ° Réactions cliniques spontanées ou Denon SP ie à 5-40 x »° Réactions pharmacodynamiques ; 3° Réactions à des excitations mécaniques provoquées. Leur valeur est inégale. : RTE 1° Les réactions cliniques spontanées ou en à symptomatologiques correspondent aux tableaux, aux
listes de symptômes, listes qu'on ao et tableaux qu’ on oppose pour permettre de distinguer un état sympathicotonique d’un état vagotonique, par la seule observation clinique du sujet et à l’aide des renseignements qu’il fournira lui-même sur son « tempérament ». C'est ainsi qu’au caractère sympathicotonique on rattache la
tendance à la tachycardie et à l'hypertension artérielle, Vinstabilité thermique, le tremblement ébauché des
doigts, le dermographisme, l’horripilation, la sécheresse
de la peau, les bouffées de chaleur, le facies animé, la lenteur des digestions, la constitution émotive avec mobilité de l'humeur, etc. L'état vagotonique au contraire — et dont on reconnaît la fréquence beaucoup plus grande — se manifeste par la tendance à la bradycardie et à l’hypotension artérielle, les palpitations, les sueurs faciles et abondantes, la pâleur du visage, l’hypersécrétion gastro-
intestinale, un état affectif plutôt fait de dépression et
d'inquiétude; etc.
Tous ces symptômes ne sont pas sans valeur, mais leur
apparence n’est en quelque sorte ni assez objective, ni assez constante, pour permettre à différents observateurs d'avoir même opinion sur tel sujet examiné. La frélui feront attribuer à telle variété de symptômes circulaquence des réactions dissociées est grande d’une part ; d'autre part les tendances spéciales de chaque médecin
toires, nerveux, digestifs, une importance primordiale et
souvent excessive. Enfin, les faits en clinique sont moins précis que ces tableaux ne le laissent supposer ; on a
simplifié le problème pour aboutir à une classification, au total, un peu factice. C’est ainsi qu'en considérant le
rythme cardiaque lent comme caractéristique de l'état vagotonique et le rythme rapide comme propre à la prévalence sympathique, on s'expose à mal interpréter le déséquilibre neuro-végétatif des états maniaques, par. exemple, où l’on est appelé à constater l'inverse. La pression artérielle, en elle-même, n'est pas davantage caractéristique ; de nombreux facteurs s'associent pour
la réaliser et la faire varier : activité cardiaque propre,
$ phénomènes vaso-moteurs, etc. et qui ne sont pas sous la
seule dépendance de l'équilibre vago-sympathique:; aussi,
d'une orientation spontanée de la pression dans tel ou
tel sens, on ne peut déduire que la cause appartient à la
prédominance de tel ou tel système.
2° Les réactions pharmacodynamiques ont été d'un gr and secours dans l'exploration du système neuro-végé tatif. Ainsi que le dit Gautrelet (x), Eppinger et Hess ont eu le mérite « d’ utiliser un certain nombre de substances qui, réactifs spécifiques des systèmes merveux sympathique ou autonome, permettent de jeter un certain poids à
notre gré, dans tel ou tel plateau de la balance. » D'après À
ces auteurs, on constate d'une part, une absence de réaction à l’adrénaline” et une réaction marquée à la pilocarpine chez les sujets vagotoniques, d'autre part une absence de réaction à la pilocarpine et une réaction intense à l’adrénaline chez les sujets sympathicotoniques. |
C’est juste dans l'ensemble, mais souvent inexact en pratique, soit que l’on considère ces notions comme |
(x) JEAN GAUTRELET. — Les ae nerveux sympathique et auto nome dans Ja vie végétative. Etude de Physiologie clinique. + Gazette,
des Hôpitaux, 3 juin 1911, n° 63, page 969.
absolues, soit qu’on ignore les actions dites « amphotropes » de certaines substances utilisées pour classer les tempéraments neuro-végétatifs. Les affinités des substancés .pharmaco-dynamiques pour tel système sont indiscutables ét rendent certainement plus manifestes, des SYMP: tômes cliniques qui spontanément, ne se présentent. qu'à l'état d’ ébauches, mon à la manière de« stigmates réels » (Henri Claude) mais de phénomènes «en puissance. ».que les agents pharmacodynamiques pourront révéler plus ou moins mettement. Ces substances sont cependant insuffisantes, par leur affinité seule, à renseigner précisément sur l'état de déséquilibre des « invalides du: système nerveux ». Ce n ‘est pas dans la. balance des symptômes cliniques spontanés que leur poids est utile, mais surtout — ainsi que nous le verrons plus tard — dans celle des réponses aux excitations mécaniques provoquées qu il nous reste à envisager.
PR
+9” Les réactions à des excitations mécaniques provo-
quées semblent constituer le moyen le plus utile et le plus
précis d’ exploration du système neuro-végétatif. Il peut S’agir soit d'’excitation mécanique directe du système neuro-végétatif : c'est le cas du Réflexe Solaire : soit d' excitation mécanique indirecte par l'intermédiaire du système sensitif de la vie de relation : c’est le cas du Réflexe oculo-cardiaque (Dagnini- Aschner) ou du Péflexe pilomoteur (André Thomas). Les réflexes végétatifs provo-
qués en clinique sont d'autant plus intéressants qu ‘on.
peut enregistrer aisément les phénomènes qu'ils déclanchent ; à ce point de vue le$ réactions cardio-vasculaires, consécutives aux excitations mécaniques des systèmes,