LA FILLE BU FERMIER
De loin c*est quelque chose, et de près oe n*«8t rien. — La Foitai» (Failles),'^
J'ai beauconp coimii une jenne ayeugle que l'on < aTait âerée dans une grande retraite. La. pre^
mière fois qu'elle fut conduite dans un jardin, et qu'elle s'eniyra du parfum d'une rose, elle courut vers le buisson pour saisir la fleur, et elle se déchira cruellement les mains aux ^ines de l'ar* buste. , j
— BiK JOHKSOIÎ.—
<]e n'était point tout pour Jacques Lefebyre que d^êtrô sorti de prison et d'avoir
3o LE RÉGENT DE RHÉTORIQUE.
fait bombance au cabaret : il i&lbit tronver encore du travail pour se nourrir ; lui d'abord, ensuite pour nourrir sa femme et ses quatre en&ns. Or, le plus r^che fermier du village, M. Moreau, avait juré ses grands dieux qu'il ne reprendrait jamais chez, lui un garçon de ferme aussi querelleur que Jacques Lefebvre, toujours battant ou toujours battu, et se grisant sans faute et régulièrement deux jours de la semaine, à savoir le dimanche et le lundi. 11 y avait ^ plus d'un obstacle à vaincre pour humaniser M. Moreau; d'abord, il avait pris un autre garçon de ferme, puis une fois qu'il adoptait une résolution , le diable ne l'en aurait jamais fait démordre ; une seule personne au monde pouvait y arriver, et encore^ pas toujours. C'étai^ M"* Marie, sa fille unique, qu'il aimait ainsi que ses deux yeux, et qui le cajolait comme il Ëiut lorsqu'elle voulait obtenir de lui quelque chose.
C'était donc à M"' Marie que Jacques
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hk WÏÏLhE DU FERMIER. 3l
avait à s'adicssar pour rmtrer en grâces et en fonctions. Par malheur, 1M?^* Marie n'at- «mait guère les ivrognes. Mais ii'importe!
La misère et la £iim donnaient du courage à Jacques, et il se dirigea du côté de la ferme, lentement, et en ruminant qu«l moyenil employerait pour mettre de son côté M^^^ Marie.
Le hasard le servit merveilleusement en cela , car la fille du fermier venait de décou* vj^ir, dans un des fiasses qui baignaient les propriétés de son père, la plus jolie couvée decygnesque l'on pût voir. Elle était là, debout sur la rive, et la figure rayonnante de plaisir, quand elle oitendit fi[Y)isser Fherbe , et vit Jacques, qui se tenait timidement à quelque distance derrière elle.
-^Ah! ah! Jacques, vou^ êtes donc sorti de prison?
— Gracesà Dieu ! ma bonne demoiselle, dit le paysan d'un air piteux.
— Et cette leçon vous corrigera-t^Ue ,