DEMANDE EN MARIAGE
Ge disant elle tendit la main à Félix, qui la baisa respectueusement : puis M""" Lecomte lui demanda avec un sourire forcé :
— Je sais bien que Lucile vous aime , mais vous en a-t-elle JËiit Faveu ?
Le régent se prit à rougir comme une jeune fille. , -. ■
, — Oui , Madame, et hier eoGon
— Bon , fit M"* Lecomte en Vinterrompant , Yoilà qui va bien , je me charge de tout , et je réponds du succès. Vous verrez que je suis bonne n^ociatrice. M. Lecomte est sorti , et ne rentrera pas avant quelques heures. Tous devez être impatient de sa réponse, et comment poutrai-je vous la £dre savoir aujourd'hui , car vous ne dormiriez guère si vous ne la connaissiez pcûnt , n'estil pas vrai?
Le régent répondit aûirmatîvçment. ' . — Et bien Lucile a grande envie d'aller ce soir au bal , et une légère indisposition
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XJO LE RÉGENT DE RHÉTCHUQUE.
seule m^empéchait de l^ conduire. Je vais me dire guérie ; Tenez donc au bal , vous nous j trouverez avec de bonnes nouvelles, je m'en tiens pour garant.
Le régent hésitait. , * — Si Lucile savait cela , reprit M"* Leoomte, elle tous en voudrait à la mort; sa- Tez-Tous bien qu'elle aime le bal, et qu'une foisson mari, il vous fiiudra bon gré, malgré, l'y conduire, et renoncer à vos habitudes casanières. Adieu,^ à ce soir au bal, oc mon cousin. »
Restée seule, Marie, qui avait si long-tems retenu ses sanglots, leur donna un libre <x)urs.
Après avoir lonç-tems pleuré, elle se mit à genoux, et fit à Dieu une longue et fervente prière, après laquelle elle se trouva plus calme. IXéanmoins, quand Lucile entra chez Sa cousine , elle ne put s'empêcher de lui témoigner sa surprise de lui voir les yeux
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si rouges^ et elle se Icdssa solliciter quelque peu pour all^ au bal; car, disait *-elle , sa cousine ne se portait pas asse£ bieuipoun l'y conduire. JVéanmoins, il ne fallut pas de fort longues instances pour déterminer la jeune fille, et elle s'occupa bientôt activement de ses préparatiÊ de toilette.
Marie eut avec M. Lecomte un court entretien , dans lequel ^Ue lui fit ccçinaî- ^ tre que Félix demandait Lucile en mariage.
— C'est une bonne fortune pour Lucile, répondit froidement l'ex-avocat : une bon;ne fortune qu'elle épouse, avec ses quinze mille francs de dot, un jeune bomme qui possède quelque fortune, et qui, en outre, H un emploi de dix-buit cent francs. Diable! déjà je commençais à craindre qu^elle ne me restât sur les bras. M'en voilà débarrassé.
Une beure après, les deux dames partirent pour le bal. Durant le trajet , Marie ^ n'adressa pas une seule parole à sa cousine.
178 LE BÉGERT DE ESÉTOBIQtJE.
Trute ef résignée, dk réservait à Félix la joie d'apprendre lui-même à la jeune fille qu'il était son fiancé.