‹ Le Régent de rhétorique, moeurs flamandesChapitre 23 sur 56 · I ^4 LS RÉGENT DE RHÉTORK^VE · texte numérisé non relu

I ^4 LS RÉGENT DE RHÉTORK^VE

nêtres de madame Lecomte. Les volets en étaient fermés, et cela le rendit triste jusqu'à son retour : mais à son retour il deyint raàiepx y car les deux battans de la fenêtre se trouvaient ouverts, et les dames', assises proche de cette fienétre, rendirent, avec bienveillance, au régent, le salut respectueux qu'il leur fit.

Depuis ce jour, Félix ne sortit pas une seule fois sains diriger son itinéraire defaiçon à passer devant la maison habitée par les deux femmes qui exerçaient sur lui une tant mystérieuse influence.

Ce n'est pas, du reste, qu'il lût bien clairement dans ses propres pensées et qu'il se fiit défini comme il £iut les nouvelles sensations quii'agitaient. Non. Madame Lecomte et sa cousine le préoccupaient^ ^alement^ et le même charme l'attiçait vers l'une et vers l'autre. Mais, on doit se le rappeler, pour les idées ingénues du régent, il ne pouvait exister de véritable amour que dans un amour

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légitime; et^ alors, il tâcha par une distinc-.^ tion plus subtile que juste, de s'expliquer ce qu'il éprouvait; à savoir : qu'il aimait d'a*^ mour la belle cousine pâle^ et qu^il aimaitd'a* initié la jeune&puqe au sourire timidéetbon.

L'amour qu'il s'était donné pour Lucile était, du reste, s^ns but, sans aucun espoir ^e dénouement et plein d'angoisses. G>m'* ment jamais songer à se faire aimer d'une jeune fille dédaigneuse et sarcastique, entourée d'hommages, et habituée aux brillans prestiges du mondé? Jamais elle ne regar-* dera avec bienveillance^ un pauvre jeune homme obscur, sans ibrtune, et gauche surtout!*... Non, il n'a point. d'espérance> et cependant il se croirait si heureux de passer quelques heures auprès d'elle, de la contempler à son aise, d'entendre ses paroles, de n'être pas trop moqué et même d'obtenir parfois un mot accort! Et puis, quand il souffrirait trop, quand il serait mal mené, rebuté, dédaigné, alors ilcher-

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cheniit un iiéfbge près de la bonoe vmàm»

Leœmte. Saos qu'il loi ê&ee qualks eomt ses peines, sensible et compatissante, dile troulirait bien moyen de le consoler et d'allé^ ger le poids de ses chs^rins. Mais, comment partenir près d'elles? Pauvre insemé qu'il est, jamais il ne Terra se réaliser les désirs quile&scinent! ^

Telles étaient les pensées de Félix:, telle était la préocci^tion amène et douce qui l'attrisl^it durant sa conyalescence, et qui ne le quitta pas lorsqu'il fut entièrement guéri et qu'il put reprendre^ ses trayaluaL scholastiques*

. Et plus d'pne fxm^ tandis qu'il expliquait à ses élèves les beautés de Virgile et d'Homère, il se surprit bien loin du pieux Énée et du bouillant Acbille, et il lui fallut ramei;ier avec effwts, sur les vers latins ou grecs', son iouiginaticm qui vagabondait sous Itô fenêtres et près de Lucile et de sa cousine.

Pourtant sa classe était auparavant ses

seules amours, et miimteniait eBCore il trouve à k profegaerune jouissauœ iiiexprî* mable; car il y a.plus de charmes qu'où ne le peose à suivre le développeuieiit de Tiuteltigence déjeunes bopaimes, à leur donner dés idées justes, a les voir frÎ89onner d'enthou8iasB|ie au récit d'une grande action, à les faire exta^er devant un chef-d'œuvre littéraire* Quatul une &h$ on parvient à captiver l'attentioa des âèves, par la bonne foi d'une conviction chaleuiisuse et fortement âentie, il naît parmi ces j^mes tètes vùa véritable jËrnatisme pour le proi^sseur; on écoute attentivement ses parofes, on adopte ' ses jugemens comme articles de foi; enfia^, l'on s'échauffe à l'ardeur du maître, et l'é-* tude, devenue attrayante, reçoit un culte pieuK et qu'atteste le trafùl. Alors, l'ingrat métier de régent change d'aspect, le dégoût et la fatigue disparaissent , et l'enthousiasme arrive ; l'enthousiasme qui vivifie et qui pore, ^enthousiasme qui compte pour rien les 6bë^

tacles^ l'enthousiastoe qui court énergiquement au but, qui l'atteint, parce qu'il le veut avec passion : puis le succès achève un tel enivreinent, il caresse Famour -propre, il enflammé l'imagination, il excite, il pousse , et toute l'activité dé l'âme se reporte sur une seule pensée , qu'elle fait puissante et sublime. .

Voilà de quelle £içon Félix acquit peu à peu la renommée d'habile professeur, renommée qui s'accrut bientôt par l'engouement et par cette paresse de l'opinion publique, qui se complaît à fortifier .une idée, lorsqu'une fois cette idée est reçue et qu'elle n'a rien qui fix)isse trop l'amour-propre.

Cette renommée d'habile professeur amenait chaque jour dans la classe de Félix de nouveaux élèves qui survenaient des villes voisines, et dont la présence ne laissait point quelquefois de le contrarier. Eutr'autrès, il lui était arrivé un grand garçon roux, lourd, ignare, et dont la stupide

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