‹ Le Régent de rhétorique, moeurs flamandesChapitre 1 sur 56 · A GAVARNI · texte numérisé non relu

A GAVARNI

Ce n'est pas sans inquiétude y mon ami y que je livre à la publication le liégent de rhétorique. Malgré la satiété et la fatigue qu'ont dû produire sur les lecteurs les romans à la mode , assourdissans d'événemens^ pleins de détaik horribles , de fracas , de meurtres et de rires sataniques^ j'ai peur qu'un volume simple — trop simple d'action^ peut-être ; — - qu'un volume qui se borne à l'histoire d'une vie de province obscure et ordinaire ; qui, loin d'accumuler des catastrophes y ne reproduit pour

flinsi dire que des sensations ; j'ai peur, dis-jcf que ce volume ne soit reçu avec indifférence.

Le Bégent de rhétorique est consacré tout entier et exclusivement à la vie de province. As-^ raël et Nephta y soiis la forme d'une légende y présentait les mœurs de la province au moyenâge. Dans la Sœur de lait du Vicaire j'avais es-' sayé de peindre la vie cahotée d'un artiste mise en contact avec la vie câline de la province. Dans le Régent de rhétorique vous trouverez cette vie de province de nos jours , seule ," sans acces^ soires, telle qu'elle est: avec sa froideur, sa tristesse , sa monotonie et ses tracassières agi-' tations. Je l'ai dépeinte , mon ami y comme je vous l'ai montrée tant de fois dans nos entretiens, le soir, auprès du foyer, tandis que la lueur bizarre de la flamme jetait ses reflets rouges sur les mille tableaux qui tapissent votre atelier. J'ai taché de saisir, dans leurs nuances 4es plus délicates , les angoisses , les tourmens intimes, les douleurs cachées dont abondent les mœurs domestiques: les mœurs domesti*ques où. se sont réfugiés la poésie et le drame.

Car, laissez-moi le répéter, mon ami, pour le drame et pour la poésie il faut de la passion.

Oty la passion ^ qui du reste ne saurait exister sans )a naïveté , a été bannie d^ mœurs faciles et convenues des gens éclairés, comme une^ duperie , et comihe susceptibl^! de troubler le confortable dé Texistence. On In'en garde que juste ce qu'il en faut pour éviter Tennui. De la sorte , à force de se débarrasser ^e préjugés et de se blottir au plus profond du bien-être , chacun^ dans ce que Ton appelle le inonde, a pris la même attitude et le même aspect.

C'est donc seulement parmi un très-petit nombre d'exceptions et chez les genâ de condition menue qu'il faùl chercher la passion et le drame. ,

La passion , en changeant de caste , a dû nécessairement changer de caractère et d'allure. L'action est plus .rétrécie, le drame moins pompeux, la scène plus petite, les ac-, teurs moins convaincus de leur importance etf plus consciencieux dans ce qu'ils éprouvent j* partant , les cris ne s'exhaleront pas aussi- fort J les gestes auront moins d'emphase , les angois| ses seront moins convulsives , les plaintes moins exagérées , les désespoirs moins étalés et plus mornes. On ne peut s'agiter dans un

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frac, comme sous les draperies d'une toge; habitué à voir ëpier et railler ses sensations , on les cache soigneusement ; tel malade , qui hurlerait pour la moindre gpération à huisclos , supporte et cache ses douleurs lorsqu'on Tampute dans un amphithéâtre , et qu'il redoute les railleries d'un chirurgien goguenard et de carabins plus goguenards encore. On redoute le ridicule , même pour la souffrance.

Or, en Province, Ton affuble de ridicule tout ce que l'on ne comprend pas : l'enthousiasme porœ les arts , l'exaltation de la sensibilité, les' fougues capricieuses.d'une imagination d'artiste. Il faut donc que l'homme, affligé d'une organisation à peu près complète et d'idées larges et élevées , cache avec soin des travers ausai funestes et qu'il imite le Sendb^dle-Marin des Mille et une Nuits.

Vous , ne savez-vous pas l'histoire de Sendbad-k-Marin des Mille et une Nuits?.., Voulezvous que je vous là conte?

C'était , mon ami , un bon pays pour les eonteurs que le royaume de Shahzenan. Une femme prolongeait par des contes 1^ vie qu'elle était condamnée à perdre ; et lorsqu'un génie

levait le sabre pour décapiter Fassassin de son fils , il suffisait d'un vieux bonhomme , ayant une histoire à ëontcr, pour retenir cfe bras terrible et lui faire ensuite remettre le glaive dans le fourreau. Que si Vous né m*en croyez pas , vous en croirez au moinà les Mille et une Nails. Voyez la première et la cinquième histoire dfe ce livre orieiital , traduit par M. Galaiid.

Hélas ] par le temps qui côtirt , les faits sont plus ëtonnahs que les récits ; le téél oflfre plus d'attraits ^ùe le faiitastil^ue , si bien que les conteurs désappointés ne savent plus que faire de, leurs histoires , vaincus qu'ils sont en terrible et en intérêt par les nombreux événemens de chaque Joui*.

Mais un vieux proverbe dit : « Quî a bii boira » — et par la même raison qui a conté contera ; je le tiens pour certain. Sherazade , après avoir obtenu du terrible sultan ^ son ^poux j la vie et ùtiè cburôhiie , n'en a pas moinà cdntititié à dire des contes. J'ajouterai encore ctuë M. Galand ne se trouva j^oint ti^op fâché , lorsqu'une fois de mauvais gamèmens vinrent le réveiller, la nuit et par uïi vent de bi^è , pour lui dire ,

comme à son héroïne Sherazade : a Monsieur » Galand^ si tous ne dormez p^s, j0 Y0119 » supplie;^ en attendant le jomr qui paraîtra » bientôt, de me raconter un de ces^ beaux » contes que vous savez. » Il en aurait conté , le brave et digne homme , conté malgré la nuit et la bise , conté en bonnet de nuit et en robe de chambre, si les tapageurs eussent seulement voulu lui prêter attention , au liet^ de rire et de crier.

Pour preuve de ce que jj'ayance , il me suiT-; fira de 'dire ce qui lui advint un jour dans ux^ grand dîner. Or, ce qu'il a fait attestera ce; qu'il aurait fait aujourd'hui.

A ce dtper, certaines personnes, qui se; croyaient de l'esprit, parce qu'elles étaient railleuses , voulurent mystifier le savant orientaliste.

— Parbleu ! dit un d^ bruyans convives , M. Galand n'a point dit un mot ce soir ; il n'a point raconté un de ces beaux contes qu'il sait , et pourtant , il iie dort pas.

— Allons, ajouta une dame, allons, Monsieur, si vous ne dormez pas , et en attendant le jour, contez-nous une mille et deuxième nui^.

Doux et indulgent comme un homme supérieur, le yîeillard sourit avec bonté, et sans montrer la moindre colère de leur inconvenance, il se prit à parler en ces termes :

« Puisque vous avez lu \e& Mille et une Nuits ^ que je voudrais bien avoir faites , et qui ne sont , je vous Tai dit , écrit et répété , qu'une traduction assez faible de plusieurs ouvrages orientaux, il vous souvient de Sendbad-lc'»

Marin et des sept merveilleux voyages qu'il entreprit. Or^ il voulut, en tenter uû huitième ; c'est pourquoi il acheta des marchan<i(ises , les fit emballer et charger sur des voitures et partit avec cette énorme pacotille pour se rendre au plus prochain port de mer. Là , pour ne point dépendre d'un capitaine et pour avoir un na« vire à son commandement , il se donna le loisir d'en faire construire et équiper un à ses frais. Dès qu'il fut aciievé , il le chargea et s'embarqua dessus* Comme il n'avait point de quoi compléter une charge entière , il reçut plusieurs marchands de diflPérentes nations , avec leurs marchandises. Au moment de mettre à la voile, un pauvre Turc, nommé Ali, n'ayant qu'un peu de camphre dans soji tqrl^an, de-

manda à partir sur le vaisseau.* Le bon Send-* bad, ému de compassion , le lui accorda volontiers.

» Le navire mit à la voile et prit la route de rile où le poivre croit en plus grande abon- ' dance. Ensuite , il gagna Ttle de Comori ; cette île ou presqu'île se termine par le cap qu'on appelle aujourd'hui le cap de Corm , on l'appelle aussi Comor et Coniar; c'est là que se trouve la meilleure sorte de bois d'aloés. Dans . ces deux iles^, Sehdbad échangea ses cocos contre du poivre et du bois d'aloës , et se rendit , avec d'autres marchands^ à la pèche des perles , où il prit des pécheurs à gage et pour son compte. Ils^en péchèrent en si grand nombre , de très-grosses et très-parfaites , que Send^ bstd fit don de trois cents sequins au voyageur Ali qu'il avait reçu par charité. Ensuite il remit à la mer , et se dirigea sur Balsora.

D Une tempête s^éleva qui fit dévier le navire de la route. Il fallut relâche^ dans une lie iùconnue. Sendbad, curieux de voir cette tie, ordonna qu*on le mit à terre avec Ali, son protégé.

«Trois heures après, Ali accourut rejoindre,

tout effaré , les deux rameurs qui avaient conduit la chaloupe. — Remettez à la nlèr , s'écriat-il, voici un énorme roch *, qui a tué Sendbad, et qui me poursuit avec son terrible bec fet ses. redoutables serres.

» Lés tàmeut^s ne se le firent point répéter deux fois 9 et la chaloupe eut bientôt rejoint le vaissèaUil Ali raconta la mort de Sendbad > pleitrà beaucoup sur cette itiort y et s'etnpara des trésors de Sendbad en disant qu'il voulait les remettre aux héritiers légaux , coînme son bienfaiteur l'en avait chargé depuis long-temps en cas qu^'il vint à mourir.

» Cependant, bien loin d'être mort y Sendbad s'était tout bonnement endormi au pied d'un arbre. £n se réveillant, il appelle Àli, son fidèle Ali. Personne ! lï corœt au boi>d de la iner> Jugez du désespoir qu'il éprouve ; le navire n'apparaît plus à l'extrémité de l'horizon que comme iin point imperceptible.

Heureusement^ Sendbad o'en était pas à sdn premier malheur, et il ne perdit pas cou-» rage. Il se fit une massue avec une grosse branche d'arbre ^ et marcha tout droit devant lui,

I diseau monstrueux et gigantesque.

I» A sa grande surprise , il se trouva tout-àcpup dans mie immense bourgade dont tous les habitans étaient bossus; bossus par devant et par derrière^ bossus avec des bosses énormes. A la vue de Sendbad , droit et fort bel homme, ces personnages singuliers se laissèrent aller à un rire inextinguible. «^ Qu'il est laid 1 — Oh ! le monstre ! ' — Telles furent les ei^damations que Von fit de toutes parts. Les petits enfans s'enfuyaient épouvantés , et une femme grosse avorta de terreur. Il fallut que Sendbad prit la fuite y car on l'aurait assommé,

» Quel parti prendre? Après y avoir ruminé toute la nuit , Sendbad/ qui trouva par hasard du safran dans une de ses poches y s'en jaunit le visage , et se fit ensuite, avec de la mousse , les deux plus gigantesques bosses que l'on puisse jamais se %tu'er ; elles traînaient à terre , et fai^ saient ressembler Sendbad plutôt à une masse informe qu'à un homme.

» Sendbad recouvrit le tout de son cafetan et dç son manteau; puis, il se représenta de la sorte dans la bourgade dont on l'avait si rude^ ment chassé la veille. Un cri d'admiration ç'é-. |eya de toutes parts. -— Oh I la be}le créaturç 1

—Quelle bosse! — - Quelles formes ravissantes J •—Jamais le Ciel n'a rien créé de si beau ! — Toutes Iqs femmes raffolèrent de Sendbad, et lorsque, suivant une coutume du pays y on Tau*» torisa à se choisir un sérail parmi les jeunes filles à marier, cinq mille des plus jolies, et par-^ tant des plus bossues", se disputèrent la faveur d'être désignées par lui.

» Sendbad conserva toute sa vie ses Bosses postiches, se garda bien de laisser deviner à personne la beauté de ses formes et l'élégance de sa tournure , et mourut en laissant la repu-* tation du plus parfait bossu que l'on eût jamais connu dans le pays, i^

£n disant ces dernières paroles , M. Galand prit son' chapeau et demanda sa voiture. Personne ne comprit rien à son liistoire, excepté * nn tout jeune seigneur qui l'avait écoutée attentivement. Ce jeune seigneur se nommait Ârouet de Voltaire.

Je me suis laissé aller à vous conter un peu longuement cette , histoire qui du reste prend place si naturellement dans ma lettre , à propos de la vie fie province , de ses préjugés et de ses exigences.. V P^f bonheur^ votre amitié

est indulgente. £t puis d'ailleurs pourquoi aurait-on des amis si ce n'était pour deviser à Taise avec eux y comme dans un de ' ces bons entre» tiens tête à tête dont nous sommes si friands Tun et l'autre^ ces entretiens où l'on s'accorde mutuellement le droit de tout dire , voire de tout commencer et développer ce qui passe par la tête?

Du reste , je conclus , et je me résume en disant que les passions en province se trouvent réduites à ^e consumer intérieurement et sans se révéler. Ainsi/ dans la Flandre , .les meules d'herbages que l'on amasse sans les avoir fait sécher, s'allument, mais sans le crépitement et sans Féclat rapide d'un incendie ordinaire.

C'est un feu sourd qui ronge avec lenteur^ un feu que recouvre une fraîche verdure ; qui finit quelcpiefois par dévorer les granges , les trou* * peafux et les fermiers; mais qui le plus souvent ne se fait connaître qu'en montrant tout-à-coup un tas de. cendres là où l'on n'avait vu la veille, que de l'herbe et des fleurs odorantes.

Fidèle au précité qui vaut tant de^uccès à vos œuvres , et caractérise si bien votre talent, à savoir : qu'il n'y a dans les aurts qu^une seule

manière de fi^jrç biep — faire vrai —j'ai tâché, mon ami , ^e peindre ce que j'avais vu et observé ; rien de moins , ricQ de plus. J'ai choisi dés événçniens vraisemblables; je n'en ai choisi que juste ce qu'il fallait pour développer les caractères d'une pauvre femme tt d'un pauvre jeune homme , tous les deux nalîfs , tous les deux san$ ç^^périence du monde; Tune con* servant jusqu'au bout ses illqskms et sa manière de voh^ romanesque y car ces illusions et ce romanesque exisire]:^t daiis ^n cœur, et sont le résultat de son organiss^tiqp ; l'autre se détact^antbieïitàt tout-à-rfait de pQs illusions et de cette manière de voir, parce qu'il ne les déviait qu'à dç^ études fausses ^t à des prestiges de son imagination.

" J'ai dessiné d'après nature; si le des^ n'est pas bon^ la faute en est ^ Flûtiste et non p^s au modèle.

L'bistqire du Régent tf^ rhéloriq^e se passe tout entière eu Flandre , dans ma Flandre si poétique , avec son ciel brmA^ux , ses prairies fécondes , ses' chs^mps de blé que le Yesat fût ondoyer comme une mer, son automne plus beau qu'un printemps d'Italie. Comment pour-

ràis-je peindre autre chose que lé paya où je sui» né , le pays auquel rien encore n'a pu rte faire renoncer, le pays où Ton foule à chaque pas un grand souvenir, où Ton trouve à diaquepas le témoignage d'une inépuisable bienfaisance et d'une grande vertu? Là , mon ami, on peut encore se blottir parmi des mœurs simples et pa* triarchales conservées intactes comme un dépât saint et précieux ; là , mon ami , il n'est pas impossible de garder^ de retrouver toutes ces illusions délicieuses , tous tes bons mensonges détruits si vite par le contact sec et froid de régolsme calculateur de Paris ^ là semble s'être réfugiée cette heureuse pauvreté que parent si joyeusement le travail et la solitude. 11 fallait une préface au Régent de Rhétorique, et en relisant cette lettre que je viens de vous écrire au courant de la plume et relativement à ce livre , je trouve qu'elle exprime complètement ce que j'aurais pu dire dans ma préface. Je joindrai donc cette lettre à mon nouveau roman, sans y changer un mot , sans en châtier une phraise. Par cemoyen, j'éviterai les fatigues d'un travail pénible et difficile, et surtout je pourrai vous donner un témoignage public de l'amitié

fraternelle qui m'unit à tous; je pourrai proclamer cette amitié qui me rend si fier , et au tendre déyouement de laquelle je -dois tant d'aide et tant de consolation.

S* Henry BBRTHOUDé

Cambrai^ décembre- 1 8 32»

tk POLICE GORREGTIONNELLi:.

Le PRBSlDEiTT : Tëmoiïi, tos nom, prénoms, âge et

qualités 7 Le témoiv : François Damperon, vingt-quatre ans,

teinturier^ rue Quincampoix.

Ls PRÉsiDXHT : Leyes la main'..... Otez tos gants. Ls TEMOlK : Mon Président, mettez Vos lunettes. -— Gagette det Tnkwuutx, •—

—C'est ime belle chose que la justice !

•-^ Quand elle est j uste

Les juges se levèrent pour aller délibérer, et le bruit de. leurs &uteuils, qu'ils^repous-

,,(^Or^ rTlr>

ÉTTf^- -ir^.

l8 .LE RÉGENT DE RHÉTOIUQUE.

saient , (ut à chacun comme le signal de se dédommager du long silence garde jusqu'alors. Un murmure confus se répandit soudain dans la salle : on entama conversation en vingt endroits différens} les témoins quittèrent leur placé, et la plume active du greffier s'arrêta. enfin, pour surmonter horisôntaltoient de son panacke étroit et lisse , une pyramide de livre^et de dossiers.

La physionomie plus que naïve du petit homme trapu, assissur le banc correctionnel, exprimait un contentement peu en harmonie avec les sévères conclusions du procureur du Roi qui requéraient im mois dé prison contre le pauvre hère. Se frottant joyeusement les mains, durant quelques secondes, le prévenu se leva avec nonchalance^ étendit les bras, remua ses jambes, engourdies, puis se mit à essuyer de sa manche râpée le dessus d'uiie vidille boite de cwne. Il s'avança alors vers l'avocat pour loi offrir poliment

XA POilCE CORRECTIONNELLE* I9

une prise de son tabac , -^ peut-éU« un peu sec, pensait-il., Mais en prison on n'a guère de facilité pour s'en procui^r de frais ; et un avocat n'est point sans savoir cela.

G)mnie il avait déjà marché deux pas> il s'arrêta ébahi. L'avocat déviait , et devisait de bonne intelligence avec le procureur du Roi , contre lequel il venait de tant se débattre au sujet de sa inaudite affaire. GombieM, rumina-* t^il, des g^ns qui ne pou« usaient ^entendre, il n'y a qu'un momeut, sont-ik à cette heure de û par&it accord?

Ma foi, je m'y perds, car ce brave homme d'avocat est venu me défendre de son pro-^ pre mouvement et sans me connaître le moins du monde. S*il a parlé pour moi , ce ne pouvait être que pour le plaisir de se disputer avec ce monsieur. Voilà maintenant... ï)iantre!

Le fait est que la cause avait crfTert, par hasard, et à Pimproyiste, un point de droit intéressante L'avocat, mu par ce'mouve^

Gooole

30 LE RÉGENT DE AflÊTOUlQUE.

ment machinal qui ne permet point de laisser passer, sans réfutation, une idée qui frondé notre manière de voir, prit la parole en Ëiveur du pauvre paysan; et le défendit si bien que l'afiaire, de fort grave qu'elle paraissait d'abord , devint très-peu de chose ' après qu'il eut parlé.

Le paysan était encore là , imniobile et sa tabatière à la main, lorsqu'une sonnette se fit entende. Un huissier s'écrie : Auâiencel La porte à deux battans se réouvre avec fracas, et les juges prennent place de nouveau* Soudain renaissent l'ordre et le silence, et la plume du greffier couri sur les paperasses , plus rapide que jamais.

Le président fiiit lecture du ji^^ement; il condamne le prévenu à huit jours de détention.

Gélui-cise lève, et passant dans sa chevelure épaisse et rude une énorme main, il se met à gratter sa grosse tête comme le £iit un

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