‹ Le Régent de rhétorique, moeurs flamandesChapitre 24 sur 56 · UNE VISITE · texte numérisé non relu

UNE VISITE

prétention de malice faisait le désespoir du régent. Exaspéré par un dernier tour plus désagréable que tous les autres, et las de remontrances, Félix, un matin, rentra chez lui tout en colère, et se mit à écrire au Principal pour demander l'expulsion du tapageur. 11 était à détailler longuement , et ab irato, les griels sans fin qui rendaient nécessaire une telle mesure de rigueur, lorsque Françoise introduisit une personne que Félix, avec terreur, reconnut être M. Lecomte. A^ cet aspect imprévu^ le régent pâlitet trembla. Mille pensées rapides, craintives, absurdes et confuses, bouleversèrent son imagination : il se figurait que M. Lecomte venait lui re« procher les fréquentes promenades réitérées sous les fenêtres de M""" Lecomte et de sa cousine. Le pauvre jeune honune ne pût donc que balbutier quelques mots.^

La physionomie de M. Lecomte, peu gracieuse d'ordinaire, affectait néanmoins un sourire bienveillant.

l3ô LE RÉGENl^ DE RttÊTORiQUE.

— MoDsieut, dit ^ il, je tiens tous è&mander une çràoe. 1 .. •

A ces pdroles atenantes, un baume inef-- &(>le coula dans toutes les tdnes de Félix; son front se déteudit et sa poitrine retira plus à Taise.

— Une giicô véritable , Monsieur, et

que tous aure^ peut-être de la peine à m'ac* Goider^ car eUe est grande, je tous en prévêenS) Monsieur.

Félix attadiait sur M. Lecomte des regM^ pélillâils de curiosité.

— Tous avez, dans votre, classe, un élàte arrivé depuis peu de jours^ et qui, je le pense* ne s'y conduit ]^s de fecon bi«i exemplaire.

Je veux parler du jeune DormaHK C'est k fils unique d'une personne atèc kquelle je suis en grands^ relations d'affaires ; elle me l'a l'a recommandé titement, et, je viensà mon tour le recoiïimander à votre indulgience.

Tout le beau courroux de Félix, contie le bruyant écolier, s'était évanoui^ et, à

t/Vifi: YiSits. i3i

cette heure, il n'aurait pas voulu pour tout au ixK)n4e &ire sortir de aa claase œhû contre lequel il venait de commencer, naguère, une si belle philippique. ^ « Il la pÉ^it, cette philij^ique, il la déchira en plusieurs morceaux qu'il jeta dans la cheminée, et tout cela «ans cesser d'écouter . M. Lecomte, 4ont les paroles lui frisaient une joie indi.cible. -

Puis, ensuite il promit de si bonne gfâee à M. Lecomte ce que ce dernier r^uerrait de lui^ que l'ex-avocat, peu èiefo^à à pens^ clu hèen de son prochain , a? sentit tme aorte de bienvi^^uce pour le rogeqt.

-^ Monâeur, dit ^ il en le quittant ^ «t dé manière à tripler la joie 4^ ù grande de Fëhx : il feudrait mettre le comblée vos bons procédés en venant quelquefois m0 dire TOtré avis sur mon prolégélu... Puis^ après une courte hésitation, cft avec un ^urire presque suppliant, il ajoutd : ^YouieE^vous achever d'avoir des titres, et de griMs ti-

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l32 LE RéGEKT DE RHÉTORIQUE.

très à îna reconnaissance? Accordez-moi ce que je vais vous demander; venez, demain chez moi dîner avec le jeune Dormain; ne me refuser pas : acceptez sans façon. Adieu, je compte sur vous. A demain à midi. ^

Et , sans doiftier à Félix le temps de lui répondre, M. Lccomte sortit précipitamment, «t laissa le bon jeune homme ébahi de tout ce qu'il venait d'entendre^ ivre de bonheur^ et n'osant croire à ce qui luisemblait un rêve.

— Françoise, annonça Félix à sa gouvernante : je dSne demain en ville<, il faudrait aller chez la repasseuse dire ^ue j'ai besoin de Fune de^nes chemises fines à jabot.

Françoise, surprisedel'importance joyeuse de cet ordre, demanda :

— Et chez qui donc. Monsieur peut -il dtner? Il ne connaît ici personne.

' *— Je dîne chez le parent d'un de mes élèves, répliquà^t-ilen feignant de la froideur. L'hypocrite! Jamais de sa vie il n'avait été aussi heureux.

LA TOIIiETTE ET LE COUP DE KASOIR.

Une piqûre d'^ingle fiait quelquefois plus de mal qu'un coup d*ép^ ) un fouritt qu'une injure.

— > PjLUX. Lovis Govuan. —

LiE lendemaÎD , lorsque FéUx s'éreiUa, i^ fiiisait encore nuit et Huit complète ^ il.

l34 LE RteBUT DE EHéTOaiQUE.

prit «a montre à tâtons et ta fit sonner.

Trois heures!

Trois heures seulement! Alors il remit sa tète sur Poreiller , rajusta sa couverture, et s'en enveloppa de son mieux; puis il tenta de se rendormir. Impossible ! Une agitation brûlante inquiétait ses membres et les &isait continuellement se tourner et se retourner :

des idées brûlantes et inquiètes ^emplissaient son cerveau fiatigué, son cerveau que le sommeilde la nuit, court, lébirilet plein de rêves, était loin d'avbir rafiniclii. Félix interrogeait de nouveau sa montré et il la maudissait de ne la point voir aller plus vite: il r^ardait sans cesse si l'obscurité ne devenait pas moins épaisse; par intervalle et il se réblotissàit encore pour s'endormir; mais il eut beau iaire, il kii fiiUut attendre une grande heure, une heure d'impatience, une heure longue, traînante, sans fin, avant que h t^ptrscùlé ne vînt avec son demi^jour Juteux.

Là T0IU7TC. l3^1

miàro qui te mïX^ ^m mi^n \^ j^t^^dprés de i'auroi^ ^mpourprèreot ©t T*^wrt wimw ï# cidi. I>^à depuis long^tem^ F^U:k avait ouvert $a petitQ fwêtre afip do rs^wr plus k ^'«ise, 1^ ûm^w d^ Wr foi fi»s^t jwm 9% l'aspoct du i^^il de 1^ i)9tw«^ ^t Içç tiède^ ^^ molles.obaleurs du $oleîi uaîflMiiii AçhorèrQUt de revkifier ses membrot et p^^rtant «ee idée^s ce fut un moment de délices ineffablea. Li eang coulait ayee fafiilîU daoa sis vfsiiim; et dans don front dispos et iilaté j» JQuasîçBt des frais souvenirs, des riantes eifiérandes, dfss joies pures et toidi^es. Adjtnis eàez le^ deux angéliques créaturesqu^il aimedepui^si longtems l'une d'un amour sans iiotne, et l'autre d'une amitié fral^raeUet Pisser toute une journée prite d^el.les, une journée à les voir, à les entendre ! Sans eoflipler que datis liuit Jours, peut-être avant, il lui sera permis d'y retourner! Peu à peu «Hes s'kai^tuemnt à 1b voir, et que sait-on? A l'aimer? Un

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bon accueil l'attendra ; il verra sourire avec bienveiUancç loi:$qu'il arrivera chez elles; un le saluera d'Un «impie coup de tête amical.

On ne se. lèvera point pour lui donner une chaise,, et lorsque l'on aura besoin d'une personne dévouée pour quelque mission délicate, pour rendre de des petits serviœs dont on n'est pas bien aise d'avoir, d'obligation à tout le monde , c^est à lui que l'on s'adres^ sera.

Insensiblement l'attitude qu'il avait prise en si'appuyant sur la fenêtre et l'irritabilité qu'avait laissée à ses nerfs une longue ma^ ladie, amenèrent la fatigue et un malaise dont lu nature des idées de Félix ressentit bientôt l'influence.

Son manque d'usage , qu'il s'exagérait ^ et dont le sentiment s'augmentait encore d'une timidité excessive; le sourire moqueur et l'air dédaigneux de W^ Lucile , l'étiquette d'un diner d'apparat, où se trouveraient conviées peut-être un ^nd nombre de per*

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